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Un détenu accusé d'avoir menacé des agents correctionnels et d'avoir commis des voies de fait armées sur eux, lors d'une intervention en prison, a livré un témoignage sous haute surveillance au palais de justice de Québec.
À plusieurs reprises lors de son contre-interrogatoire, Raphaël Plamondon a levé le ton en s'agitant, faisant entendre dans la salle le cliquetis des chaînes qui relient ses poignets à ses chevilles.
Je me suis fait abuser. Enfermé comme un animal, a lancé le détenu de 37 ans, qui tente de justifier ses gestes par les conditions de détention.

Raphaël Plamondon lors de l'intervention au centre de détention.
Photo : Capture d'écran d'une vidéo déposée en preuve
Le 24 juillet 2024, l'unité d'intervention de la prison de Québec a dû le maîtriser après avoir été avisée qu'il ne pourrait pas retourner dans son secteur, en raison de menaces pour sa sécurité.
Mécontent, il a refusé de collaborer, entraînant l'intervention musclée qui a été filmée et présentée au jury la semaine dernière.
Plamondon, qui ne nie pas son comportement impulsif, affirme qu'il ne fait que se défendre quand il ressent une injustice.
Je voulais juste que ça arrête cette douleur-là, psychologique, physique, a-t-il soutenu.

Me Kim Simard et Me Fabien Villemaire sont les procureurs du DPCP dans ce dossier.
Photo : Radio-Canada / Yannick Bergeron
Contre-interrogé par le procureur de la poursuite, Me Fabien Villemaire, l'accusé a eu bien de la difficulté à garder son sang-froid devant le jury.
Quand Me Villemaire lui a fait valoir qu'il était en prison pour des crimes qu'il avait commis, Plamondon s'est emporté.
Non. Non. Retirez vos paroles. Pour des crimes que vous m'avez reconnu coupable que je ne suis pas coupable, a rétorqué agressivement le détenu, avant d'être interrompu par le magistrat.
Le juge François Huot a d'ailleurs dû rappeler Plamondon à l'ordre à quelques reprises, en lui demandant de garder un niveau de langage adéquat à la Cour et de garder certaines expressions pour le centre de détention.
L'accusé connaît bien l'endroit. Ses antécédents, qui tiennent sur 18 pages, dénombrent une cinquantaine de condamnations.
Des armes en prison
Appelé à s'expliquer sur les armes qu'il avait en sa possession, une machette et un pic, Raphaël Plamondon a soutenu que c'était pour sa sécurité. La prison, c'est une place de requins, a illustré celui qui a refusé d'être placé dans une aile de protection.
C'est un vrai cirque, votre affaire, a-t-il lancé durant son contre-interrogatoire, visiblement irrité par les questions du procureur.
Raphaël Plamondon a assigné comme témoins pour sa défense des avocats qui l'avaient représenté dans le passé.
Lors de leur témoignage, il a vu plusieurs de ses questions rejetées par le juge, à la suite d'objections du DPCP quant à leur pertinence.
J'ai juste le goût de m'en aller, faites ce que vous voulez, a-t-il fini par laisser tomber.
Lors de son témoignage, il était encadré de quatre agents correctionnels prêts à intervenir, en plus des cinq constables spéciaux du palais qui se trouvaient dans la salle.
Son procès se poursuivra la semaine prochaine avec la suite de sa défense.


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