«Les réseaux sociaux ne sont pas des jouets. En Europe, nous sommes convaincus que ce sont les parents qui élèvent nos enfants, pas des algorithmes prédateurs.» C’est avec un air grave que la présidente de la Commission européenne a présenté lundi les recommandations d’un comité d’experts indépendants sur la protection des mineurs en ligne, aux côtés de l’épidémiologiste française Maria Melchior et du professeur allemand Jörg Fegert, un expert en psychiatrie de l’enfant. Ursula von der Leyen a plaidé en faveur de restrictions, dont un âge minimum et un accès «progressif et gradué» aux réseaux sociaux. Les propositions détaillées de la Commission ne tomberont toutefois qu’après l’été. Et devront ensuite être approuvées par le Parlement européen et les Etats membres.
La cheffe de l’exécutif européen a rappelé quelques chiffres, qui donnent le vertige. Partout en Europe, les jeunes passent entre quatre et six heures par jour devant leurs écrans, alors que leur cerveau est encore en plein développement. «Six heures par jour, cela représente vingt ans de leur vie», a-t-elle insisté. «Le statu quo, c’est-à-dire un monde où nous continuons à laisser les géants de la tech accéder sans restriction à nos enfants, ne fera que condamner une nouvelle génération à davantage de troubles psychologiques, de dépendance et de souffrance», a-t-elle averti.


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