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Intelligence artificielle : « c’est pendant le cours que ça se joue »

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Un sondage commandé par Radio-Canada révèle que les trois quarts des étudiants de plus de 16 ans utilisent l’intelligence artificielle dans un cadre académique au Québec. L’Université de Sherbrooke ne s’étonne pas de ces données. L’IA est maintenant un outil indispensable pour plusieurs de ses étudiants.

L'IA fait partie de la réalité et plus on va avancer dans le temps, plus les étudiants vont avoir vécu un monde dans lequel il y aura toujours eu de l'IA, souligne la vice-rectrice aux études et à la vie étudiante de l’Université de Sherbrooke, Isabelle Dion.

C'est tout à fait normal qu'ils l'utilisent, dit-elle.

Le sondage révèle que 32% des étudiants répondants affirment que, sans l’intelligence artificielle, leur parcours d’études serait beaucoup plus difficile.

J'essaie de l'éviter, mais c'est facile de tomber dans ce piège-là, lance Julie, étudiante à la faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke.

Quant à lui, Jules, étudiant en kinésiologie, dit avoir fréquemment recours à l’IA. Ce n'est pas tant de la paresse intellectuelle, mais c'est plus pour gagner en efficacité, dit-il.

Tricherie

Toujours selon le sondage de Radio-Canada, le tiers des étudiants au Québec transgresse les règles établies par leur enseignant.

L’Université de Sherbrooke a commencé à recenser les cas de plagiat liés à l’intelligence artificielle depuis 2023. L’établissement en traite une centaine chaque année.

L’établissement indique que presque la totalité des cas de plagiat implique dorénavant l’intelligence artificielle.

La vice-rectrice aux études et à la vie étudiante assure toutefois que beaucoup moins que le tiers des étudiants trichent avec l’IA, contrairement à ce que révèle le sondage.

Isabelle Dion établit d’ailleurs une distinction entre le plagiat intentionnel et l’usage inapproprié de l’IA dans un contexte scolaire. On n’est pas dans une tricherie ou un cas de plagiat officiel, mais on est clairement dans une mauvaise compréhension de ce que l’IA peut faire pour soi, explique-t-elle.

Des balises nécessaires

Depuis l’arrivée de l’intelligence artificielle, l’Université de Sherbrooke établit des balises auprès des étudiants et des enseignants.

L'établissement dit aussi travailler en collaboration avec d’autres institutions, comme les cégeps et des associations étudiantes pour assurer une cohérence des normes fixées.

On met beaucoup d’accent sur la prévention, l’éducation et la formation, assure Isabelle Dionne.

D’ailleurs, à l’occasion du mois sur la pédagogie universitaire, l’Université de Sherbrooke offrira, en février, trois journées dédiées à des ateliers sur l’utilisation de l’IA en éducation.

On travaille à former à l’usage de l’IA. En faire un usage éthique, responsable, pertinent aussi, poursuit-elle.

Il faut que l’humain continue de réfléchir, continue d’être créatif et qu’il continue d’apprendre. Et ça, il y a un bout qui doit se faire par la personne étudiante elle-même.

Le milieu scolaire ne s’inclinera pas, croit Isabelle Dionne. Revenir en arrière, uniquement au papier crayon en classe, je ne crois pas que ça se fasse.

Une adaptation en mouvance

Les professeurs à l’Université de Sherbrooke doivent constamment s’ajuster à cette nouvelle réalité. D’autant plus que les derniers finissants au baccalauréat n’ont pas connu l'université sans intelligence artificielle.

C’est inquiétant pour tout le monde. Ça soulève la question fondamentale qui est celle de la place de l’enseignant, note le professeur d’économie à l’Université de Sherbrooke, Isambert Leunga Noukwe.

Il croit toutefois que l’IA peut être complémentaire à l’apprentissage, entre autres pour le traitement des données et la révision de la matière. Cette partie de l’intelligence artificielle est super bonne.

C’est pendant le cours que ça se joue. Je vais beaucoup plus insister sur la capacité d’analyse.

Le professeur adjoint à l’École des sciences infirmières de l’Université de Sherbrooke, Charles Bilodeau, demeure optimiste. Il croit toutefois que l'encadrement est primordial.

On sait très bien que l’information générée par l’IA n’est pas nécessairement fiable, soulève-t-il.

Comme le professeur Leunga Noukwe, Charles Bilodeau encourage les interactions, les réflexions et les présentations orales en classe. Une façon aussi de stimuler la pensée critique et l’autonomie intellectuelle.

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