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Plus d’une personne sur cinq est confrontée à l’insécurité alimentaire dans les districts de Kenora et de Rainy River, dans le Nord de l'Ontario. C’est le constat alarmant du dernier rapport du Bureau de santé du Nord-Ouest (BSNO).
Ce chiffre est probablement en deçà de la réalité, car il n'inclut pas les personnes sans abri ainsi que les habitants des communautés éloignées et des Premières Nations, nuance Maya Nickle, diététiste en santé publique au BSNO.
Nourrir une famille de quatre personnes dans la région coûte désormais près de 1 500 $ par semaine.
Le rapport désigne le manque de revenus comme la cause principale de cette crise.
Après le loyer et l’épicerie, de nombreux ménages se retrouvent sans un sou, voire avec un solde négatif, avant même de payer le transport, les vêtements ou l’énergie, déplore Mme Nickle.
Quand l’argent manque, l’alimentation est souvent sacrifiée, car c’est une dépense variable.
L’insécurité alimentaire nuit gravement à la santé physique et mentale.
Elle accroît les risques de maladies chroniques, d’infections, de blessures et de problèmes bucco-dentaires, tout en réduisant l’espérance de vie, selon elle.
Le revenu reste l’indicateur de santé le plus fiable au Canada, rappelle Mme Nickle.

Maya Nickle, diététiste en santé publique au Bureau de santé du Nord-Ouest explique que les personnes au budget limité réduisent souvent leurs dépenses alimentaires.
Photo : soumise par Maya Nickle
Elle précise que si les banques alimentaires répondent à l’urgence, elles ne règlent pas le problème à la racine.
Pour alléger la pression financière, le BSNO préconise des solutions structurelles :
- Augmenter l’aide au revenu selon le coût de la vie
- Créer des logements abordables
- Faciliter l’accès aux services de garde d’enfants
- Garantir la sécurité de l’emploi
Il faut cesser de blâmer les individus. Parlons plutôt de revenus et de systèmes, et soutenons les politiques de réduction de la pauvreté, insiste-t-elle.
La demande explose, les dons chutent
Ces conclusions ne surprennent pas Al Huckabay, directeur de la banque alimentaire de Dryden.
Entre janvier et mai, l’organisme a soutenu 335 ménages de plus que l’an dernier à la même période.
Aujourd’hui, environ 10 % de la population de Dryden et des environs utilise ce service.

La banque alimentaire de Dryden compte sur des dons de denrées non périssables (céréales, conserves de fruits et de légumes) pour répondre aux besoins.
Photo : soumise par Al Huckabay
Le profil des usagers change également, avec une hausse marquée de personnes âgées et de nouveaux arrivants.
Pourtant, la solidarité s’essouffle. En mai dernier, l’organisme a reçu 10 000 livres de denrées de moins que l’année précédente.
C’est la lutte quotidienne pour garnir nos étagères, confie M. Huckabay.
Les nouvelles stratégies des supermarchés compliquent aussi la donne.
Les ventes éclairs à prix réduit profitent aux clients, mais ces surplus étaient auparavant donnés aux banques alimentaires, explique-t-il.
Se réinventer pour survivre
Pour s’en sortir, la banque alimentaire de Dryden collecte des fonds afin de déménager dans un local plus grand.
Elle collabore aussi avec l’Association régionale de distribution alimentaire pour devenir un centre satellite régional.
Ce projet permettra de redistribuer les dons de l’Ouest canadien vers les localités voisines.
C’est une stratégie économique logique. Au lieu de payer pour le transport, nous pourrons acheter plus de nourriture pour nos clients, affirme M. Huckabay.
Il rappelle que son organisme a un besoin urgent de denrées non périssables, notamment de céréales et de conserves de fruits et légumes.
Avec les informations de Sarah Law


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