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Inquiétudes à l’UPEI après un appel à la réduction des coûts

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La direction de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI) cherche à réaliser des économies. L’Association des professeurs s’inquiète d’un courriel de l’institution demandant à ses membres de trouver des moyens de réduire les coûts.

Dans le cadre de son processus de planification budgétaire pour l’exercice financier 2027-2028, la direction de l’université indiquait, dans une lettre envoyée le 6 octobre dernier, que les facultés et les unités administratives sont invitées à revoir leurs opérations et à identifier des possibilités réalistes de réduire les coûts, d’améliorer [les] méthodes de travail et, le cas échéant, d’augmenter les revenus.

Invité en entrevue à préciser sa pensée, le vice-président à l’administration et aux finances de l’établissement, Tim Walker, indique qu’il s’agit de récupérer des sommes que la baisse constante du nombre d’étudiants étrangers fait perdre à l'université.

Nous cherchons à déterminer comment compenser une nouvelle perte de 200 à 300 étudiants internationaux, affirme-t-il. Nos prévisions indiquent que le nombre d’étudiants nationaux ne sera pas suffisant pour compenser ces pertes de revenus, ce qui entraîne un déficit. Sans oublier l’inflation, bien sûr.

Selon des documents publiés sur le site web de l'UPEI, l’établissement a accueilli 1589 étudiants étrangers au cours de l’année universitaire 2025-2026, une baisse d’un peu plus de 20 % par rapport à 2023.

D’après Tim Walker, cette tendance devrait se poursuivre.

Autour de 2029-2030, à moins qu’il y ait un changement majeur, on prévoit de 900 à 1000 étudiants, explique-t-il. Avec des droits de scolarité de 18 000 $ par étudiant, cela représente environ 20 millions $ de revenus qui disparaissent du budget.

Tim Walker souligne que la hausse des droits de scolarité ne sera pas suffisante pour combler ces pertes. L’avantage, précise-t-il, réside dans le fait que l’université est au courant de la situation et peut anticiper.

Des inquiétudes chez le personnel

Pour Margot Rejskind, directrice générale de l’Association des professeurs de l’Université de l'Île-du-Prince-Édouard, ce courriel représente la première occasion où elle entend parler de cette idée de réduire les coûts.

Ce sont des coupes de plusieurs millions de dollars, sans vraiment de stratégie derrière. Ça nous a surpris. On ne s’attendait pas à ça, explique-t-elle.

Selon elle, ce courriel et la possibilité de coupes budgétaires suscitent de l’inquiétude au sein du personnel, qui craint que cela nuise à ses programmes.

Avec des coupes comme ça, qui sont vraiment insensées, on va voir des programmes qui vont avoir beaucoup de trouble à continuer, qui auront beaucoup de difficulté à vraiment livrer les programmes qui ont été promis à nos étudiants, explique-t-elle.  Et puis, il y a des gens, bien sûr, qui ont de l’angoisse pour leur emploi.

Deux jours après avoir envoyé le premier message, l’université a transmis un second courriel aux membres du personnel. Il y est indiqué que l’exercice financier 2025-2026 s’est soldé par un résultat financier meilleur que prévu.

Tim Walker précise que l’établissement a enregistré une hausse des inscriptions durant l’été, ce qui a généré des revenus de scolarité plus élevés que les prévisions.

Margot Rejskind est debout. Elle regarde l'objectif.

Margot Rejskind est la directrice de l'Association des professeurs de l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

Nous sommes actuellement dans une assez bonne position, dit Tim Walker.  [Mais] nous ne sommes pas dans une position aussi bonne que nous le souhaiterions.

Si la tendance se maintient, il envisage des compressions budgétaires de 6 à 7 millions $ pour l’exercice financier 2027-2028.

Même s’il indique que les deux tiers des dépenses sont consacrées aux salaires, il ne souhaite pas en arriver à supprimer des postes.

Il y a des revenus et des dépenses. Mais en fin de compte, il faut trouver un équilibre, explique-t-il.  Il n’y a pas de solution miracle. Il faut utiliser tous les outils à notre disposition.

Rien à cacher, affirme la direction

Margot Rejskind souhaite que le syndicat puisse travailler avec la direction, afin de participer à l’élaboration de stratégies concernant le budget et l’effectif étudiant.

La façon de faire ça, c’est d’en parler de façon transparente, avec tout le monde. La communauté devrait en parler, et puis on devrait bâtir une vraie stratégie qui va nous gérer pendant plusieurs années, dit-elle.  

En ce moment, ce qu’on a, c’est des secrets. C’est des courriels [...] On est confus, puis on a de l’angoisse, poursuit-elle. Ce n’est bon pour personne.

Tim Walker affirme que l’université a déjà tenu plusieurs réunions afin d’informer et de consulter le personnel.

Je crois que nous adoptons une approche très consultative au sein de cette université afin de faire savoir clairement à chacun notre position, dit-il.  Je n’ai rien à cacher. 

Le budget pour l’année fiscale 2027-28 sera prêt en mars. L’université assure que l’expérience étudiante est sa priorité absolue.

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