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Inondations à St. Catharines : une semaine pour nettoyer, des mois pour reconstruire

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Une semaine après les pluies torrentielles qui ont inondé des milliers de propriétés dans la région de Niagara, le nettoyage se poursuit à St. Catharines. Pour plusieurs sinistrés, toutefois, la reconstruction ne fait que commencer.

La Ville a déclaré l’état d’urgence lundi, après avoir été frappée par trois épisodes de pluie en deux semaines, les 21, 27-28 juillet et 2 août. Les deux derniers épisodes ont à eux seuls déversé environ 250 millimètres en moins d’une semaine, soit environ le quart des précipitations que la région reçoit normalement en une année.

Dans la nuit du 27 au 28 juillet, Jim Frizzell s’est réveillé vers 2 h 30 en entendant de l’eau couler. En sortant du lit, il a posé les pieds dans une dizaine de centimètres d’eau. Une heure plus tard, il y en avait entre 45 et 50.

Ma femme et moi avons essayé de récupérer le plus d’objets importants possible, raconte-t-il. Son système de chauffage, son chauffe-eau, ses meubles et de nombreux souvenirs personnels ont été détruits. Deux bennes de près de 15 mètres cubes ont été nécessaires pour évacuer les matériaux et les biens endommagés.

Puis, quelques jours plus tard, alors qu’une équipe retirait les planchers et les cloisons sèches de son sous-sol, l’eau est revenue.

Des milliers de propriétaires en reconstruction

Les dégâts varient d’une maison à l’autre, tout comme l’aide reçue.

Steve Burke, qui habite près des rues Niagara et Linwell, estime que les réparations pourraient lui coûter jusqu’à 60 000 $, alors que sa couverture d’assurance de base pour les inondations est limitée à 10 000 $.

Dans son quartier, il a vu des résidents sortir des dizaines de sacs de déchets de leurs maisons. Certains de ses voisins ont dû attendre plusieurs jours avant de commencer le nettoyage, notamment en raison des délais avec leurs assureurs.

Andy Morin, plombier de métier, reconnaît pour sa part être mieux équipé que plusieurs autres résidents pour gérer les conséquences de l'inondation. Il a néanmoins dû vider son sous-sol et jeter presque tout ce que l’eau avait touché.

Même si son assurance devrait couvrir l’essentiel de ses pertes, il constate que tous ses voisins n’ont pas cette chance, et rappelle que beaucoup de personnes âgées ont encore besoin d’aide.

Un programme municipal submergé par les demandes

Pour plusieurs sinistrés, la priorité est maintenant de protéger leur maison face aux futures intempéries.

Le programme municipal d'atténuation des inondations (en anglais, Flood Alleviation Program, ou FLAP) de St. Catharines rembourse jusqu’à 90 % de certains travaux de prévention des inondations, pour un maximum de 5 000 $, notamment pour l’installation d’un clapet antiretour. Cependant, le programme fait face à une demande exceptionnelle.

Jim Frizzell affirme que la Ville l'a informé que le FLAP avait reçu plus de 2 000 demandes au cours des deux dernières semaines, contre environ 50 à 60 habituellement en une année. L’attente est d’autant plus difficile pour M. Frizzell que sa chambre se trouvait au sous-sol. Depuis les inondations, sa femme et lui dorment dans une roulotte stationnée dans leur entrée.

Matthew Russell attend lui aussi son approbation avant de poursuivre les réparations. Mon sous-sol est pratiquement sec et prêt à être réparé, explique-t-il. Mais je ne peux pas commencer à remplacer la fournaise, le chauffe-eau et le reste avant d’avoir une certaine protection contre une nouvelle inondation.

La maison de Matthew Russell, à St Catharines, après les inondations de juillet et août 2026.

Le sous-sol de Matthew Russell, à St. Catharines, après les inondations.

Photo : Avec l'autorisation de Matthew Russell

L'impact émotionnel des inondations

Au-delà des coûts et des travaux, les conséquences émotionnelles des inondations commencent aussi à se faire sentir. Le conseiller municipal du quartier 6, Marty Mako, dit entendre de plus en plus de résidents exprimer leur anxiété, leur tristesse, leur colère et leur épuisement.

Au début, l’accent était naturellement mis sur les aspects techniques du rétablissement : pomper les sous-sols, les réclamations d’assurance, l’enlèvement des déchets, la réparation des infrastructures, explique-t-il. Mais il y a une autre partie qui était moins visible au début et qui apparaît maintenant : l’impact humain.

Le conseiller du quartier 3, Kevin Townsend, ajoute que les pertes ne se limitent pas aux meubles et aux matériaux de construction.

Les gens n’ont pas seulement perdu des biens. Ils ont perdu des souvenirs familiaux, des photographies, des vidéos et des objets qui ne pourront jamais être remplacés.

L’aide arrive, mais le financement se fait attendre

La province a annoncé le déploiement de partenaires du Corps de l’Ontario, dont Team Rubicon Canada et l’Armée du Salut. Des trousses de nettoyage sont distribuées et des bénévoles ont commencé dimanche à participer à l’enlèvement des débris et des matériaux endommagés dans les maisons.

À St. Catharines, la collecte spéciale des déchets liés aux inondations a été étendue à toute la ville. Les équipes municipales continuent d’inspecter et de réparer les infrastructures endommagées, notamment des ponceaux et des routes, en plus d’intervenir dans des secteurs touchés par l’érosion.

Toutefois, pour M. Townsend, la réponse à plus long terme devra aller au-delà du nettoyage.

Nous ne pouvons pas simplement nettoyer, réparer les maisons et passer à autre chose. Nous devons apprendre de ce qui s’est passé et nous assurer que cela ne se reproduise pas.

Le conseiller réclame notamment des investissements dans les infrastructures de gestion des eaux pluviales et dans l’adaptation aux changements climatiques, des dépenses qui, selon Marty Mako, ne pourront pas être assumées uniquement par les municipalités.

Les bénévoles arrivent et c’est formidable d’avoir ce soutien concret, mais nous avons aussi besoin d’une aide financière des paliers supérieurs de gouvernement. Les budgets municipaux ne peuvent pas couvrir ces coûts à eux seuls, affirme-t-il.

Pour le moment, aucune aide financière provinciale particulière n’a été confirmée pour les sinistrés. La Ville dit poursuivre ses discussions avec la province concernant d’autres formes de soutien, alors que les propriétaires attendent toujours de pouvoir entreprendre certains travaux pour protéger leur maison avant de reconstruire.

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