Si trop d’impôt tue l’impôt, comme le dit l’adage, moins d’impôt tue-t-il l’Etat? A quelques semaines du scrutin du 27 septembre, les Vaudois sont appelés à prendre position sur une équation sociale majeure. En apparence, la question posée par l’initiative «Baisse d’impôts pour tous – Redonner du pouvoir d’achat à la classe moyenne» (dite des «12%») est simple. Faut-il accorder à tous les Vaudois une baisse de la fiscalité cantonale? En réalité, le vote force chaque électeur à choisir son camp dans une opposition de principes. D’un côté, un arbitrage personnel parfois jugé égoïste par ses détracteurs; de l’autre, la défense d’un Etat social fort, garant des prestations publiques.
Pour les opposants, le texte place les citoyens face à un piège: accepter une économie d’impôt immédiate au risque d’affaiblir durablement les prestations de la collectivité. La perte de près de 300 millions de francs annuels dans les caisses cantonales viendrait, selon eux, fragiliser directement l’école, les hôpitaux et les services essentiels au quotidien.
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A l’inverse, à l’instar du voisin genevois qui a plébiscité une baisse d’impôts entrée en vigueur en 2025, les partisans répliquent que l’Etat vaudois ne souffre d’aucun problème de recettes, mais d’une dérive de ses dépenses. Il y aurait du gras dans un Etat réputé obèse. Malgré les baisses déjà accordées, Vaud demeure l’un des cantons suisses où l’on paie le plus d’impôts. Dans un contexte où le coût de la vie et l’explosion des primes maladie érodent le pouvoir d’achat, restituer une part des revenus aux contribuables apparaît à leurs yeux comme un acte de justice et de responsabilité.
Sur le terrain, l’intensité des échanges témoigne de la nervosité ambiante. L’affrontement prend la forme d’un réquisitoire contre la gestion de l’Etat, allant jusqu’à ébranler la cohésion de la majorité de droite au gouvernement. Entre les accusations d’«indécence» face aux risques de coupes dans les services publics et le rejet d’une «campagne de la peur» jugée déconnectée de la réalité financière, les positions paraissent irréconciliables.
Ce scrutin ne sera pas une simple décision comptable. Il marquera une étape décisive: faut-il sanctuariser le périmètre de l’Etat ou contraindre le secteur public à se réinventer pour soulager des ménages sous pression? Pour poser les termes de ce choix, Le Temps a choisi de réunir deux figures centrales du débat: le conseiller national PLR Olivier Feller et le président de l’Union syndicale suisse, Pierre-Yves Maillard.
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