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En 2025, les services de police et de gendarmerie ont recensé près de 4 900 infractions anti-LGBT+ en France, soit une hausse de 2 % sur un an. Ces infractions sont surtout concentrées dans les grandes agglomérations de plus de 200 000 habitants, avec une surreprésentation marquée à Paris. Mais que révèlent ces plaintes à l’échelle de la Lorraine et la Franche-Comté ?
Orlane Jézéquélou - Aujourd'hui à 14:00 | mis à jour aujourd'hui à 14:23 - Temps de lecture :
Derrière ces chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur, plusieurs affaires récentes rappellent que les violences et discriminations visant les personnes LGBT+ restent une réalité. À Metz, l'enquête sur la mort de Noahm a conduit la justice à retenir le caractère homophobe de l’agression. À Nancy, plusieurs personnes ont également été interpellées début juin après des plaintes déposées en avril dernier pour une violente agression à caractère homophobe et transphobe.
150 infractions recensées en Lorraine
En Lorraine, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 150 infractions à caractère homophobe ou transphobe en 2025. Si l’on rapporte ces chiffres à la population, c’est dans le département de la Meuse que l’on enregistre le taux d’infractions le plus élevé (9,4 pour 100 000 habitants), devant la Moselle (6,6), la Meurthe-et-Moselle (5,9) et les Vosges (5).
En Franche-Comté, on dénombre 75 dépôts de plaintes la même année. Cette proportion est plus importante dans le Territoire de Belfort (12,8), devant la Haute-Saône (7,7), le Doubs (4,6) et le Jura (3,9).
3 % des personnes portent plainte
Au niveau national, le nombre de plaintes a progressé de 2 % en un an, un rythme plus modéré que les années précédentes. Entre 2016 et 2024, la hausse moyenne est estimée à 13 %. Ces chiffres doivent toutefois être nuancés : selon l’enquête de victimation « Vécu et ressenti en matière de sécurité », seules 3 % des victimes déposent plainte. L’écart est donc important, l’étude évaluant à environ 275 000, le nombre de « personnes déclarant avoir subi une atteinte à caractère anti-LGBT+ » en France.
Ce faible recours à la justice s’explique par différents facteurs comme le contexte dans lequel les actes ont été commis, l’évolution des comportements sociaux, les conditions d'accueil des victimes dans les commissariats et les gendarmeries ou encore les dispositifs de protection ou de sanction mis en place.
Dans son dernier rapport annuel de 2026, l'association SOS Homophobie rappelle que “les contextes de LGBTIphobie les plus représentés sont les lieux publics (13 %), la haine en ligne (11 %), et la Famille et l’entourage proche (10 %).
Diffamations ou injures dans 33 % des cas
Les infractions enregistrées sont majoritairement des diffamations ou injures : 33 % des crimes et délits et 93 % des contraventions. On retrouve ensuite les atteintes physiques (23 %) et les menaces (20 %).
Ces violences se déplacent de plus en plus sur le terrain numérique. Cette haine en ligne s’est imposée depuis plusieurs annés « dans le trio de tête des contextes les plus recensés par l’association ». Parmi l'ensemble des supports, ces violences en ligne sont particulièrement visibles sur TikTok (19 % des signalements), Facebook (17 %) et Instagram (15 %).
Le service stistique ministériel de la sécurité intérieur (SSMSI) estime que « 15 % des infractions anti-LGBT+ impliquent le recours au numérique », selon un dispositif d’identification des infractions liées au numérique mis en place depuis 2024. Cette proportion était de 9 % l'année précédente. Dans 9 cas sur 10, cela concerne des atteintes aux personnes, principalement du harcèlement en ligne.
48 % des victimes ayant porté plainte ont moins de 30 ans
Ce type d'infractions touche majoritairement les plus jeunes, 48 % des victimes ayant porté plainte ont moins de 30 ans. Pour les victimes, ces agressions répétées entraînent souvent un mal de vivre (séquelles psychologiques, isolement), un état signalé dans 31 % des témoignages reçus par SOS homophobie en 2025.


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