Alors que plusieurs départements, de la frontière luxembourgeoise au sud de la France, sont touchés par des incendies depuis plusieurs jours, les fumées qui s'en dégagent présentent un réel danger pour la santé.
Les feux continuent de sévir en France, ravageant la végétation. Ces incendies, qui produisent de la fumée et libèrent des particules toxiques lors de la combustion, sont aussi néfastes pour la santé respiratoire et cardiovasculaire.
Les personnes asthmatiques et qui sont atteintes de maladies respiratoires sont particulièrement vulnérables, alerte l'association Santé Respiratoire France. Plusieurs travaux scientifiques démontrent le danger sanitaire lié à l'exposition à ces émanations.
Quels symptômes ?
Les fumées qui se dégagent d'un incendie, qu'il s'agisse de forêts ou de bâtiments, contiennent un cocktail particulièrement toxique. On y trouve notamment des particules fines (PM2,5), des gaz ou encore des métaux lourds, qui peuvent provoquer des troubles respiratoires, plus ou moins importants selon la durée de l'exposition.
"Même chez des personnes non asthmatiques, une exposition de deux à cinq jours à la fumée issue des feux de forêt ou du brûlage agricole augmente le risque de symptômes respiratoires irritatifs (toux, sifflements), tout en majorant les risques d’exacerbation et de dyspnée chez les patients asthmatiques ou BPCO", relate Santé Respiratoire France.
Des crises d'asthme ou encore un essoufflement marqué peuvent ainsi survenir chez les personnes les plus fragiles. En outre, l'inhalation répétée ou prolongée de ces polluants "augmente le risque de développer des maladies respiratoires chroniques, telles qu'une broncho-pneumopathie obstructive ou un cancer du poumon". Par ailleurs, les incendies n'affectent pas seulement les poumons, "mais aussi le système cardiovasculaire", souligne le Dr Frédéric le Guillou, pneumologue et président de Santé respiratoire France.
"Une menace majeure pour la santé publique"
La fumée des incendies de forêt est "une menace majeure pour la santé publique qui exige une attention immédiate", mettait en garde une étude publiée dans The Lancet en 2025, dirigée par des chercheurs de l'Institut de Barcelone pour la santé mondiale (ISGlobal).
Se basant sur les données de plus de 500 millions de personnes dans 32 pays européens, elle révèle qu'en moyenne, "535 décès annuels toutes causes confondues, 31 décès par causes respiratoires et 184 décès par causes cardiovasculaires étaient attribuables à une exposition de courte durée aux PM2,5 liées aux incendies".
Dans le même temps, "la population exposée au risque d'incendie lié à la fumée des feux de forêt et le nombre de jours à risque d'incendie très élevé ou extrêmement élevé ont augmenté depuis 2003 dans de nombreuses régions du monde", souligne les auteurs, qui pointe le changement climatique d'origine anthropique comme l'une des principales causes de l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des feux.
Comment se protéger ?
Pour se protéger au mieux en cas d'incendie à proximité, il est impératif d'adopter les bons réflexes, à commencer par suivre les consignes diffusées localement par les autorités. Les habitants doivent au mieux restés confinés, "portes, fenêtres et volets fermés et laisser les accès dégagés pour faciliter l’intervention aux secours" ou réduire au maximum leurs déplacements à l'extérieur, informe le ministère de la Santé.
Il est également recommandé de "fermer les trappes de tirage de la cheminée, les bouches d’aération et arrêter la ventilation mécanique contrôlée (VMC)". L'utilisation d'un masque filtrant type FFP2 ou FFP3 est conseillé en cas d'exposition directe, même s'il ne protège pas complètement de l'ensemble des gaz présents dans les fumées.


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