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Il y a un an, le monde assistait, sidéré, aux terribles incendies de Los Angeles (États-Unis). Pendant des jours, les flammes, inarrêtables, ravageaient plusieurs quartiers, dont le célèbre Pacific Palisades, et des villas de stars à Malibu. Un an après, les équipes de France Télévisions sont retournées sur place.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Au pied des montagnes qui bordent Los Angeles (États-Unis), se dresse un alignement de terrains vagues. Le quartier d'Altadena a été ravagé par le feu en janvier dernier. On y devine encore, ici et là, les petites piscines des maisons parties en fumée. Les habitants résident désormais souvent dans des camping-cars sur leurs parcelles, comme Edwin Isaacs. "À 4 heures du matin, j'ai été réveillée par une odeur de brûlé. J'ai crié à ma fille : "il faut qu'on parte"", se rappelle le sinistré des incendies.
Cette nuit du 7 au 8 janvier 2025 restera comme l'une des pires de l'histoire de Los Angeles. Poussées par des vents de la puissance d'un ouragan, les flammes traversent plusieurs quartiers de la ville, laissant derrière elles au petit matin des paysages apocalyptiques.
Le pasteur à la retraite n'a désormais d'autre choix que de vivre dans sa caravane. "Je n'ai rien pu sauver", se désole Edwin Isaacs. Mal assuré, il n'a pas les moyens de reconstruire, dit-il. "J'ai pris le chèque de l'assurance dans une main et, de l'autre, je l'ai aussitôt rendu à la banque pour rembourser mon emprunt", déplore-t-il.
Au coin de la rue, une maison fait partie des rares à avoir été reconstruites. "Cela a pris beaucoup de temps depuis la destruction de la précédente", affirme Steve Gibson, sinistré des incendies. Ce dernier est passé d'hôtel en hôtel pendant près d'un an après avoir retrouvé sa maison totalement anéantie l'an dernier. Lui a obtenu un permis de construire, mais pour cela, il a dû opter pour une solution moins chère et moins difficile à mettre en œuvre. "Pour gagner du temps, nous avons choisi une maison préfabriquée. C'est le seul moyen de reconstruire en moins d'un an", assure-t-il.
Pourquoi ce processus de reconstruction est-il si lent ? En l'espace d'un an, il a d'abord fallu tout déblayer. Une tâche monumentale confiée à l'armée américaine, qui a patiemment évacué près de 5 millions de tonnes de décombres. Mais les craintes de pollution des sols et les pesanteurs administratives ont également freiné les travaux. C'est le cas sur les célèbres plages de Malibu. Aujourd'hui, la plage est figée dans l'attente d'une reconstruction qui tarde à démarrer. Alors, certains propriétaires choisissent de vendre leur terrain.
Un agent immobilier doit trouver un acheteur pour une parcelle spectaculaire évaluée à plus de 4 millions de dollars. "C'est le prix à payer pour vivre au paradis. Où trouvez-vous une maison les pieds dans le sable à seulement 40 minutes d'un aéroport international ? Et le climat est agréable toute l'année. On est en décembre et j'ai trop chaud avec ma veste", vante Marcel Jany, agent immobilier à Malibu.
La complexité du dossier semble pourtant repousser certains acheteurs. Le prix de vente a déjà baissé de près de 400 000 dollars en l'espace de quelques mois. "Il y a beaucoup de règles pour reconstruire sur la côte, sans compter toutes les normes environnementales, car la maison donne directement sur l'océan", indique l’agent immobilier.
Exigeante sur ces critères de reconstruction, la mairie de Malibu n'a à ce jour délivré qu'une vingtaine de permis de reconstruire. Mais cela n'empêche pas Darren Graves de s'accrocher à son rêve.
Sur un terrain sablonneux se situait la maison familiale, achetée par sa grand-mère dans les années 1970, conscient que les risques d'incendie restent élevés, l’architecte a choisi de la redessiner avec de nouveaux critères. "Le plus important était de construire pour résister au feu : des murs en béton, des murets en béton armé et un toit en métal", assure-t-il.
La vieille bâtisse en bois des années 1950 sera donc remplacée par une construction plus moderne. Pour lui, il n'a jamais été question de partir. "Comment quitter cet endroit ? Je ne peux pas. Le plan, c'est de reconstruire et d'aider les autres, puis de revenir habiter au paradis dès que possible. Et s'il y a à nouveau un feu, espérer que les maisons ne brûleront pas, car elles auront été conçues correctement", partage Darren Graves.
L'attraction du Pacifique est plus forte que le risque de voir un jour le feu dévaster à nouveau la côte légendaire. Pour s'accrocher à ce rêve californien, les habitants de Malibu vont devoir s'armer de patience. La plupart des maisons ne seront vraisemblablement pas reconstruites et habitables avant l'été 2028.


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