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Les odeurs de fumées perceptibles à des dizaines, voire des centaines de kilomètres de l'incendie qui sévit dans les Hautes Fagnes ont forcément de quoi inquiéter. Qu'en est-il au juste de la pollution de l'air dans le secteur concerné ? Alors que, lundi, la qualité de l'air tendait à s'améliorer suite à la pluie, pour les personnes des zones concernées, l'Agence pour une vie de qualité (Aviq) avait toutefois recommandé de limiter autant que possible les sorties à l'extérieur et fermer les fenêtres. D'après les données de la cellule interrégionale de l'environnement (Celine), un changement de direction du vent et la pluie ont entraîné une diminution du taux de particules fines dans l'air, après un pic de pollution enregistré dimanche dans le sud de la Belgique, principalement dans les provinces de Namur et du Luxembourg.
Ce pic de combustion a émis des concentrations massives de particules fines (PM10 et PM2.5) en suspension dans l'air, du carbone suie ou black carbon provenant des matières végétales et tourbeuses consumées, ainsi que des polluants secondaires, gaz et composés (monoxyde de carbone et oxyde d'azote liés à la combustion de la biomasse). À ce cocktail, il faut ajouter l'ozone secondaire dont la formation est favorisée par l'action du rayonnement solaire sur les composés de fumées. "Les PM 2.5 sont les particules les plus dangereuses car elles pénètrent dans les poumons et la circulation sanguine, nous explique le Pr Didier Cataldo, pneumologue allergologue à Liège et président de la Belgian respiratory society. Selon les vents, on sait que ces particules peuvent se déplacer sans problème sur des centaines de kilomètres. Il y a d'ailleurs eu une alerte en Moselle".
Les nouvelles technologies auraient-elles permis de détecter plus tôt l'incendie dans les Hautes Fagnes? "Je n'en peux plus de l'incurie politique"Les intervenants directs les plus exposés
Si les plus vulnérables sont les personnes âgées, les enfants, les patients souffrant de pathologies respiratoires ou cardiovasculaires, "les intervenants directs et les pompiers sont les plus exposés, souligne le spécialiste. Ce sont des professionnels qui connaissent les précautions à prendre pour se protéger. Les autorités ont bien réagi en recommandant de fermer les fenêtres, stopper les ventilations mécaniques ou encore en coupant les routes de manière à écarter les badauds et même des volontaires venus aider qui pourraient se mettre en danger".
Quant à expliquer les odeurs de plastique mentionnées par certains, et les dangers que de telles émanations pourraient engendrer, "il n'est pas impossible qu'il s'agisse de dépôts clandestins, comme des pneus. Si c'est évidemment toxique, il ne s'agit pas non plus d'une usine de produits chimiques qui aurait brûlé", conclut le Pr Cataldo.
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