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"En France, ça ne peut pas arriver", affirme vendredi 1er janvier sur franceinfo Thierry Fontaine, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) Nuit, qui représente les établissements du monde de la nuit, après l’incendie survenu dans un bar festif de la station suisse de Crans-Montana, qui a fait une quarantaine de morts et une centaine de blessés dans la nuit du Nouvel An.
L'incendie s'est déclenché dans Le Constellation, un établissement fréquenté de la station valaisanne. "On dit que c'est une discothèque, mais ce n'est pas une discothèque. Un bar, c'est un bar", insiste-t-il. Il pointe en particulier les matériaux utilisés : "Le complexe isolant qui a été utilisé dans ce bar s'enflamme tout de suite. Et c'est une folie d'avoir mis ça au plafond. En France, ce serait complètement interdit", assure-t-il.
Le président de l’Umih Nuit rappelle que les normes de sécurité diffèrent fortement selon le type d’établissement. "Les niveaux de sécurité dans une discothèque font que c'est impossible d'avoir ça", explique-t-il, soulignant que "tous les plafonds en France, dans une discothèque, sont M1, c'est-à-dire qui résistent au feu". Ces matériaux, précise-t-il, "brûlent très lentement et ne dégagent absolument aucune fumée nocive, puisque c'est la fumée qui tue en premier". Idem pour l'escalier qui reliait la salle en sous-sol, qui est décrit comme étroit par de nombreux témoins : "Je vous garantis que ce n'est pas légal, en France, à partir de 19 personnes accessibles dans une pièce, vous devez avoir deux issues accessibles espacées de plus de 5 mètres". Thierry Fontaine détaille également les dispositifs automatiques en vigueur dans les discothèques françaises.
"Si vous avez un départ d'incendie, même minime, l'alarme incendie se met en route. La sono se coupe automatiquement, un message demande aux gens d'évacuer, la lumière se rallume, comme en plein jour".
Thierry Fontaine, président de l'Umih Nuit
sur franceinfo
Le président de l’Umih Nuit ajoute que ces systèmes de sécurité fonctionnent "sur batteries", et donc y compris en cas de coupure d’électricité, avec "un désenfumage qui se met en route pour extraire immédiatement toutes les fumées". À l’inverse, il souligne que ces niveaux de sécurité ne sont pas prévus dans un bar classique. "Quand on fait l'activité discothèque dans un bar, on n'a pas ces niveaux de sécurité parce que les pompiers n'ont pas prévu qu'on allait y danser, y boire, mettre de la musique fort, explique-t-il. Si l'activité déclarée n'est pas conforme, le niveau de sécurité n'est pas en adéquation avec le risque", et il précise que dans ce cas-là, "en plus, il n'y a pas d'assurance."
Thierry Fontaine appelle enfin à une vigilance accrue des municipalités et de l'État. "J'appelle vraiment les maires à leurs responsabilités, à faire attention à l'activité effectivement", notamment "quand ils se rendent compte qu'un bar devient une discothèque", déclare-t-il. Il interpelle aussi l'État et le président de la République, qui a fait part de sa "vive émotion" après la tragédie suisse.
Il a notamment rappelé l'incendie meurtrier du Cuba Libre à Rouen en août 2016, qui avait fait 14 morts. Le feu avait pris en raison de l'utilisation de feux du bengale, des bougies festives. "Depuis Rouen, on somme l'administration de nous écouter. Les dysfonctionnements, on les connaît. Mais il faut qu'on ait de l'écoute", urge le représentant de l'Umih Nuit.


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