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Des enseignants ontariens pourraient débuter l'année scolaire sans une nouvelle convention collective et les syndicats songent à déposer une requête devant la Commission des relations de travail de l'Ontario (CRTO).
Les négociations avec la province stagnent depuis le début des pourparlers en juin dernier, affirme la présidente de l'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Gabrielle Lemieux.

L'AEFO représente les membres travaillant pour les 13 conseils scolaires publics et catholiques de langue française, ainsi que d'autres milieux connexes. (Photo d'archives)
Photo : Offerte par l'AEFO.
On n'est pas rendu aux requêtes, on n'est pas rendu aux demandes, on n'est pas rendu dans le creux des sujets.
Bras de fer : qui aura finalement le dernier mot ?
Les partis n'arrivent même pas à s'entendre sur la répartition des enjeux, selon l'AEFO.
[ le gouvernement ] demande que des sujets soient au provincial alors qu'ils ont toujours été au local ou vice versa. On est à ce niveau-là [ des négociations], déplore-t-elle.
Une situation qui est assez inhabituelle d'après la présidente, qui raconte que la dernière fois que l'AEFO s'est vu dans une telle position remonte à 2014.
On [va] déposer cette requête-là auprès de la Commission pour qu'elle détermine quels sujets relèvent de la négociation centrale, puis lesquels relèvent de la négociation locale, dit-elle.
En revanche, le ministre de l'Éducation, Paul Calandra, dit demeurer optimiste face aux négociations.

L'AEFO, qui a déposé son avis d'intention de négocier le renouvellement de la convention collective le 3 juin dernier, dit d'ailleurs avoir sollicité le ministre de l'Éducation, Paul Calandra ,dès le mois de mars pour prendre de l'avance, mais que ce dernier a refusé. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
Nous avons participé à plus d'une quarantaine de sessions de négociations, en plus de l'arbitrage volontaire qui est en cours.
En point de presse, M. Calandra admet qu'il y a une impasse entre les partis, mais que ce sont des choses qui arrivent, dit-il.
Parmi ses revendications, le syndicat réclame notamment de meilleurs salaires pour ses enseignants, la réduction du nombre d'élèves par classe ainsi que l'adoption de mesures afin de diminuer les incidents de violence dans les écoles.
La présidente critique par ailleurs ce qui, selon elle, est une tentative de centralisation du pouvoir en éducation de la part du gouvernement, d'où l'importance, dit-elle, que certains enjeux demeurent sous la gouvernance des conseils scolaires, surtout pour les francophones.
Le professeur de gestion et de droit à l'Université d'Ottawa, Gilles Levasseur, abonde dans le même sens. Il croit qu'il s'agit d'une tactique délibérée du gouvernement de l'Ontario, qui n'est pas sans danger.

Le professeur au Département de droit de l’Université d’Ottawa, Gilles Levasseur, croit que la province tente d'étendre son contrôle, tout en relayant à l'ordre local les dossiers qui sont le moins pertinents pour son mandat. (Photo archives)
Photo : Radio-Canada
Le gouvernement va choisir les dossiers provinciaux qui sont d'une nécessité pour eux et pour faire fonctionner [son] mandat, estime-t-il. Le problème c'est que l'on pousse le syndicat à accepter une démarche pour être capable de se faire diriger par les instances gouvernementales.
Toutes les possibilités existent
À quelques jours de la rentrée scolaire, des syndicats se donnent carte blanche. Certains d'entre eux évoquent d'ailleurs l'idée d'entrer en grève dès cet automne.
Oui, toutes les possibilités existent.
Ce à quoi le ministre a répondu que les parents n'ont pas à s'inquiéter du déclenchement d'une grève et que la rentrée se déroulera comme prévu.
Le vrai problème c'est le sous-financement chronique en éducation
Le gouvernement dit investir en éducation pour 2026-2027 à hauteur de 30,6 milliards de dollars, dont un investissement de 60 millions de dollars afin d'améliorer les ressources d'apprentissage des élèves, annoncé en juin dernier.

L'AEFO représente les membres travaillant pour les 13 conseils scolaires publics et catholiques de langue française, ainsi que d'autres milieux connexes. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Maskot
Les élèves auront accès à des outils d’apprentissage interactifs qui les aideront à suivre et à améliorer leurs progrès, tandis que le personnel enseignant pourra repérer plus tôt les écarts d’apprentissage, adapter l’enseignement et fournir du soutien ciblé afin d’améliorer les résultats des élèves, peut-on lire dans le communiqué.
Reste que, pour certains, les lacunes persistent et dénoncent les campagnes visant les enseignants menées par le gouvernement.
C'est plus facile de s'attaquer aux syndicalistes. C'est plus facile de blâmer les enseignantes, les enseignants que d'aller attaquer le vrai problème qui, à mon avis, est un sous-financement chronique en éducation, avance la présidente de l'AEFO.
Dans la même lignée, la cheffe de l'opposition Marit Stiles pointait du doigt les priorités du gouvernement Ford en conférence de presse, mercredi avant-midi.
Plutôt que de dépenser son temps et son argent sur des publicités qui ciblent les enseignants, j'aurais espéré que le gouvernement mette ses efforts pour trouver des solutions.

Marit Stiles, du NPD, considère que « les remords du premier ministre ne suffisent pas quand il s'agit de votre argent ». (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Laura Proctor
Je rencontre beaucoup de familles qui s'inquiètent de ce à quoi ressemblera la rentrée, ajoute-t-elle.
Tout comme Mme Lemieux, Mme Stiles croit que le défi, parmi tant d'autres, qui guette les enseignants, les élèves et leurs parents à l'approche de la rentrée scolaire demeure le manque de personnel de soutien dans les écoles.


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