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Imaginer l’industrie forestière de 2040 en Abitibi-Témiscamingue

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Le 83e congrès de l'Association forestière de l'Abitibi-Témiscamingue (AFAT) a réuni plus de 140 personnes mardi et mercredi à Rouyn-Noranda. Organisé sous forme de forum, l'événement invitait les participants à réfléchir à l'avenir forestier de la région et à identifier des priorités d’ici 2040.

Une prise de décisions régionales, une valorisation du secteur en enseignement, une meilleure attractivité des localités, des projets de cogestion avec les Premières Nations et la création d’une zone d’innovation forestière sont des priorités qui sont ressorties des ateliers.

Différents acteurs du milieu étaient présents, dont des représentants de la forêt privée. Stéphane Paul, directeur du Syndicat des producteurs de bois de l'Abitibi-Témiscamingue, est d'avis que des investissements gouvernementaux majeurs sont nécessaires.

Stéphane Paul pose debout dans une grande salle.

Stéphane Paul, directeur du Syndicat des producteurs de bois de l'Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Les producteurs sont résilients, on a toujours survécu aux crises forestières, rappelle-t-il. Présentement c’est difficile, parce que les propriétaires ont moins de volume à mettre en marché considérant les récentes fermetures d’usine. On espère qu’il y ait une mobilisation des acteurs pour qu’on soit capable éventuellement de trouver d’autres débouchés pour ce bois-là.

Avec un nombre plus élevé d’inscriptions cette année, Marie-Ève Sigouin, présidente de l’AFAT, expliquait mardi à l'émission Des matins en or qu’elle observait une mobilisation du milieu.

Sachant aussi qu’on est dans un contexte de changements climatiques, qu’il faut s'adapter, qu’il faut augmenter la résilience des forêts, on est à l’aube d’un nouveau régime forestier, donc il y a beaucoup de choses qui changent, a-t-elle souligné.

Toujours lors de cette entrevue, Mme Sigouin a rappelé que le nombre d’usines forestières et papetières était passé de 41 à 15 en Abitibi-Témiscamingue depuis 2005. À elles seules, les scieries sont passées de 28 à 6 sur cette période.

Régionaliser la forêt

À l’image de la dernière campagne électorale provinciale, l’idée de régionaliser la gouvernance, cette fois-ci pour la foresterie, fait beaucoup jaser.

L'idée séduit, mais les défis sont grands, soutient Frédéric Verreault, vice-président, affaires corporatives chez Chantiers Chibougamau.

Frédéric Verreault pose debout dans une grande salle.

Frédéric Verreault, vice-président affaires corporatives chez Chantiers Chibougamau.

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

De le faire atterrir, ce vœu pieux là, c’est un immense défi. Aujourd’hui et hier, on brasse la soupe, mais je n’ai pas l’impression qu’on a encore mis le doigt sur LA manière de faire atterrir ça. Donc, ça a beaucoup de mérite de réunir les gens dans une même salle durant deux jours pour faire avancer la réflexion, estime-t-il.

L’avenir passe selon lui par un virage de gestion de la forêt pour la traiter dans tous ses aspects, à 360 degrés.

Ce qu’on sait, c’est qu’il y aura plus de conservation du territoire en Abitibi-Témiscamingue et dans le Nord-du-Québec, mais ce qu’on souhaite, c’est qu’on ait l’ambition partagée que les ressources forestières génèrent en même temps plus de contributions au PIB, à l’enrichissement collectif, indique M. Verreault.

Élections de mi-mandat et la foresterie

La vague bleue des démocrates aux élections de mi-mandat aux États-Unis aura des impacts sur le secteur forestier en Abitibi-Témiscamingue et dans le Nord-du-Québec, anticipe Frédéric Verreault.

Ce dont on prend acte, c’est que les choses vont changer dans les prochains jours, les prochaines semaines. Dans quelle direction, on ne sait pas? Ce qui est indiscutable, c’est que ce qui se passe aux États-Unis a énormément d'impacts dans notre quotidien à nous, affirme-t-il.

Concrètement, juste au mois de juillet, les effets des perturbations en Iran, ça coûte plus d’un demi-million de dollars de transporter les copeaux des usines de sciage vers Lebel-sur-Quévillon, illustre le représentant de Chantiers Chibougamau.

Si une certaine stabilité est retrouvée aux États-Unis, la relance de construction de maisons neuves pourrait donner un nouveau souffle à la région. La nature des changements à venir avec l'élection demeure toutefois difficile à prédire, selon Frédéric Verreault.

Il ne faut pas non plus tomber dans le jovialisme simpliste, prévient-il, dans le sens où les démocrates ont un historique beaucoup plus protectionniste, hostile, au bois canadien que les républicains. C’est pour ça qu’on n’est pas en mode : "il faut sabrer le champagne".

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