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Sergueï Lavrov accuse Friedrich Merz d’avoir oublié les leçons de l’Histoire, au moment où Berlin durcit encore le ton.
Le maire de Leipzig, Burkhard Jung, ne prend d’ailleurs plus beaucoup de précautions oratoires. « Nous sommes dans une situation proche de la guerre », a-t-il déclaré, selon Le Parisien.
Berlin accuse Moscou, mais l’enquête judiciaire continue
Le gouvernement allemand affirme que les investigations policières, le mode opératoire et les renseignements recueillis permettent d’attribuer l’opération à la Russie. Un détail mérite cependant d’être conservé dans le dossier : Berlin précise lui-même que cette attribution est politique et non pénale. Les investigations judiciaires ne sont pas terminées.
Autrement dit, l’exécutif allemand a déjà désigné le responsable pendant que la justice poursuit encore son travail. Cela ne prouve évidemment pas l’innocence de Moscou. Mais lorsqu’on commence à employer le vocabulaire de la guerre entre puissances nucléaires, attendre des éléments solides et vérifiables ne paraît pas être un luxe extravagant.
Le drone, équipé d’explosifs, avait été retrouvé à proximité d’appareils ukrainiens. Son système de mise à feu n’avait pas fonctionné.
La désescalade allemande commence par fermer les portes
Berlin a choisi une réponse présentée comme ferme mais « sans escalade ». Le menu est pourtant copieux. Le ministère allemand des Affaires étrangères a annoncé la fermeture du consulat général russe de Bonn à compter du 18 septembre, la dénonciation de l’accord concernant la Maison russe de Berlin, un durcissement des contrôles visant les ressortissants russes et de nouvelles mesures européennes contre Moscou.
L’Allemagne promet également d’accentuer la pression sur la flotte commerciale russe, de poursuivre son aide militaire à l’Ukraine et de renforcer ses efforts au sein de l’OTAN.
Pour éviter l’escalade, donc, Berlin ferme un consulat, prépare de nouvelles sanctions, arme Kiev et resserre les rangs avec l’Alliance atlantique. Il ne manque plus qu’un autocollant « paix » sur les chars pour compléter le dispositif.
Lavrov : « Ils veulent à nouveau la guerre »
La réponse russe n’a pas davantage emprunté le chemin de la modération. Dans un entretien accordé à la télévision russe Vesti et rapporté le 6 septembre par Anadolu, Sergueï Lavrov a qualifié la séquence de « début d’une vraie guerre ».
« Ils veulent à nouveau la guerre », a lancé le ministre russe des Affaires étrangères, en rapprochant les fermetures diplomatiques actuelles de celles intervenues avant la Seconde Guerre mondiale.
Lavrov s’en est également pris à Friedrich Merz et à son ambition de bâtir l’armée la plus puissante de l’Union européenne. Selon lui, le chancelier allemand « nous déclare essentiellement la guerre » et « les leçons de l’Histoire n’ont pas été retenues ». La comparaison historique appartient à Lavrov. Mais le niveau de langage employé donne une idée assez précise de l’état des relations entre Berlin et Moscou.
L’OTAN et l’UE déjà dans la boucle
L’Allemagne indique travailler étroitement avec ses partenaires de l’OTAN et de l’Union européenne. Le Conseil des ambassadeurs de l’Alliance s’est réuni et Berlin a échangé avec Mark Rutte comme avec Ursula von der Leyen.
La mécanique est désormais familière : incident, attribution, sanctions, consultations avec l’OTAN, nouvelles mesures militaires. Chaque camp assure répondre à l’autre et personne, bien entendu, ne se considère comme celui qui monte d’un cran.
Personne n’a déclaré la guerre. Mais à Leipzig comme à Moscou, on commence sérieusement à en parler.


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