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Comme lors de la pandémie, la crise sécuritaire à Bruxelles exige une mobilisation massive, multidisciplinaire. En un mot, une union sacrée. Loin des tiraillements politiques actuels, nos dirigeants doivent prendre de la hauteur. Pour apporter une réponse concrète à un enjeu grave. Les élections de 2029 sont trop éloignées pour que le sujet s'embourbe dans des slogans de campagne.

En convoquant tous les responsables, il n'y aura plus de place pour se défausser, minimiser son rôle ou ignorer sa responsabilité personnelle. Ce "conseil de crise" devrait comprendre le ministre-Président bruxellois, les bourgmestres des communes concernées, les ministres de l'Intérieur et de la Justice, mais aussi ceux des Pouvoirs locaux, de l'Asile et de la Migration, de l'Aide à la jeunesse, de la Santé et de l'Éducation. Cette composition a l'avantage de couvrir toutes les compétences et, cerise sur le gâteau, d'impliquer des élus MR, PS, Engagés, CD&V, Vooruit, Anders et N-VA. Chaque parti devra prendre sa part.

Commandement unique, caméras centralisées, centres fermés, prévention...: les bourgmestres bruxellois s'accordent sur une ligne face aux fusillades

Mais cette task-force ne peut pas être un bidule de plus. Elle doit déboucher sur des décisions, un calendrier et des responsabilités clairement établies. Qui agit, avec quels moyens – existants ou à prévoir – et surtout, dans quels délais ?

Car la difficulté de la lutte contre le narcotrafic est précisément là. La politique doit décider, la police enquêter, la justice condamner, les communes intervenir, l'aide à la jeunesse prévenir, l'école identifier les jeunes en décrochage… Mais, aucun de ces acteurs ne peut, à lui seul, régler un phénomène qui mêle criminalité organisée, économie souterraine, précarité et décrochage. Aucun.

Face aux trafics de drogue et aux mafias qui s'enracinent, il faut sortir des réflexes institutionnels belges et des sempiternelles querelles de compétences. Bruxelles n'a pas besoin de déclarations sans lendemain, mais d'action. Que ceux qui disposent d'une parcelle de pouvoir l'utilisent pleinement et de manière coordonnée. Ils seront jugés sur les résultats, pas sur leurs déclarations.

Renfort policier, couvre-feux, zones à accès limité : les autorités annoncent des mesures musclées contre le trafic de drogue à Bruxelles

Dans cette crise, les responsables politiques ne sont pas seuls en première ligne. Les policiers le sont également, tout comme les magistrats, les travailleurs sociaux, les enseignants… Sans oublier les habitants qui vivent quotidiennement la boule au ventre. Il faut désormais une réponse à la hauteur de ce qu'ils subissent.

Pas une nouvelle promesse. Des actes.

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