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"Ils nous ont tués" : bastion historique de la presse indépendante russe, le quotidien "Novaïa Gazeta" contraint de fermer sous la pression des autorités

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Connu pour ses enquêtes sur les violations des droits humains, la corruption et les violences institutionnelles, le quotidien a été expulsé de son siège historique de Moscou, après trente ans d'occupation.

Publié le 30/10/2026 09:38 Mis à jour le 30/10/2026 10:48

Temps de lecture : 1min

Une membre de l'association Reporters sans frontières rend hommage à la journaliste d’investigation russe Anna Politkovskaïa, membre de "Novaïa Gazeta" et assassinée en 2006, le 6 octobre 2021 à Paris. (VIRGINIE MERLE / HANS LUCAS / AFP) Une membre de l'association Reporters sans frontières rend hommage à la journaliste d’investigation russe Anna Politkovskaïa, membre de "Novaïa Gazeta" et assassinée en 2006, le 6 octobre 2021 à Paris. (VIRGINIE MERLE / HANS LUCAS / AFP)

"Le 9 novembre, nous éteindrons les lumières de notre maison, où nous avons vécu pendant trente ans ; nous couperons les serveurs et nous partirons. Le journal n’existe plus". Le journal Novaïa Gazeta, bastion historique de la presse indépendante en Russie, a annoncé, vendredi 30 octobre, sa fermeture sous la pression des autorités russes.

"Ils nous ont tués". C'est par ces mots que la rédaction de ce trihebdomadaire d’opposition, créé en 1993, a commencé sa lettre à ses lecteurs, publiée en français par Le Monde. "Par moment, ces années ont été désespérément amères, ont-ils détaillé. Amères, parce que c’est bien sous ce régime, et non dans les années 1990 livrées au banditisme, que nos collègues ont été assassinés pour des raisons politiques, pour avoir accompli leur devoir professionnel et civique". Nombreux journalistes passés par le titre sont cités, à l'instar d'Igor Domnikov, Iouri Chtchekotchikhine, ou encore d'Anna Politkovskaïa.

L'un des cofondateurs de Novaïa Gazeta et son ex-rédacteur en chef, Dmitri Mouratov, a été co-lauréat du prix Nobel de la paix en 2021. Il avait été récompensé pour ses "efforts visant à préserver la liberté d'expression" à la tête de la publication.

Connu pour ses enquêtes sur les violations des droits humains, la corruption et les violences institutionnelles, le quotidien va être expulsé de son siège historique de Moscou le 9 novembre, après trente ans d'occupation, tandis que parallèlement le système qui lui permettait de recevoir des dons a été bloqué, ce qui le prive "entièrement" de financement.

Plus tôt en octobre, le rédacteur en chef du titre, Sergueï Sokolov, avait été interrogé par les autorités russes. Son domicile avait aussi été dans le cadre d'une affaire pénale visant l'un de ses collègues, Oleg Roldouguine, arrêté en avril et assigné à résidence dans l'attente d'un procès.

Depuis le début de son offensive en Ukraine, la Russie a intensifié sa répression contre les médias indépendants et instauré un niveau de censure strict qui rappelle l'époque soviétique, poussant la grande majorité des journalistes indépendants à l'exil. Novaïa Gazeta est classé par Moscou comme "agent de l'étranger", une étiquette utilisée pour étouffer toute voix dissidente.

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