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«Ils doivent partir» : en Afrique du Sud, la colère monte contre l’immigration clandestine

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Par Amaury Coutansais

Le 2 juillet 2026 à 18h50

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Des manifestants antimigrants participent à une manifestation le jour d’une échéance officieuse fixée par des groupes antimigrants pour que tous les migrants sans papiers partent, à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 30 juin 2026.

Des manifestants antimigrants participent à une manifestation le jour d’une échéance officieuse fixée par des groupes antimigrants pour que tous les migrants sans papiers partent, à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 30 juin 2026. Oupa Nkosi / REUTERS

Des milliers de manifestants ont défilé mardi à travers l’Afrique du Sud, répondant à l’appel d’organisations qui avaient laissé jusqu’au 30 juin au gouvernement pour expulser tous les immigrés illégaux du pays.

«Mahambe» - («ils doivent partir», en langue zouloue) - ont scandé des milliers de manifestants à travers l’Afrique du Sud mardi. Plusieurs organisations hostiles à l’immigration clandestine avaient lancé un ultimatum : les clandestins devaient quitter le pays avant le 30 juin, sans quoi ils seraient menacés. Neuf cents personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre, en majorité des immigrés en situation irrégulières et des pillages ont été constatés dans plusieurs grandes villes, notamment Durban et Johannesburg, la capitale économique.

Cet ultimatum avait été annoncé en décembre 2025 par un chef zoulou traditionnel, Nkosikhona Ndabandaba. Une échéance reprise par de nombreuses organisations anti-migrants, dont March and March, fondée en 2024 par Jacinta Ngobese-Zuma, une ancienne animatrice de radio. Ce mouvement est devenu célèbre en 2025 en filtrant l’accès aux établissements de santé du KwaZulu-Natal, une région à l’est du pays.

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Des vols de rapatriements organisés

Depuis le début de l’année, il ne contrôle plus les abords des cliniques et hôpitaux, mais organise des manifestations, des patrouilles dans les quartiers et menace d’expulsions les migrants dans la rue. «À ce jour, plus de 25.000 ressortissants étrangers ont été rapatriés», a annoncé le National Joint Operational and Intelligence Structure (Natjoints), fin juin, qui coordonne les opérations de la police, de l’armée et des services de renseignements. Quinze mille Malawites ont quitté le pays, près de 1000 Ghanéens et environ 600 Nigérians. Ces deux derniers pays ont organisé des vols de retour pour plusieurs centaines de ressortissants.

Pour ces mouvements - dont March and March population est le fer de lance - les étrangers (environ 5,1% de la population, soit 3 millions de personnes, selon les chiffres officiels) sont coupables d’alimenter le trafic de drogue, l’insécurité et le chômage, qui touche près de 30% des travailleurs, et parfois davantage dans les catégories les plus basses. Ces migrants, souvent en provenance de pays en faillite économique ou en guerre, sont embauchés pour des emplois peu qualifiés à des salaires très bas, créant de fait une concurrence.

Regarder la vidéo Magasins fermés, trafic réduit, vols de rapatriement... En Afrique du Sud, la population se mobilise pour demander le départ des sans-papiers

Plusieurs gouvernements ont dû organiser des rapatriements en urgence en amont du 30 juin, devant l’afflux de ressortissants devant les emprises diplomatiques. Le gouvernement, quant à lui, promet un durcissement migratoire : renforcement des contrôles et des expulsions, sanctions contre les employeurs qui embauchent des clandestins... Mais ces mesures n’ont pas suffi à calmer les manifestants, qui ont maintenu cette date butoir du 30 juin hors de tout cadre légal et rejeté publiquement par les autorités gouvernementales. Par ailleurs, entre le 1er mars et le 29 juin le Natjoints a indiqué avoir recensé «103 affaires liées au sentiment anti-étrangers et arrêté 195 suspects».

En sus, un média d’enquête sud-africain, AmaBhungane , a démontré les liens entre March and March et l’entourage de l’ancien président, Jacob Zuma, destitué en 2017. Son arrestation en 2021 avait donné lieu à des émeutes dans plusieurs régions, et là aussi des migrants avaient été pris pour cibles. Cette collusion de fait avec les anciennes autorités a également incité au départ des migrants - surtout malawites - depuis Durban.

Ces manifestations ne sont pas les premières. Déjà en 2008, une vague de violence anti-migrants s’était abattue pendant deux semaines sur l’Afrique du Sud, causant une soixantaine de morts, et des dizaines de milliers de réfugiés. Le mouvement March and March a annoncé vouloir poursuivre ses manifestations jusqu’au départ de la totalité des clandestins.

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