Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

Ils descendaient pour que nous montions

14 hour_ago 11

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

Source : ericverhaeghe.substack.com – 7 juin 2026 – Eric Verhaeghe

https://ericverhaeghe.substack.com/p/ils-descendaient-pour-que-nous-montions?utm_source=substack&utm_medium=email#media-43fc978f-49b7-42f6-8903-1453a39ea98f

Abonnez-vous au canal Telegram Strategika pour ne rien rater de notre actualité

Pour nous soutenir commandez les livres Strategika : “Globalisme et dépopulation” , « La guerre des USA contre l’Europe » et « Société ouverte contre Eu

Pardonnez l’enfant des terrils, qui célèbre à sa manière les baracchi, les macaroni, et autres immigrés qui, il y a 80 ans sont descendus dans nos mines. Que reste-t-il de leur sacrifice ?

l y a quatre-vingts ans pour ainsi dire jour pour jour (le 23 juin 1946), la Belgique signait avec l’Italie un “accord charbon” qui prévoyait un système simple : l’Italie envoyait 2.000 mineurs par semaine en Belgique, avec une obligation de travail pour chacun d’eux pendant une durée minimale de 5 ans. En échange, la Belgique garantissait à l’Italie la vente de 200 kg de charbon par jour et par mineur fourni.

J’ai grandi au pied de l’une des mines qui accueillit ces travailleurs déportés (leur train depuis l’Italie était encadré par la gendarmerie belge…), pour ne pas dire esclaves. La mine a fermé trois ans avant ma naissance, mais j’ai bien connu les enfants de ceux qui étaient venus : nous fréquentions la même école primaire, partagions les mêmes ballons de football, et dépendions pour une large part des mêmes “narratifs” ouvriers.

En revanche, nous n’avons pas forcément partagé la même destinée.

En juin 1986, j’étudiais le latin et le grec à l’Athénée Royal Charles Rogier de Liège, et j’apprenais alors que j’étais admis en hypokhâgne au lycée Henri-IV. Aucun des petits Italiens que j’avais croisés à l’école primaire n’avait évidemment un tel privilège. La plupart d’entre eux n’ont même pas eu accès à l’enseignement général et leurs parents les ont la plupart du temps très tôt confiés à la formation professionnelle.

J’appartenais, en quelque sorte, au wagon médian – à tous les points de vue, j’y viens – du prolétariat liégeois d’après-guerre. Quarante ans avant mon départ pour Paris, la principauté de Liège bataillait pour reprendre l’exploitation minière après la défaite allemande. Et quarante ans après mon arrivée à Paris, il est grand temps de tirer quelques enseignements sur ce chapitre de 80 ans et sur la destinée des enfants du prolétariat pendant ce laps de temps.

Je sors de ma réserve relative et temporaire (je consacre une part de mon temps à tenir la promesse faite à ma soeur sur son lit de mort de raconter nos épreuves d’antan) pour dire quelques mots sur cette tranche d’Histoire, qui est aussi une tranche de mon histoire.

Ils sont descendus pour que nous montions

Il faut d’abord avoir le courage de dire des choses simples.

Je suis issu du lumpen prolétariat liégeois qui a bénéficié d’une chance tragique. L’Occupation à Liège fut d’une dureté que peu de Français sont capables d’imaginer, sauf les ch’tis qui ont subi l’administration militaire allemande directe. Peu de familles liégeoises ont échappé aux immenses souffrances de la guerre, à ces hivers glacés sans chauffage, sans viande, et pour les plus pauvres comme mon père, sans chaussures et sans matelas digne de ce nom pour dormir.

Mais ces épreuves épouvantables furent aussi une chance. L’impardonnable compromission de la monarchie belge avec le nazisme, le scandale de la collaboration rexiste, la symbiose entre l’élite flamande et l’occupant, puis l’obstination de Léopold III à revenir sur son trône, ont métamorphosé la société belge, probablement plus encore qu’en France la Libération n’a agi pour débloquer la société. Pour les lumpen prolétaires “de souche”, la remise en cause des élites en place a entrouvert des portes dont je peux me targuer d’avoir profité.

J’utilise délibérément le mot “entrouvert”, car on ne peut parler de mouvement massif (mais quel lumpen prolétariat a connu des progressions massives dans l’Histoire ?). Les réussites sont restées individuelles et rares. Elles furent puissantes dans l’immédiat après-guerre, mais la source s’est rapidement tarie. Je me félicite d’avoir profité des derniers wagons qui reconnaissaient le mérite. Dès les années 90, la “mobilité sociale” devenait l’exception, notamment sous l’effet de la massification de l’enseignement général.

Ce mouvement d’ascension des “souchiens” ne fut possible qu’avec l’arrivée en proportion industrielle d’immigrés. Jusqu’au début des années 60, ces arrivées étaient italiennes. Elles furent ensuite maghrébines, largement marocaines pour la Belgique, puis beaucoup plus internationales.

Tous ces nouveaux venus avaient une justification à l’époque : occuper les emplois dont les Belges ne voulaient plus, parce que trop durs, trop dangereux et souvent trop peu payés. Sur cette question du salaire, il faut être prudent, car les mineurs avaient des salaires très corrects, mais la pénibilité du métier était telle que, même en échange d’une somme d’argent enviable, les candidats se faisaient rares.

En ce sens, ils sont descendus pour que nous montions. La promotion sociale des natifs s’est bâtie sur leur remplacement dans les tâches les plus ingrates par des migrants. S’agissant de la mine, c’est une évidence qu’il faut répéter. Les bourgeois parisiens à l’Eugénie Bastié aiment colporter la rumeur selon laquelle il existerait une nostalgie ouvrière pour le travail manuel. Ce mythe est proche des divagations répétées (parfois par les supporters eux-mêmes) à l’occasion de la victoire du RC Lens sur les mineurs de père en fils.

Cette idée est grotesque et toxique, car elle fait le lit d’une propagande favorable à l’assignation ouvrière selon laquelle on choisissait d’être mineur. En vérité, ceux qui pouvaient échapper à la mine y échappaient dès qu’ils le pouvaient. Entendre un père hurler de douleur, au réveil, en crachant ses poumons pendant plusieurs heures pour retrouver un peu de souffle n’a jamais donné envie à aucun enfant de subir le même sort.

J’en profite pour rendre hommage à mon parrain Rosino que j’ai entendu souffrir en 2001, lorsque je suis allé passer quelques jours avec lui, à Jesolo di Lido, pour parfaire mon italien à l’approche des épreuves de sortie de l’ENA. Je revois encore le visage tendu de sa femme Eva, l’adorable Eva, ma marraine, qui, à la façon de tousser, que dis-je ? de cracher ses poumons ! le matin, de Rosino, tentait de calculer le nombre de jours qui lui restaient à vivre.

La médiane, ou la bascule

J’évoquais au début de ce post la notion de médiane dans cette histoire sociale plus compliquée qu’on ne l’imagine.

Dans ces quatre-vingt ans, je fus une “médiane” parmi d’autres parce que j’ai entamé mon “ascension” par le mérite quarante ans après la guerre, quarante après le début du grand chambardement social que la collaboration avec l’Allemagne a produit dans les élites… et il y a quarante ans. En ce sens, et à mon corps défendant, je puis me targuer d’être un témoin privilégié de ce qu’est l’histoire ratée de l’égalité des chances après-guerre.

Les enfants du baby-boom ont connu une redistribution des cartes. Là encore, il faut éviter les exagérations et les fantasmes. En 1945, ni la principauté de Liège, ni la France (a fortiori) ne repartent de zéro : une bourgeoise dominante existe, largement collaboratrice, et bien décidée à ne pas se laisser faire par les épurateurs. Néanmoins l’appel d’air existe au sortir de la Guerre, le monde change, et la possibilité pour un prolétaire de s’extraire de sa condition est probablement deux fois plus forte qu’avant-guerre. Le chiffre ne fait pas forcément rêver, car le robinet, s’il s’ouvre, reste rationné, mais l’évolution est notable. Polytechnique, Normale Sup, l’ENA, offrent une part insuffisante de réussites sociales, certes, mais plus élevées qu’aujourd’hui, et qu’hier lorsque l’antécédent existait.

Les grands wagons de la reconstruction passant, les Trente Glorieuses touchant à leur fin, les portes de l’eldorado se sont refermées. Les gens de la médiane le savent parfaitement. Ils ont vu de leurs propres yeux les mutations sourdes du système agir dans le silence général.

Si je dois parler de ma seule expérience, il est devenu assez vite évident, à partir de 1986, que le modèle se rigidifiait et même se crispait autour de ses certitudes. À Paris, pour exister, il fallait sortir d’une grande école, acheter rapidement un studio, éventuellement en couple, flatter les puissants et n’envisager de faire un enfant qu’une fois une situation acquise, c’est-à-dire vers vingt-huit ou vingt-neuf ans. Tout comportement déviant par rapport à cette norme indexée sur les chiffres de l’INSEE était rapidement repéré comme dangereux et à éliminer, c’est-à-dire à bannir, à diffamer, à “ghoster” pour éviter toute contamination.

Ce conformisme social existait, mais de façon moins étouffante, moins radicale, auparavant. Ceux qui ont décroché le baccalauréat dans les années 70 étaient moins soumis à des modèles rigides et pouvaient s’arroger des couloirs de nage libre sans risquer la relégation à coup de chuchotements, d’allusions, de constats prétendument factuels qui regorgeaient en fait de mépris social : “d’ailleurs, il habite le vingtième arrondissement !”, “au passage, sa femme est secrétaire de direction…”.

Au tournant des années 80, et cruellement, au tournant de la gauche mitterrandienne, la norme sociale a pris du poids, de l’assurance, de l’embonpoint, et la tolérance de la société française que j’ai connue en arrivant à Paris en 1986, n’a cessé de s’assécher pour se cramponner à des logiques de frontières fermées : on ne s’accouple pas entre classes sociales différentes, un pauvre n’est accepté que s’il courbe l’échine, renie ses origines et proclame sa honte de venir d’où il vient. Au fil du temps, ces principes se sont alourdis, enracinés. Dans le même temps, le visage des prolétaires changeait : moins de Français de souche, moins d’ouvriers formés au marxisme-léninisme, de plus en plus d’Arabo-Musulmans que le système pouvait plus facilement rejeter sans évoquer des notions de sélections sociales, mais simplement pour des raisons “culturelles”, au sens large.

Ainsi s’est terminée l’égalité des chances, à un point si étouffant qu’il a fallu inventer les “admissions” venues des “quartiers” dans les bons lycées, les bonnes classes préparatoires ou les grandes écoles, notamment à Sciences-Po, pour dissimuler l’éviction des “extérieurs”, des “prolos”, des “prols” et la fin de l’égalité des chances. La discrimination positive, on ne l’a pas assez répété, est l’alibi pour une sélection sociale sans pitié et sans prise en considération des potentiels qui défient le conformisme de la bourgeoisie dominante.

Depuis 1986, il est évident que ce mouvement de recul dans l’égalité des chances est constant. Il est plutôt linéaire. Il n’est pas manifestement brutal, mais il suit sa pente. Je l’ai dit, il se donne des alibis pour continuer sans susciter de protestations. On parle de “filières”, de “diversité” et autres balivernes, qui ne sont que des emballages cadeaux pour dissimuler un recul général du mérite détaché de l’origine sociale.

In fine, ces affichages trompeurs ont eu raison de la réalité. Combien notre système éducatif fabrique-t-il de cadres supérieurs chaque année ? Combien sont issus de milieux populaires ? Combien l’école Polytechnique intègre-t-elle de prolétaires ? Toutes ces questions sont occultées, enfouies, désormais, sous l’avalanche “marketing” de la discrimination positive.

La réalité est que l’égalité des chances est tombée au plus bas, et que, plus que jamais, l’assignation des pauvres à leur condition d’origine est un principe de notre organisation collective.

Et demain ?

Bref, je résume.

De 1945 à 1985, pour aller vite, les sociétés occidentales ont ouvert les vannes d’une certaines égalité des chances. Au tournant de 1985 (1981 serait plus approprié, car cette datation correspond à la mascarade de la gauche arrivant au pouvoir pour mieux étouffer le mérite et le remplacer par la “solidarité”), la caste dominante a refermé les conditions d’accès à ses rangs, sans le dire, sans forcément le savoir, mais cette raréfaction s’est imposée comme un fait, qui s’est par exemple traduit par un numerus clausus drastique dans l’accès aux emplois de médecins.

Depuis 1985, nous vivons cette réaction nobiliaire qui ne dit pas son nom. Le drame réside sans doute dans la passivité des classes populaires face à cette culture de la pénurie et de la sélection grandissante. Et, dans les premiers coupables de cette passivité, on trouve les “médians”, c’est-à-dire les prolétaires qui ont franchi le plafond de verre, et qui réfléchissent à deux fois à leur propre destinée avant de défendre les milieux populaires dont le chemin de progression est barré.

Le drame réside aussi dans le cynisme de la caste, qui considère que la mondialisation est son débouché naturel, et que la “scène nationale” n’existe plus, ou qu’elle n’a plus d’utilité. L’affaire des Gilets Jaunes en a donné un bon exemple : “qu’ils haïssent, pourvu qu’ils craignent !” Qu’importe si les Français ne sont pas contents, l’essentiel se joue ailleurs,

Deux questions s’imposent autour de ces constats :

  • la société française peut-elle “progresser” en tournant le dos à l’égalité des chances ?
  • quelles sont les conditions pour sortir de ce blocage ?

J’adorerais apporter des réponses définitives, optimistes, tranchantes, à ces questions élémentaires. Le problème est que je n’aime pas mentir et que je suis bien incapable aujourd’hui de dire de quel côté la balance va pencher. Intuitivement, j’aime espérer que la veuve et l’orphelin vont triompher des grands méchants, mais l’expérience montre qu’il faut être moins catégorique. Parfois, ce sont les méchants qui gagnent, et les pauvres ne s’en portent pas forcément plus mal, ou pas définitivement.

Un facteur essentiel à cette incertitude tient à la nature même de la révolution à laquelle nous assistons. Tout passe par la technologie. L’invention du numérique, et singulièrement de l’intelligence artificielle, sont autant de dés jetés en l’air, dont nous sommes bien incapables de savoir de quel côté ils vont retomber. Peut-être la sélection sociale à laquelle nous assistons aujourd’hui épousera-t-elle parfaitement les contours du capitalisme de surveillance que nous voyons poindre pour mettre sous contrôle la moindre critique du modèle social. Peut-être sera-ce l’inverse : la décentralisation des procédures rendra insupportable la centralisation étatique à laquelle nous assistons, et l’espérance de contrôle mourra-t-elle de sa belle mort.

Nous ne le savons pas aujourd’hui.

Comme toujours dans ces situations compliquées, la tâche est difficilement paradoxale :

  • d’un côté, il est de plus en plus évident que les libertés individuelles et la vie privée sont menacées… donc il est indispensable de reprendre notre destin en main en défendant nos libertés.
  • d’un autre côté, le conformisme gagne du terrain. Face au phénomène, une réaction trop “décalée” ne ferait que nourrir une forme d’extrémisme, ce qui serait contre-productif.

Nous voici, au moment du combat, partager sur la tactique à suivre. Et c’est probablement le lot de l’Histoire, que de ne savoir jamais la bonne attitude à tenir face à l’adversité.

Une seule certitude s’impose : nous avons des problèmes de nantis, que nous pouvons nous poser grâce au sacrifice de braves gens, dont le sacrifice même nous oblige. Les paysans de Campanie, de Sicile, des Pouilles, de Calabre, qui sont venus se remplir les poumons de silice dans nos mines ont-ils mérité de perdre leur souffle, leur âme, les meilleures années de leur vie, pour que nous ne sachions que faire pour défendre nos libertés ?

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway