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Il y a déjà deux ans, presque jour pour jour, Maxime Tandonnet, nous quittait brutalement, victime d’un AVC tôt dans la matinée du 22 septembre 2024. Pour lui rendre hommage, je souhaitais aujourd’hui partager ce très beau discours prononcé lors de ses funérailles par son ami Arnaud Teyssier. Il avait su trouver les mots justes pour parler de l’homme qu’était mon père, de son parcours, de ses convictions, mais aussi de sa générosité et de sa profonde liberté d’esprit.
Dominique et les enfants m’ont demandé – ils m’ont fait cet honneur – de prononcer quelques mots, au nom des amis de Maxime, et de ses collègues.
Au départ – il y a près de quarante ans -, nous étions un petit groupe de camarades, en PrépENA, puis à l’ENA.
Certains seront peut-être surpris d’apprendre que le souvenir qui, pour moi, vient en premier à l’esprit, ce sont des crises de fou rire – et le rire si singulier de Maxime.
Son désintéressement, aussi, et son mépris de la compétition pour la compétition. En témoigne un épisode des oraux du concours d’entrée à l’ENA. C’était l’épreuve de questions sociales, plusieurs candidats attendaient leur tour dans le silence et une certaine claustration. Parmi eux, un camarade de prépa de Maxime, qui devait le suivre par les vertus de l’ordre alphabétique. Maxime, lui, relisait des fiches. Il a convaincu son ami un peu prostré de lire celle qui portait sur les politiques de la famille. L’ami, quinze minutes plus tard, tirait ce sujet…
A cette époque, Maxime était déjà l’homme qu’il sera toujours : généreux, un peu décalé, comme suspendu parmi les êtres et parmi les choses.
Sa carrière est connue. C’était un homme public, comme en témoigne l’importante et prestigieuse assistance qui se réunit aujourd’hui. Dans un très bel article du Figaro, écrit par l’un de ses amis journalistes, Guillaume Perrault, tout est dit : ce désintéressement, encore et toujours, mais aussi la passion de servir, et cette énergie farouche qu’il mettait à se battre pour ses idées. Tout en accomplissant une carrière administrative impeccable, notamment depuis près de 25 ans à l’IGA – où nous étions quelques-uns à l’avoir encouragé à venir -, tout en servant avec loyauté le politique, en cabinet ou dans les cadres, il gardait toujours son libre-arbitre, sa liberté de plume. C’était normal, pour lui : il n’attendait rien, ni postes, ni honneurs. Il poursuivait en parallèle une carrière d’éditorialiste, et d’historien – s’attachant à des figures oubliées ou qu’il jugeait injustement traitées par la postérité, Tardieu, Georges Bidault, ceux qu’il appelait les « parias » de la République.
Peu le savent, mais cet esprit libre avait su séduire Philippe Séguin, à qui je l’avais présenté. Incroyable rencontre entre ces deux êtres décalés. Philippe Séguin l’estimait et le considérait, malgré l’apparence presque lunaire que pouvait prendre une discussion entre ces deux êtres de profond caractère qui paraissaient pourtant si dissemblables. C’est Maxime, d’ailleurs, qui était de permanence à l’Elysée lorsque la nouvelle de la mort de Philippe Séguin y parvint. Il me prévint, ce jour-là, après en avoir informé le président de la République.
Ce que Philippe Séguin appréciait chez Maxime Tandonnet, c’était bien sûr l’intelligence, la liberté d’esprit et de parole. Mais je crois qu’il avait senti aussi chez lui ce qui habitait depuis toujours ce haut fonctionnaire qui était aussi un intellectuel – au point de l’étreindre douloureusement au spectacle public de ces dernières années et plus encore de ces derniers mois : le patriotisme et le devoir d’Etat, ce service de l’Etat qui le portait et dont Charles de Gaulle disait, d’une phrase qu’aimait beaucoup Maxime je crois, qu’il est « le plus noble qui soit dans l’ordre temporel. »
Oui, après tout, c’est cela qui définissait le mieux Maxime dans sa vie publique – prolongeant la gentillesse et l’attention aux autres qu’il manifestait dans sa vie privée : la noblesse.





























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