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En politique, la fermeté pénale reste admirable tant qu’elle concerne uniquement les autres.
Cinq chefs d’accusation contre Michael Caruso
Michael Caruso, 67 ans, a été arrêté le 18 août 2026. Cet ancien représentant républicain, devenu greffier et contrôleur du comté de Palm Beach, fait l’objet de cinq chefs d’accusation criminelle : enlèvement, attouchements sexuels sur enfant, exhibition sexuelle, incitation d’un mineur et maltraitance ayant provoqué un préjudice psychologique.
D’après les éléments judiciaires rapportés par The Guardian, la victime présumée est un garçon de moins de 12 ans appartenant à sa famille. Les faits reprochés auraient eu lieu à plusieurs reprises en 2024 et 2025, pendant des vacances et des déplacements familiaux, notamment lors d’une croisière dans les Caraïbes.
Le Florida Department of Law Enforcement précise que l’enquête se poursuit et que d’autres poursuites pourraient être engagées.
DeSantis suspend son ancien allié
Ron DeSantis n’a pas attendu longtemps. Le gouverneur de Floride a suspendu Michael Caruso de ses fonctions dès l’annonce de son arrestation. Il a qualifié cette décision de « très facile » et estimé que son ancien allié se retrouverait dans « un monde de souffrance » en cas de condamnation.
Les deux hommes n’étaient pas de simples connaissances croisées dans un couloir. DeSantis avait publiquement salué Caruso, allant jusqu’à le présenter comme « une légende » pour son soutien à plusieurs textes particulièrement répressifs. En août 2025, il l’avait nommé à la tête du greffe du comté de Palm Beach.
Il soutenait la peine de mort pour les violeurs d’enfants
L’ironie est brutale. Lorsqu’il siégeait à la Chambre des représentants de Floride, Michael Caruso avait voté en faveur de la loi HB 1297 sur les agressions sexuelles contre les enfants. Signé par Ron DeSantis en 2023, ce texte autorise la peine de mort pour certaines agressions sexuelles commises sur des enfants de moins de 12 ans.
Caruso ne fait toutefois pas actuellement l’objet d’une accusation relevant automatiquement de cette peine. Le parallèle est politique et moral : celui qui réclamait la sanction suprême pour les agresseurs présumés demande maintenant que la justice prenne le temps d’examiner les preuves.
Son avocat, Jason Weiss, affirme que son client est innocent et qu’il entend contester vigoureusement les accusations. C’est son droit. Ce même principe devrait d’ailleurs survivre aux campagnes électorales, aux slogans martiaux et aux envies de potence prononcées devant les caméras.
Une précédente accusation évoquée dans un divorce
Des documents liés au divorce de Michael Caruso font aussi état d’une enquête menée en 2012 après une précédente accusation d’agression sexuelle sur enfant. Aucune poursuite n’avait alors été engagée et Caruso affirmait que son ancienne épouse avait fabriqué une fausse affaire.
Cette ancienne accusation ne prouve rien concernant le dossier actuel. Elle risque néanmoins d’intéresser les enquêteurs chargés de reconstituer les faits et d’évaluer les témoignages.
La Floride devra maintenant appliquer calmement la justice que ses dirigeants aiment promettre à grands cris. Pas celle des affiches électorales, mais celle qui protège les enfants, vérifie les faits et juge sur des preuves.


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