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Même si plusieurs Québécois semblent hésitants à consommer de la laitue à cause de l’épidémie de cyclosporose en cours aux États-Unis, il n’y a aucune raison de craindre la présence de ce parasite dans les produits d’ici.
« La laitue locale n’a pas de raison d’être incriminée là-dedans », a affirmé Sylvain Quessy, professeur retraité en salubrité alimentaire, en entrevue avec Le Devoir. « Ce n’est pas un mauvais réflexe de consommer moins de laitue. Mais pas [de consommer moins] de laitue locale. »
Une épidémie de cyclosporose, un parasite intestinal qui cause la diarrhée, est en cours aux États-Unis depuis le mois de mai. L’enquête des autorités américaines s’est étendue à 15 États. Au Michigan, le plus touché, 12 218 cas ont été recensés en date du 30 juillet, dont 193 ont nécessité une hospitalisation.
Lundi, les deux premiers décès liés à ce parasite qui se transmet par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les selles de personnes infectées ont été confirmés au Michigan. Les autorités ont précisé que ces deux personnes souffraient de pathologies sous-jacentes qui auraient pu être aggravées par cette maladie.
Selon un article du Journal de Montréal publié mercredi, les producteurs québécois de laitue ont vu leurs ventes diminuer de près de 10 % cet été, une baisse qu’ils attribuent aux craintes liées au parasite intestinal.
Des « lacunes » dans l’application des normes
Les autorités sanitaires américaines ont d’abord identifié la laitue iceberg en provenance des fermes mexicaines de la firme Taylor Farms servie dans les restaurants Taco Bell comme étant à l’origine de cette épidémie.
« La seule précaution utile, c’est de ne pas consommer de la laitue qui vient de cette ferme », affirme M. Quessy. L’expert recommande donc de vérifier la provenance des produits et réitère qu’il n’y a aucune crainte à avoir vis-à-vis les laitues québécoises et, de façon plus générale, canadiennes.
Le professeur retraité explique que les normes que les producteurs de laitue doivent respecter sont similaires au Canada, aux États-Unis et au Mexique, mais qu’elles peuvent être appliquées différemment. « Le plus important, c’est comment les autorités vont faire en sorte que ces systèmes sont bien appliqués et la fréquence avec laquelle ils vont vérifier que les systèmes d’assurance qualité sont en place », explique M. Quessy.
Selon lui, les normes d’hygiène ne sont pas appliquées de façon aussi « stricte » aux États-Unis ou au Mexique qu’au Canada. « J’ai beaucoup plus confiance dans un produit local que dans un produit mexicain. »
Le parasite microscopique, appelé Cyclospora cayetanensis, a besoin d’un climat tropical ou subtropical pour se propager. Il peut donc difficilement compléter son cycle d’infection dans les conditions climatiques qui prévalent au Canada, affirme M. Quessy.
Malgré tout, l’expert n’est pas étonné de la baisse de consommation de laitue québécoise observée cet été. « La perception du consommateur, c’est que par les temps qui courent, la laitue est un risque », résume-t-il.


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