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REPORTAGE - Malgré les frappes iraniennes sur le complexe gazier stratégique de Ras Laffan et un PIB attendu en chute de 15,7 %, Doha préserve le confort de ses habitants. Mais le riche émirat, qui a tout misé sur l’export de gaz naturel liquéfié, n’a d’autre débouché que le détroit.
Lola (*) ouvre son smartphone pliable et lance une vidéo. Baie de Doha, au Qatar. Des missiles strient le ciel dans la nuit, comme une pluie de météorites. Interceptées, les boules de feu explosent tels des feux d’artifice. La jeune femme hausse les épaules. « Forcément, cela fait toujours quelque chose de voir ça de son balcon », concède-t-elle, ses yeux bleus figés sur l’écran, en sirotant sa limonade au fruit de la passion. « Mais on s’est toujours senti en sécurité, on savait que ça n’allait pas durer. Très vite, on s’est habitué aux alertes et on n’a pas changé nos habitudes », reprend cette Espagnole expatriée avec son mari et leurs enfants. Les petites pulpes gélatineuses tourbillonnent dans son verre. Ce matin d’octobre, dans ce café ensoleillé, sur la marina de l’île artificielle The Pearl, dans la capitale de l’Émirat, la vie est douce. Une tablée de jeunes filles rigole en partageant le petit déjeuner.
À Doha, la guerre en Iran, qui domine l’actualité mondiale depuis…


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