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La conjointe de Bronson Paul, abattu il y a un mois par la police au sein de leur résidence de la Première Nation de Neqotkuk, conteste la version de la police selon laquelle il était armé au moment du drame. Jessica Paul raconte sa version des faits.
Jessica Paul réside encore dans la maison où s'est déroulé l'incident. C’est douloureux, mais c’est aussi le lieu où elle dit se sentir le plus proche de Bronson Paul. Car elle était présente, au moment des faits.
Des fois, je m’assois, et je lui parle, dit Jessica Paul, le regard tourné vers l’endroit de la cuisine où Bronson Paul a reçu une balle.

Jessica et Bronson Paul avec l'un de leurs enfants.
Photo : Gracieuseté : Jessica Paul
La GRC au Nouveau-Brunswick a rapporté dans un communiqué de presse le 19 janvier (nouvelle fenêtre) que des membres du Détachement de Perth-Andover se sont rendus dans une résidence de Neqotkuk la veille où une dispute familiale était en train de se dérouler .
Selon ce même communiqué, la situation a évolué rapidement au moment où un homme armé d’une arme tranchante se serait avancé vers les agents.
La GRC indique qu’une arme à impulsion a été utilisée (Taser) sans succès, à la suite de quoi, un agent a utilisé son arme de service. Bronson Paul a été transporté à l’hôpital où il est mort des suites de ses blessures.
Jessica Paul contredit cette version des faits et a voulu prendre la parole.
Je veux que tout le monde sache qu’il n’était pas armé et qu’il ne méritait pas ça , dit-elle. Je suis bien placé pour le savoir. J’étais là. J’ai tout vu.
La version de Jessica
Jessica Paul déclare que le 18 janvier, la police a été appelée parce que Bronson Paul était alcoolisé.
Quand les agents sont arrivés, dit-elle, Bronson Paul était dans la douche et ils se sont donc dirigés vers la porte de la salle de bain. Bronson Paul l’a ouvert, enveloppé d’une grosse serviette de bain bleu qu’il tenait d’une main près de son cou.
Je les ai entendu dire : "il a un couteau" , dit Jessica Paul. J’ai rétorqué ''Non, il n’en a pas.''
Elle dit que la police a alors utilisé le pistolet à impulsion électrique sur son conjoint, qui était encore dans la salle de bain. Ce dernier aurait ensuite réussi à se déplacer seul dans la cuisine, nu.
Elle se souvient que la maison était d’un calme inquiétant. Il ne luttait pas. Il ne disait rien. Personne ne disait rien , raconte-t-elle.
Elle affirme que les agents ont ensuite à nouveau utilisé le Taser sur Bronson Paul, qui a cette fois retiré les sondes qui étaient sur son corps.
C’est peut-être à ce moment qu’ils ont eu peur , avance Jessica Paul, ajoutant que son conjoint s’est alors tourné vers elle. L’un des agents a levé son arme.
Son arme était déjà sortie , précise Jessica Paul. Ils n’ont averti personne. Il n’y avait pas de temps. Il n’y a pas eu de "mettez vos mains en l’air", ou quoi que ce soit.

Des impacts de balles sont encore visibles dans la maison Jessica Paul. Elle en montre un ici, dans sa cuisine.
Photo : Michael Heenan/CBC
Jessica Paul se souvient avoir vu les deux premières balles atteindre la poitrine de son conjoint. Je me suis mise à crier : "non, non!", dit-elle.
Elle a tenté de courir vers lui. Ils ont tiré sur lui une autre fois et deux encore et puis il a fait une chute face la première, dit Jessica Paul. J’ai couru vers lui pour essayer d’arrêter le saignement.
Jessica Paul dit qu’elle n’arrivait pas à comprendre ce qui venait de se passer, elle ne cessait de demander aux agents : "Pourquoi ? Pourquoi ?" Je criais très fort : tu l'as assassiné!

Jessica Paul pointe dans la direction où l'agent de la GRC a tiré. Ses enfants étaient dans une pièce avoisinante.
Photo : Michael Heenan/CBC
Jessica Paul réclame justice.
Il y avait assez de policiers sur place pour une désescalade de la situation, en utilisant des méthodes différentes. Ils n’avaient pas besoin d’utiliser une arme , clame-t-elle.
La GRC a refusé de commenter les détails partagés dans cet article, indiquant qu’une enquête est en cours. Elle note que l’agent a été relevé de ses fonctions en attente des résultats de l’enquête.
Les agents étaient équipés de caméras d’intervention
L’Équipe d’intervention en cas d’incident grave (SIRT), la police des polices au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, mène actuellement une enquête sur cette fusillade.
Jessica Paul dit avoir été avisée par la SiRT qu’il existe une vidéo de la scène captée par une caméra corporelle.
Elle croit que ces images vont confirmer sa version des faits. Elle veut d’ailleurs les voir, même si les enquêteurs l’ont averti que cela pourrait lui faire revivre son traumatisme.

Bronson Paul avec et l'un de ses enfants.
Photo : Gracieuseté : Jessica Paul
Qu’est-ce qui pourrait être plus traumatisant que de l’avoir vécu?, ironise Jessica Paul.
La SiRT a confirmé à CBC que ce matériel existe, mais note qu’il n’est pas dans les pratiques standards de le rendre public. C’est en grande partie afin de protéger la vie privée des gens impliqués dans l’affaire , écrit la SiRT par courriel.
Si aucune accusation n’est portée, le rapport de l’enquête de la SiRT sera rendu public. Dans le cas contraire, le matériel capté par les caméras pourrait être présenté dans la procédure judiciaire.
Parallèlement au drame, un long processus de guérison s’est entamé dans la communauté de Neqotkuk, après la mort de Bronson Paul.
Le chef de la Première Nation de Neqotkuk, Ross Peley, a fait un appel à l’action auprès de la GRC, des gouvernements provinciaux et d’Ottawa afin que des changements radicaux dans le maintien de l’ordre dans les Premières Nations. Il estime que le problème est systémique.
D’après le reportage de Sis'moqon, de CBC


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