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Il faut deux Romands au Conseil fédéral. «Sofort, bitte»

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Publié le 08 octobre 2026 à 05:30. / Modifié le 08 octobre 2026 à 06:07. 2 min. de lecture

Cela n’est arrivé qu’une seule fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Nous sommes en 1966: l’affaire des Mirage pousse le Vaudois Paul Chaudet à la démission. Pour le remplacer, l’Assemblée fédérale élit le Tessinois Nello Celio. Pendant trois ans, il n’y a ainsi qu’un seul Romand au Conseil fédéral. Depuis, le gouvernement a toujours compté au moins deux francophones, parfois aux côtés d’un Tessinois. C’est ainsi depuis bientôt soixante ans.

Mais cela pourrait changer le 9 décembre prochain. Le successeur de Guy Parmelin pourrait bien être un Alémanique, laissant Elisabeth Baume-Schneider seule représentante francophone au gouvernement. C’est d’abord à l’UDC d’en décider: le parti doit proposer ses candidats à l’Assemblée fédérale. Or, à Berne, ce n’est un secret pour personne, la direction veut un Alémanique. Pour le premier parti de Suisse, il sera néanmoins acrobatique d’expliquer qu’aucun Romand n’a sa place sur le ticket. C’est faisable, mais la pilule passera mal auprès des sections romandes, à moins d’un an des élections fédérales.

Si toutefois un ticket «bilingue» devait lui être soumis, il reviendrait ensuite à l’Assemblée fédérale de faire son choix. Depuis 1999, la Constitution précise que «les diverses régions et les communautés linguistiques doivent être équitablement représentées au Conseil fédéral». La version française est contraignante. Pas la version allemande, qui se contente de demander «qu’on en tienne compte». Mais passons sur l’exégèse. Car c’est une question éminemment politique qui se jouera sous la Coupole ce jour-là.

En attendant le départ de Cassis?

Les élus pourraient être tentés de demander un peu de patience aux Romands. Si on table sur un possible départ d’Ignazio Cassis l’an prochain, la situation pourrait n’être que temporaire. Après tout, n’y a-t-il pas eu pendant un an une majorité de Latins? Et puis, pourquoi se focaliser sur le critère de la langue et pas sur celui des cantons urbains? Ou celui du genre? Ou, soyons fous, celui de la compétence?

Lire aussi: Podcast – Succession de Guy Parmelin: les Romands vont-ils garder leur siège?

En effet, ce ne serait pas la fin du monde. Mais la Suisse est faite d’équilibres permanents. Une fine mécanique dont chacun est le garant. Et c’est parce que l’on y prête attention que nous fonctionnons, et plutôt bien. Sans doute le pays survivrait-il à une période avec un seul Romand. Mais vu le dynamisme démographique et économique de la région lémanique, qui n’aurait plus de représentant, ce serait un mauvais message. Mauvais message aussi aux cantons alémaniques qui ont décidé de ne plus enseigner le français à l’école primaire. Mauvais message pour la présence romande à Berne qu’entraîne dans son sillage un ministre francophone. Mauvais message enfin pour la cohésion nationale, en cette période où le monde extérieur devient toujours plus hostile. Aux Romands donc de proposer des candidatures solides. Pour que l’on en ait deux au gouvernement. Sans attendre.

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