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À revenu égal, mieux vaut être retraité que travailleur salarié une fois pris en compte les impôts et transferts sociaux, conclut une étude.
La Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke mesure depuis longtemps la charge fiscale nette au Québec et ailleurs, c’est-à-dire l’argent que les travailleurs salariés doivent verser à l’État en impôt et en taxes moins les transferts sociaux et crédits fiscaux que les gouvernements leur accordent.
Ce qui n’avait pas encore été fait, note la chaire dans une étude dévoilée jeudi, c’est le même exercice pour d’autres types de ménages, notamment les personnes âgées à la retraite.
Les auteurs de l’étude ont ainsi pu constater qu’à revenu égal, les retraités bénéficient d’une charge fiscale nette inférieure à celle des travailleurs salariés en raison, notamment, « de cotisations sociales moindres et [de] l’existence d’allègements fiscaux et [de] prestations qui leur sont offerts ».
On pense notamment aux cotisations à l’assurance emploi, au Régime de rentes du Québec (RRQ) et au Régime québécois d’assurance parentale qui pèsent moins lourd sur les revenus des personnes âgées ou à des avantages fiscaux particuliers, comme le droit au fractionnement du revenu de retraite et les crédits d’impôt en raison de l’âge ou pour revenu de pension.
Si l’on se penche, par exemple, sur le cas d’un retraité célibataire de 65 ans moyen dont la pension fédérale de la sécurité de la vieillesse (8791 $), la prestation du RRQ (8106 $) et les autres revenus de pensions (33 131 $) totalisaient un peu plus de 50 000 $ en 2025, on constate que sa charge fiscale nette au Québec s’élevait à 11,8 % de ses revenus (5915 $). Or, la contribution nette d’un travailleur salarié célibataire de 35 ans qui gagnait le même revenu aurait été 21,7 %.
L’écart entre les deux types de contribuables grandit un peu à mesure que diminuent leurs revenus. Un retraité et un salarié qui disposent de revenus moitié moindres que la retraite moyenne (25 014 $) affichent ainsi une charge fiscale nette négative — un montant de prestations gouvernementales qui surpasse les impôts et cotisations à payer — à raison d’un taux de -16,2 % pour le premier et de -1,6 % pour l’autre.
L’écart se réduit à mesure que leurs revenus augmentent, les retraités et les salariés affichant une charge fiscale nette de 24,2 % et 30,4 % respectivement lorsque leurs revenus atteignent 167 % de la retraite moyenne (83 547 $).
Ces grandes tendances sont généralement vraies aussi lorsqu’on regarde du côté des couples de retraités par rapport aux couples de travailleurs, rapportent les chercheurs.
Une charge fiscale plus basse au Québec
Lorsqu’on compare le sort réservé aux retraités dans les différentes provinces canadiennes, on constate que le Québec affiche une charge fiscale nette généralement plus faible, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador et du Nouveau-Brunswick, ainsi que des retraités aux revenus les plus élevés. À l’inverse, l’Ontario, l’Alberta et le Manitoba se classent souvent comme les provinces où la charge fiscale nette est la plus élevée pour les aînés.
La charge fiscale nette devient encore plus basse au Québec lorsque les retraités passent le cap des 70 ans, entre autres en raison de son crédit d’impôt pour soutien aux aînés.
Tous ces résultats tiennent à un ensemble de facteurs, expliquent les chercheurs de l’Université de Sherbrooke. Ils évoquent notamment une fiscalité et des programmes provinciaux plus généreux. Mais ils parlent aussi du coût de la vie et des revenus de retraite plus faibles au Québec et dans les provinces de l’Atlantique, qui se traduisent par des impôts à payer moins élevés, en plus de rendre les transferts fédéraux dont le montant est uniforme à la grandeur du Canada, comme la pension de Sécurité de la vieillesse, proportionnellement plus généreux.


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