«Notre département devrait être un laboratoire politique pour la droite, affirme d’emblée Charlotte Faucheux. LFI a quasiment réalisé un strike aux dernières élections législatives. Il y a des leçons à en tirer.» Agée de 23 ans, la jeune femme termine actuellement un master en Affaires publiques européennes à l’Université de la Sorbonne. Elle s’est engagée en 2022 chez Les Républicains après avoir été séduite par le programme de Valérie Pécresse. Et surtout, cette native d’Aulnay-sous-Bois avait «une vision positive de ce que la droite a pu faire» dans sa commune. D’ailleurs, son maire et secrétaire départemental LR, Bruno Beschizza, a été réélu au printemps dernier. A la différence d’autres édiles emportés par la vague rouge qui s’est abattue sur le département francilien. «Je crois que certains candidats n’étaient pas assez préparés. Je veux dire par-là que ce n’est pas tant leur bilan qui était en cause, mais, peut-être, n’ont-ils pas réussi à incarner leurs propositions au-delà de l’étiquette politique. Nous sommes dans un territoire de gauche et ici, plus qu’ailleurs, il faut jouer sur sa personnalité», avance la conseillère municipale aulnaysienne, dont le discours sur les manques des étiquetés LR éclaire d’autant mieux la victoire médiatique et politique du charismatique nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko.
Aux élections européennes puis aux élections législatives, Charlotte s’est investie dans tout le département avec la vingtaine d’adhérents «très actifs» sur la soixantaine que comptent les Jeunes Républicains en Seine-Saint-Denis. Ce chiffre est relativement peu élevé compte tenu du fait que ce territoire au nord de Paris est l’un des plus jeunes de France. Mais, à l’impossible nul n’est tenu. «Nous avons tracté dans des villes comme Les Lilas où les habitants n’avaient pas vu un militant de droite depuis quinze ans», s’exclame-t-elle.
Le premier épisode: «Au marché, on nous traite de staliniens»: être Insoumis à BiarritzBruno Retailleau? «Trop clivant»
Convertir les riverains des quartiers populaires, où le ciel est obstrué par les immeubles et la misère un horizon sans fin, demande certainement du panache et… un discours plus adapté. «Il faut filtrer les propos tenus par les leaders du parti, reconnaît la militante. Par exemple, lorsque des élus et membres LR ont fait le choix de rejoindre le RN, nous avons expliqué aux habitants que notre parti ne pouvait se résumer à ces départs. Nous avons mis en avant d’autres figures politiques comme celle d’Aurélien Pradié.» Il n’y a pas de formules magiques pour convaincre les électeurs, juste des sensibilités à mettre en avant. Le député de la 1re circonscription du Lot, qui a d’ailleurs quitté Les Républicains, est connu pour incarner une ligne droite sociale. «Je préfère dire droite chiraquienne. En Seine-Saint-Denis, ce qui marche est la droite populaire», souligne Charlotte.
A quelques mois de la présidentielle, celle qui a été un temps vice-présidente des Jeunes Républicains espère que face à la multitude de candidatures au centre et à droite, une union comme «celle du temps de l’UMP» va aboutir. Sans quoi, il faudra vanter le programme et la personnalité de Bruno Retailleau. Un nouveau défi. «Il vient de la Vendée et son langage n’a rien à voir avec notre réalité locale, étaie-t-elle. J’ai des amis qui approuvent son positionnement. Je ne pense pas qu’en Seine-Saint-Denis, Bruno Retailleau puisse réussir à s’imposer. Ses idées sont trop clivantes et raides.» Cela explique peut-être cela: Charlotte se donne l’été et attend la rentrée avant de décider si elle va aller tracter pour le président du parti Les Républicains.
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