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Alors que le gouvernement manitobain envisage d'interdire les robots conversationnels de l’intelligence artificielle aux moins de 16 ans, la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) mise sur l'éducation, l'esprit critique et un usage responsable de ces outils.
À la DSFM, l'intelligence artificielle fait d'ailleurs déjà l'objet d'un encadrement officiel. Depuis plusieurs semaines, la division scolaire applique des lignes directrices qui visent à favoriser une utilisation responsable de ces outils par les élèves et le personnel.
L'intelligence artificielle n'est pas notre ennemie. Au contraire, on veut l'apprivoiser pour pouvoir l'utiliser à bon escient, explique Luc Brémault, le directeur général adjoint de la DSFM.
Les directives mettent notamment l'accent sur la transparence, la protection des renseignements personnels et le développement de l'esprit critique chez les élèves.
La DSFM encourage notamment l'utilisation de l'outil Copilot de Microsoft, intégré à son environnement numérique, afin de mieux protéger les données personnelles des utilisateurs.
On verra ce qu'on nous propose et puis on réagira en conséquence, sachant bien qu'on encadre déjà bien notre personnel et nos élèves.

Denys Kotochihov, Shamira Salazar, Qyra Francisco, Mary Wah et Chuol Monybuny utilisent les agents conversationnels IA de manière éducative.
Photo : CBC / Alana Cole
Une interdiction qui pose problème à l’École General Wolfe
Denys Kotochihov, un élève d'origine ukrainienne qui est en 8e année, utilise des robots conversationnels pour trouver des idées et apprendre l’anglais.
Qyra Francisco, élève de 8e année, affirme que les robots conversationnels lui permettent de répondre à des questions sur les devoirs scolaires quand ses parents ne peuvent pas l'appuyer.
Pour les familles d’immigrants comme certaines d’entre nous, nos parents n’ont pas eu la chance d'avoir une bonne éducation, et certains d’entre eux n’ont même pas terminé leurs études universitaires, précise-t-elle.
Shamira Salazar, en 9e année, estime qu'il faut des restrictions adaptées à l'âge plutôt qu’une interdiction totale.
Il y a du mauvais contenu sur les réseaux sociaux, reconnaît-elle. Mais les jeunes d’aujourd’hui utilisent les réseaux sociaux pour entrer en contact avec d’autres personnes, s’exprimer et s’informer.
Donovan Ponce, enseignant en STIM auprès des élèves de 7e année, estime que la réflexion qui entoure ces outils technologiques montre une autonomie grandissante chez les jeunes apprenants.
L’enseignant apprend à ses élèves à utiliser de manière responsable des robots conversationnels. Il a constaté leur efficacité pour générer des idées de projets et simplifier des textes.
Donovan Ponce souhaite que la province établisse des balises claires sur le moment et la manière d'initier les élèves à l’intelligence artificielle.

La directrice de l'École General Wolfe, Susan Darazsi, affirme qu'il est essentiel d'informer les élèves sur les plateformes qu'ils utilisent en ligne.
Photo : CBC / Tyson Koschik
La directrice de l’École General Wolfe, Susan Darazsi, estime qu'il est primordial de montrer aux élèves comment utiliser la technologie et les plateformes en ligne de manière appropriée.
On apprend en même temps que les jeunes. En réalité, je dirais qu’ils nous devancent parfois, Donc il nous faut rattraper ce retard et découvrir comment accompagner ce nouveau parcours
Susan Darazsi note que les élèves discutent déjà de tactiques pour contourner une éventuelle interdiction.
Jeudi dernier, le premier ministre manitobain, Wab Kinew, a indiqué que son gouvernement veut mettre en place cette interdiction, car ce sont des outils qui causent la dépendance, qui tirent profit de l’attention des enfants et qui causent des dommages à leur santé mentale.
Le gouvernement manitobain est en train d’investir dans l’outil MERLIN (Manitoba Education Research and Learning Information Networks). Cet outil est décrit comme un dispositif en ligne qui soutient l’utilisation de la technologie pour améliorer les services éducatifs.
Wab Kinew a déclaré que, même en cas d'interdiction, il serait favorable à ce que la province utilise des outils d'IA dans les écoles s'il existait un moyen de les développer dans un environnement contrôlé et sécurisé pour les enfants.
Avec les informations d'Alana Cole


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