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Hydro-Québec est autorisée à poursuivre le travail de démantèlement de l’installation nucléaire Gentilly-2 à Bécancour. Son permis de déclassement vient d’être renouvelé pour une période de 20 ans par la Commission canadienne de sûreté nucléaire.
L’annonce suscite l’inquiétude chez plusieurs groupes antinucléaires qui se disent perplexes.
En raison du démantèlement graduel du site, la Société pour vaincre la pollution (SVP) redoute notamment des risques potentiels de contamination radioactive.
De son côté, Hydro-Québec dispose maintenant de toute la latitude nécessaire pour accélérer la réfection de ce site nucléaire désaffecté.
En effet, la Commission canadienne de sûreté nucléaire prolonge son permis jusqu’en 2046.
Une condition est toutefois posée, celle de faire un bilan complet des actions réalisées, à mi-parcours, dans 10 ans. L’organisme réglementaire dit conclure qu’Hydro-Québec est qualifiée pour faire le travail.
Parmi les gestes qui seront posés figure la démolition de bâtiments et des structures devenus inutiles sur le site, et qui sont peu, ou pas, contaminés.
La société d’État indique que cela permettra d’éliminer les risques de nature technique et financière, en plus de réduire le legs aux générations futures liées à la gestion du site .
Un travail délicat
Le mouvement antinucléaire croit que ce qui reste à faire en matière de démantèlement sera un travail à haut risque.
C’est parfois plus dangereux de démolir une centrale nucléaire que de l’opérer, puisqu’il y a beaucoup de déchets qui sont accumulés avec les années , souligne Daniel Green, coprésident de la Société pour vaincre la pollution (SVP).
Michel Duguay, physicien nucléaire retraité et opposant de longue date à Gentilly-2, reconnaît les compétences d’Hydro-Québec pour mener à bien le démantèlement, bien qu’il demeure « méfiant face à l’influence du lobby nucléaire ».
Le lobby nucléaire est puissant. Ils ont été subventionnés dans les quelques dernières années pour s’occuper, justement, des déchets radioactifs , fait-il remarquer.
Une fois ce permis de 20 ans expiré, le démantèlement entrera dans une étape charnière : le transfert du combustible irradié. Cette opération rappelle celle menée secrètement l’an dernier depuis Gentilly-1 vers l’Ontario.
Il est prévu que ce travail délicat se déroule entre 2048 et 2054.
D’ailleurs la SVP craint, à la lecture d’un rapport d’observation d’Hydro-Québec, que des émanations radioactives soient survenues lorsque le combustible de Gentilly-1 a été déplacé.
En lisant le rapport d’Hydro-Québec 2025, on a remarqué que les équipements de surveillance [de la société d’État] dans le complexe Gentilly, qui inclut Gentilly-1, ont noté une pollution radioactive importante , admet M. Green.
Hydro-Québec s’engage à maintenir une communication transparente avec la population concernant les activités à Gentilly-2.
Le processus de réhabilitation est un projet de longue haleine qui devrait s’échelonner jusqu’en 2074.


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