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Hugues Sweeney veut transformer Télé-Québec

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Télé-Québec a trouvé en Hugues Sweeney le successeur de Marie Collin, qui a occupé le rôle de présidente-directrice générale de la société d’État pendant 10 ans. Détenteur d’une maîtrise en médias interactifs, le gestionnaire de 53 ans a passé 20 ans dans le service public (d’abord à Radio-Canada, puis à l’Office national du film) et a aiguisé ces dernières années son œil pour les changements technologiques — des compétences qui l’aideront, souhaite-t-il, à faire de Télé-Québec un « leader national et international en transition numérique » d’ici la fin de son mandat de cinq ans.

« Moi, ce qui me motive, ce sont les transformations », résume Hugues Sweeney, rencontré dans les bureaux de Télé-Québec lundi, le jour même où il entrait en poste. Sa trajectoire professionnelle en témoigne : il était de la fondation de la défunte chaîne laboratoire Bande à part en 1999 pour Radio-Canada, où il a aussi joué un rôle dans la mutation de la Chaîne culturelle, devenue Espace Musique, puis ICI Musique.

Il a occupé le poste de producteur principal du studio interactif de l’Office national du film de 2009 à 2019. Au fil de sa carrière, il n’a cessé de s’intéresser aux changements dans le monde de l’audiovisuel — « même lorsque j’ai quitté le service public pour me diriger vers le privé », chez Thinkwell Studio en 2019, « un studio indépendant qui changeait de marque pour devenir le bras créatif de l’organisation ».

Hugues Sweeney aime les transformations, et il sera servi dans ses nouvelles fonctions. C’est le dépôt, l’automne dernier, du rapport du Groupe de travail sur l’avenir de l’audiovisuel au Québec (GTAAQ) qui l’a motivé à déposer son curriculum vitæ (après qu’une tête chercheuse l’eut intéressé au poste). Parmi les 76 recommandations du rapport conçu pour inspirer une stratégie nationale pour « rétablir et renforcer le lien entre les publics et les contenus québécois », de nombreuses — et importantes — concernent Télé-Québec, que le groupe de travail souhaite voir devenir « le catalyseur économique et culturel de l’audiovisuel québécois ».

« Un projet de société »

« Ce rapport du GTAAQ est un projet de société en soi, dont Télé-Québec est une pièce maîtresse », estime le nouveau p.-d.g., qui partage cet aspect crucial de la vision de sa prédécesseure, c’est-à-dire la nécessité pour la société d’État québécoise de rebâtir des ponts avec les jeunes.

« La mission de Télé-Québec, elle est en culture et en éducation, soutient M. Sweeney. Télé-Québec a un historique fort dans sa production jeunesse. On est dans une période où on fait face à un vrai défi — certains appellent ça une crise, d’autres l’érosion des publics. Il faut se demander où sont les publics jeunesse lorsqu’on s’inquiète du sort des productions francophones, les œuvres qui transmettent notre identité. Il y a une opportunité à saisir : la vision d’avenir de Télé-Québec sera ancrée dans cette relation avec les jeunes. On ne fera pas que du contenu jeunesse, mais ce sera une priorité. »

« Quel est le type d’expériences que le public veut vivre aujourd’hui, et par quels canaux vont-ils les vivre ? Comment engager une conversation avec ces auditoires-là ? » Voilà les questions que le p.-d.g. et son équipe se poseront durant la première année du mandat de M. Sweeney. « La tech, les plateformes, tout ça participe à des cycles de transformation si rapides, si rapprochés, qu’il faut d’abord bien comprendre à qui on s’adresse et comment nourrir la conversation avec eux », analyse-t-il.

Le rapport du GTAAQ proposait des recommandations ambitieuses pour l’avenir de Télé-Québec et suggérait de tripler son financement, en le portant à près de 300 millions de dollars (en dirigeant dans le média public une partie des revenus de la TVQ appliquée sur certains produits, comme les appareils intelligents ou les abonnements aux plateformes étrangères) pour lui donner les moyens de ses ambitions.

On surveillera mercredi le dépôt du budget du gouvernement pour y lire des signes d’un engagement financier concret. « Je me battrai pour réclamer un meilleur financement de Télé-Québec ; cela étant dit, si on continue à faire les choses telles qu’elles sont, avoir un plus grand financement ne changera rien. Ce qu’il faut transformer avant tout, c’est la culture de conception, de production et de diffusion [de nos œuvres], il faut faire les choses autrement », dit-il.

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