NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway

INTERVIEW CROISÉE - Dérive autoritaire de son héroïne, le siège médiéval brutal de Chutebourg, le créateur de la saga et sa star reviennent sur les rebondissements controversés de cette troisième saison.
Passer la publicité Passer la publicitéC’est une tradition. À chaque fin de saison de House of the Dragon, le créateur de la série Ryan Condal décrypte dans une conférence de presse ses intentions et rebondissements controversés. Pour l’épilogue de sa troisième saison qui se termine sur le siège sanglant de la paisible place marchande Chutebourg, il avait demandé à son héroïne Emma D’Arcy de l’accompagner dans cet exercice. L’interprète de Rhaenyra lui a prêté main-forte pour dépeindre la pente autoritaire sur laquelle glisse son personnage : la reine Rhaenyra. Attention spoilers !
TV MAGAZINE. - Pourquoi avoir ouvert et fermé cette saison sur deux grandes batailles, celles respectivement du Gosier et de Chutebourg ?
Ryan CONDAL. - Ce défi nous a amusés et cela s’est imposé de lui-même. La guerre civile de la danse des dragons est à son apogée. Cela engendre des séquences spectaculaires. La difficulté est moins dans l’ampleur des séquences que les points de vue qu’elle doit contenir. Nos personnages principaux n’y prennent pas tous part. Pour Chutebourg, nous voulions mettre en scène un siège médiéval classique. Il fallait trouver un moyen de ne pas faire intervenir les dragons et revenir à un combat plus égalitaire d’homme à homme. C’est pour cela qu’Ormund s’en prend à une ville loyale à la reine. Il sait qu’elle réfléchira à deux fois avant de la torcher.
Quel regard portez-vous sur la transformation de Rhaenyra en tyran ?Emma D’ARCY. - Je ne suis pas sûre que Rhaenyra admette que son règne soit devenu tyrannique. Elle a externalisé sa conscience. Daemon symbolise son ego, son moi profond. Mysaria est sa conscience et Alicent son juge. Rien n’est plus satisfaisant d’envoyer son juge au cachot, et de temps en temps lui demander son avis. Il était crucial que sa transformation autoritaire soit crédible et de montrer comment l’empathie naturelle de Rhaenyra s’est effritée au fil des deuils et des événements.
R.C. - Le nœud du problème a toujours été de savoir si Westeros pouvait accepter une femme sur le trône. Comment cette pression impacte la capacité de Rhaenyra à gouverner ? Elle est déchirée entre la philosophie humaniste de Viserys, reprise en partie par Mysaria et Alicent, et la vision du pouvoir de Daemon, qui jure par le feu, les dragons et le sang, gouverné par des dragons, qui refuse tout compromis. Rhaenyra peut-elle gouverner comme son père ou doit-elle se rallier à la méthode de Daemon pour garder le contrôle à tout prix ?
Emma, un mot sur votre nouveau costume en cotte de mailles ?
E.D. - J’étais enthousiaste. C’est la première fois que nous voyons Rhaenyra réfléchir à l’image qu’elle veut projeter et participer activement à une forme d’iconographie fasciste. Nos costumiers ont fait un travail formidable avec ce vêtement et capuche faits de nickel entrelacé
Rhaenyra semble suivre la même orbite destructrice que Daenerys dans Game of Thrones ?
R.C. - Je trouve merveilleux que les gens établissent des parallèles entre les deux séries. Bien sûr qu’il y a des échos et des jeux de miroirs intentionnels, soit subliminaux. Au cœur de l’univers de George R.R. Martin il y a l’attraction qu’exerce le Trône de Fer. Quelle emprise exerce-t-il sur ses occupants ? La grande différence entre Rhaenyra et Daenerys, c’est que Daenerys n’est arrivée au Trône de Fer qu’à la toute fin, après avoir détruit la ville. Rhaenyra récupère le trône et essaie de s’y maintenir. Elle ne peut être qu’altérée par cette quête. Comment le pouvoir corrompt et transforme de bonnes personnes en être cruels ou détruit les plus faibles comme Viserys.
E.D. - Le pouvoir devrait consolider celui qui s’assoit sur ce trône. Mais le fragilise. La stabilité du pouvoir est illusoire et ouvre un débat plus large : comment gérez-vous l’ego humain dans la sphère politique ?
R.C. - Game of Thrones était un récit initiatique et épique classique : nos héros doivent s’unir contre un ennemi commun, les Marcheurs Blancs, la terreur du Nord. House of the Dragon s’apparente davantage à une tragédie grecque ou shakespearienne. C’est une bataille de succession. Nous regardons à une dynastie qui se détruit de l’intérieur et annihile ce qui faisait leur supériorité (les dragons) pour des raisons d’ego, d’orgueil et de pouvoir.
Pourquoi avez-vous choisi de rendre publique la prophétie des Marcheurs blancs ? Pourquoi fallait-il que Rhaenyra la dévoile à ses sujets ?
R.C. - Cette anecdote ne figure pas dans le livre mais il fallait expliquer comment Rhaenyra était devenue si impopulaire. Nous avons vu cette révélation comme la possibilité de montrer la perception du peuple : les Targaryen disent des absurdités et cherchent à s’auto-glorifier. Ce moment, où Rhaenyra se proclame sauveuse de l’humanité, marque un pivot dans sa relation avec ses sujets.
Qu’est ce change le suicide de Helaena ?
E.D. - Helaena est la boussole morale de House of the Dragon. C’est le seul personnage proche du pouvoir qui n’était pas corrompu. Sa mort condamne Rhaenyra à la voie qu’elle a choisie. Elle ne peut plus dévier de sa quête de pouvoir. Il n’y a plus vraiment de retour en arrière après ça. Il n’y a certainement pas de chemin vers une gouvernance plus modérée. D’ailleurs Rhaenyra n’ose regarder sa tapisserie et les avertissements qu’elle contient. La relation entre Rhaenyra et Alicent ne pourra jamais s’en remettre.
Pourquoi avoir donné à la mystérieuse guérisseuse Alys un récit des origines, en en faisant une épouse légitime des fondateurs de Harrenhal ?
R.C. - Alys incarne la figure de la sorcière. Elle en sait toujours plus que les autres. Je voulais étayer cette connaissance par une humanité indiscutable, qui s’inscrit dans la mythologie de l’univers du Trône de Fer. Je souhaitais donner à Alys une motivation sous-jacente. Elle se comporte en gourou d’abord en saison 2 auprès de Daemon, puis en saison 3 auprès d’Aemond. Que veut-elle d’eux ? Avec Aemond, elle noue une relation bien plus intime. Ce sont deux personnes maudites qui se sentent seules au monde. Il était aussi important qu’Aemond et Aegon arrivent à une trêve. Aegon a appris de ses épreuves. Paradoxalement, il est sans doute un meilleur monarque, après avoir été traité comme un mendiant et passé du temps parmi ses sujets. Il est beaucoup plus apte à régner que Rhaenyra, corrompue par le pouvoir.


1 month_ago
61



























.jpg)






French (CA)