NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
S’il se lance officiellement dans la campagne présidentielle, l’ancien chef de l’État sera confronté au bilan et aux revirements de son quinquennat.

LAURENT LE CRABE / Hans Lucas via AFP
François Hollande à Aix-en-Provence le 3 juillet 2026.
Lentement mais sûrement, François Hollande prépare les esprits à une candidature à l’élection présidentielle. Neuf ans après avoir quitté l’Élysée sans gloire, accablé par une impopularité record et des contestations au sein de son propre parti, l'ancien président mise sur son expérience au sommet de l’État pour justifier un retour.
Sa connaissance des dossiers internationaux, dans un moment où les conflits se multiplient (Iran, Ukraine, Moyen-Orient…), est un atout sur lequel appuie particulièrement son entourage. « C’est le mieux placé car l’élection présidentielle va être écrasée par la situation internationale, défend l’ancien patron du PS Jean-Christophe Cambadélis dans les colonnes de Libération. Il a déjà été aux manettes et sait comment ça se passe. Il n’aura pas besoin d’un moment d’adaptation ».
François Hollande lui-même ne s’est pas privé, au cours de ses nombreux déplacements, de rappeler qu’il avait eu affaire à Vladimir Poutine ou à Benjamin Netanyahu en personne, faisant de son passage à l’Élysée un argument de (future) campagne. C’est aussi ce qui lui permet de se démarquer de son concurrent le plus direct, Raphaël Glucksmann. Le député européen n’a en effet exercé aucune fonction ministérielle et n’a jamais été aux responsabilités.
S’il se laisse jusqu’à la fin de l’année pour dire si oui ou non il compte se présenter à la présidentielle, François Hollande surfe sur une certaine nostalgie de ses années au pouvoir. Mercredi soir, à la questure du Sénat, il a ainsi réuni de nombreux anciens membres de son cercle proche, de Marie-Arlette Carlotti à Patrick Kanner en passant par Hélène Geoffroy, qui ont tous la particularité d’avoir été membres de ses gouvernements.
Un bilan qu’il faudra défendre
Mais ce serait vite oublier l’échec qu’ont représenté ces cinq années pour une partie de la gauche, et le bilan délicat qu’il aurait à défendre auprès de ses concurrents dans son propre camp. Il faut se souvenir qu’à la fin de son mandat (à l’issue duquel il n’a pas été en mesure de se représenter, une première sous la Ve République), une partie de l’électorat qui a voté pour lui cinq ans plus tôt brandit un slogan volontairement provocateur : « Plus jamais PS ».
L’actuel député de la Somme et candidat à l’Élysée François Ruffin, alors reporter à Fakir, explique en décembre 2016 dans une interview à la revue Charles, que « le PS est désormais un adversaire ». « On pouvait ne pas nourrir d’illusions à l’égard de François Hollande mais de là à nous servir le pacte de responsabilité, l’ANI, la loi Travail, le CICE… ». Même Christiane Taubira, qui a claqué la porte du ministère de la Justice en janvier 2016 après quatre ans au gouvernement, affirme peu après son départ que le bilan du quinquennat était à ses yeux « insuffisant ».
Pour un électeur de gauche en 2026, échaudé par la ligne sociale-libérale qui a en partie permis de faire éclore Emmanuel Macron, François Hollande peut prendre la forme repoussoir. La loi Travail, pour ne citer que cet exemple, accordait plus de marges de manœuvre aux entreprises pour fixer le temps de travail de leurs salariés ou pour procéder à des licenciements. Pas vraiment en phase avec les accents plus à gauche de sa campagne de 2012, au cours de laquelle le candidat du Parti socialiste affirmait : « Mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance ».
« Traumatisme » pour la gauche
Portée par une ministre fragilisée, Myriam El Khomri, la réforme a jeté plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues et coalisé une fronde syndicale et sociale inédite pour un gouvernement de gauche. Le texte a, en plus, été poussé au forceps et imposé via 49-3. Un comble pour un président censé disposer d’une majorité absolue à l’Assemblée.
À l’époque, Le HuffPost parle d’un véritable « traumatisme » pour la gauche. « Ses divisions raillées, ses élus vilipendés, ses permanences attaquées et ce slogan scandé dans les manifs : “Tout le monde déteste le PS”. Le divorce avec le peuple de gauche a atteint le point de non-retour », écrivait-on il y a dix ans.
Après les attentats de novembre 2015, qui ont considérablement ébranlé la société française, François Hollande fracturait encore un peu plus son camp en plaidant pour la déchéance de la nationalité des binationaux condamnés pour terrorisme. Une idée directement inspirée du programme de Jean-Marie Le Pen et du Front national. Critiquée par le Conseil d’État, le Défenseur des Droits, de nombreuses associations, collectifs, ONG et par l’essentiel des élus de gauche (y compris socialistes), la mesure est finalement abandonnée. François Hollande dira plus tard regretter l’avoir portée, affirmant : « J’ai pensé qu’elle pouvait nous unir alors qu’elle nous a divisés ». En plus d’avoir précipité la démission de Christiane Taubira, la séquence a durablement fragilisé son camp.
Dix ans plus tard, s’il se lance réellement dans la course à l’Élysée, François Hollande, qui est aujourd’hui crédité d’environ 8 % d’intentions de vote, selon les sondeurs qui « testent » son profil, sera inévitablement ramené à ces différents aspects de son bilan. Son principal adversaire à gauche serait alors Jean-Luc Mélenchon, avec qui il entretient une forme de détestation mutuelle. « Le hollandisme a fait exploser notre famille de l’intérieur », déplorait l’ancien socialiste en 2016, aujourd’hui candidat pour un quatrième tour de piste. Si la revanche a lieu, elle risque d’être âpre.


20 hour_ago
16


























.jpg)






French (CA)