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La salle du conseil municipal a rarement été aussi pleine que lundi soir. Une centaine de citoyens se sont rassemblés pour assister à la séance, entre autres pour prendre part à la consultation publique qui concernait le projet de tour à condos Le Phare.
Plus précisément, la consultation portait sur la modification au règlement de zonage qui est nécessaire pour que le projet soit approuvé.
Présentement, la hauteur maximale permise dans la zone visée est de 40 mètres. Or, les promoteurs aimeraient que la tour comporte 17 étages atteignant 53 mètres.
Le projet Le Phare prévoit l'aménagement de 140 logements à l'angle des rues Saint-Germain et Julien-Réhel, au centre-ville.

Le promoteur, le Groupe DTM, estime être en mesure de livrer les logements au cours de l'été 2028 si la Ville de Rimouski autorise son projet.
Photo : Gracieuseté: Graph Synergie/LYVIA
Trop haut, selon certains
La plupart de la vingtaine de citoyens qui se sont présentés au micro lundi soir se sont dits contre la hauteur projetée de l'immeuble.
Des résidents ont soulevé qu'il pourrait, selon eux, créer un mur qui allait faire de l'ombre sur le quartier et que le projet pourrait très bien se faire en respectant le règlement en vigueur.

L'un des résidents du quartier, Gilles Légaré, croit que le projet Le Phare gâchera le paysage «en paliers» de Rimouski.
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Cinquante-trois mètres, c'est plus haut que l'UQAR. C'est vraiment très haut. Le paysage, c'est une richesse pour tout le monde. Il ne faut pas que certains appartements, certaines constructions, se l'approprient, a dénoncé l'un d'eux, Gilles Légaré.
D'autres citoyens ont même questionné les élus sur les raisons pour lesquelles une hauteur de 40 mètres est déjà permise dans la zone visée. Le directeur du service Urbanisme, permis et inspection, Jean-Philippe Murray, a expliqué que la limite a été augmentée il y a peu de temps, en 2024, pour le projet de la Société de développement Angus.

Éliane Duchesne estime que la densification du centre-ville peut se faire autrement qu'en construisant des tours.
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Toujours lors de la période de questions, des résidents ont mentionné que la densification du centre-ville est une bonne idée, mais qu'elle ne doit pas nécessairement passer par la construction de tours, selon eux.
Dans les quartiers les plus denses en Amérique du Nord, ce sont des logements de trois étages maximum à grandeur des quartiers. Alors, on n'a pas besoin nécessairement de buildings aussi hauts. Puis, ce que je me demande c'est "à quoi ils servent, ces règlements-là?" si l'on est prêts à les changer pour répondre aux demandes et caprices des promoteurs, a affirmé une Rimouskoise, Éliane Duchesne.
Arrêtez de modifier vos règlements quand un promoteur vous dit : "Moi, je veux plus haut!" Pourquoi vous faites des règlements si n'importe qui peut arriver, puis le faire modifier?
Un autre citoyen, Tom Jacques, a renchéri. Nous croyons que le promoteur peut se plier à cette réglementation et qu'il en a les moyens. Il pourrait réaliser quand même un projet immobilier, mais qui va aller plus dans le sens des orientations de la Ville, a-t-il soutenu.
D'autres citoyens appuient le projet
Quelques personnes ont plutôt tenu à exprimer leur appui au projet, alors qu'ils estiment que la vue est déjà obstruée par d'autres bâtiments dans le quartier. Il y a déjà d'autres bâtisses qui bloquent la [vue]. [...] C'est un super projet, Le Phare!, a lancé un citoyen.

Jean-Charles Morin s'est présenté au micro pour soutenir le projet qui permet de contribuer à la lutte contre la pénurie de logements, selon lui.
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Jean-Charles Morin estime quant à lui que Le Phare, comme d'autres initiatives de construction résidentielle, contribuera à lutter contre la pénurie de logements.
Chaque unité construite contribue à libérer de la pression ailleurs sur le marché. La densification du centre-ville n'est pas un problème, c'est une partie de la solution.
On le reconnaît tous : il y a une pénurie de logements. Dans ce contexte, il est difficilement cohérent de refuser des projets qui augmentent concrètement l'offre. Chaque nouveau logement compte, peu importe l'endroit, peu importe la gamme de logements, a mentionné Jean-Charles Morin.

Le maire de Rimouski, Guy Caron.
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Le maire de Rimouski, Guy Caron, a affirmé en entrevue, après la séance publique, que les commentaires des citoyens seraient pris en considération par le conseil municipal lors de son examen de la demande de modification du zonage.
On considère l'ensemble des commentaires qu'on a reçus ce soir et, également, les commentaires par écrit.
On va l'examiner [la demande de dérogation] sur la base des commentaires qui ont été obtenus et de la logique qui a été présentée par le développeur, conclut le maire.
Les promoteurs du projet Le Phare, soit les président et vice-président du Groupe DTM, Miguel et Tommy Perreault, ont assisté à la séance du conseil municipal, sans toutefois intervenir au micro.


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