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Neuf ou usagé, la hausse du prix moyen d’un véhicule automobile depuis la pandémie n’aurait fait aucune distinction selon les experts du marché.
En effet, selon les données d’AutoHebdo.net, le prix moyen d’une voiture d’occasion est passé de 23 871 $ en 2018 à 35 201 $ en 2025, alors que celui d’une voiture neuve est passé de 44 967 $ à 63 438 $ sur la même période.

Selon AutoTrader.ca, entre 2020 et 2023, 1,5 million de voitures neuves ont été vendues en moins, principalement dû aux pénuries provoquées par la pandémie de la COVID-19. (Photo d’archives)
Photo : Getty Images
Bien que le Canada traverse une période d’inflation élevée, pour Baris Akyurek, vice-président perspectives et renseignements chez AutoTrader.ca, la pandémie de COVID-19 et ses conséquences sont directement responsables de la hausse des prix.
Dès le début de la pandémie, et notamment du côté des voitures neuves, il y a eu de nombreuses perturbations, notamment des ruptures de la chaîne d’approvisionnement, et des pénuries de puces électroniques. Entre 2020 et 2023, nous estimons que 1,5 million de voitures neuves de moins ont été vendues, explique-t-il en ajoutant qu’une baisse des ventes de voitures neuves a un impact direct sur le marché de l’occasion. Ces voitures ne reviendront jamais sur le marché de l’occasion.
M. Akyurek constate également une forte demande dans le secteur automobile depuis le début de la pandémie.
Au début de la pandémie […], des économies substantielles ont été réalisées, car nous ne pouvions pas sortir ni partir en vacances. Par conséquent, d’importantes sommes d’argent se sont accumulées dans l’économie, ce qui, à son tour, a eu un impact sur la demande automobile, indique-t-il.

Flavio Volpe, président de l’Automotive Parts Manufacturers’ Association (ici en compagnie du ministre fédéral des Finances, François-Philippe Champagne). (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn
Du côté du marché des véhicules neufs, en plus des pénuries créées par la pandémie, les droits de douane de 25 % imposés par le président américain Donald Trump viennent également affecter les prix.
Les coûts de fabrication aux États-Unis ont considérablement augmenté avec l’importation de toutes les pièces depuis le Japon, la Corée, l’Europe et la Chine et le coût des véhicules importés des États-Unis au Canada, explique Flavio Volpe, président de l’Automotive Parts Manufacturers’ Association. Il faut donc absorber les droits de douane supplémentaires sur les pièces aux États-Unis, puis les droits de douane imposés par le Canada.
Nous l’avons constaté avec Donald Trump, un simple décret présidentiel, et cela a eu un impact bien plus important sur le coût d’un véhicule que n’importe quel autre choc.
Une possible renégociation de l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique pourrait une fois de plus brouiller les cartes de ce côté.
Un autre facteur expliquant la hausse des coûts, selon le journaliste automobile Benoît Charette, est la technologie intégrée aux nouveaux véhicules.

Pour Benoit Charette, le Canada gagnerait à s’appuyer sur les certifications automobiles européennes et ainsi importer des modèles fabriqués en Europe sans avoir à les recertifier. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Carl Mondello
C’est bien beau les grands écrans dans les véhicules, mais il y a des gens qui seraient très heureux d’avoir qu’un compteur pour odomètre, croit-il.
Mais il y a de l’espoir aux dires de M. Charette. Il suggère d’ailleurs que le Canada pourrait contourner les tarifs douaniers américains en se tournant vers l’Europe.
Appuyons-nous sur les certifications européennes. Comme ça, il y a des modèles qui sont fabriqués en Europe qui ne sont pas très chers, on pourrait les amener sans avoir à les recertifier, recommande M. Charette.
Avec les informations de Grégory Wilson et Andréane Williams


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