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La flambée du prix du pétrole causée par la guerre en Iran frappe de plein fouet les entreprises de transport de marchandises et de passagers. Le coût du diesel a augmenté d'environ 40 à 60 cents du litre au cours des dernières semaines en Abitibi-Témiscamingue.
C’est sûr que ç’a un gros impact, parce que toutes les machines fonctionnent avec ça, lance d’emblée Daniel Barrette, président et fondateur de Transport D. Barrette et Fils de Lorrainville.
L’entreprise n’a pas encore mesuré le plein impact de cette hausse fulgurante, mais les coûts se chiffrent facilement à des mille dollars par jour supplémentaires pour faire fonctionner tous les camions, les chargeurs, les tamiseurs et les pelles.
Le transporteur témiscamien se déplace en région, mais aussi dans le reste du Québec et dans le Nord de l’Ontario.
On ne pensait pas que ça aurait duré longtemps de même et que ça aurait monté tant que ça. C’est à coup de 5 et 10 cents par deux-trois jours. On espère que ça va arrêter, mais c’est un petit peu énervant.
Daniel Barrette se demande aussi quelle sera la situation au printemps, au moment de remplir des soumissions pour les contrats estivaux.

D'après la Régie de l'énergie du Québec, le prix du diesel à la pompe était de 199,1 dans la semaine du 2 mars en Abitibi-Témiscamingue.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Depuis le nombre d’années que je suis là-dedans, et qu’avec tous mes contrats au Témis, je connais pratiquement tout le monde, ça en est pratiquement gênant de faire des prix. Mais, on n’aura pas le choix, poursuit M. Barrette.
Refiler la facture ou absorber
La question est de savoir à quel point il est possible de refiler la hausse aux clients. C’est sûr qu’on va en absorber un peu, parce qu’on espère que c’est juste temporaire, mais c’est sûr qu’il va y avoir une partie qui va être refilée aux clients, et c’est ça qui nous inquiète un peu, admet Daniel Barrette.
Au Groupe Autobus Maheux, la hausse du prix du carburant touche durement l’entreprise.
C’est extrêmement difficile, on essaie d’être créatifs dans le contrôle des coûts, indique Yannick Goupil, directeur des technologies, conformité et stratégie d’affaires chez Autobus Maheux.

Le Groupe Autobus Maheux estime que le transport interurbain au Québec devrait être en meilleure santé. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir
Autobus Maheux qui œuvre dans le transport scolaire et interurbain se retrouve dans une position inconfortable. Dans les deux cas, ce surplus ne peut pas être facturé immédiatement au gouvernement ou aux passagers.
Pour le transport scolaire, les mesures compensatoires qui permettaient aux transporteurs de couvrir les coûts réels de carburant ne sont plus en vigueur depuis l’électrification des transports il y a quelques années, explique Yannick Goupil.
C’est parce que les mécanismes ont changé du côté du gouvernement, en ce qui a trait à la rémunération du modèle du transport scolaire au Québec et là, on est en représentation avec la Fédération des transporteurs par autobus du Québec auprès du gouvernement, indique M. Goupil.

Yannick Goupil, du Groupe Autobus Maheux. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Quelques dizaines de véhicules de leur flotte d’autobus sont électriques, alors que la majorité fonctionne majoritairement au diesel.
Pour le transport interurbain, augmenter les prix demande de trouver un juste équilibre pour ne pas faire fuir les clients. Ce que Yannick Goupil qualifie d’enfant pauvre du système de transport collectif est l’un des seuls transports financés à 100 % par les usagers, rappelle-t-il. (nouvelle fenêtre)
Il faut savoir que la tarification est [réglementée]. Chaque fois qu’on veut faire une augmentation de tarification, on doit faire une demande auprès de la Commission des transports du Québec, indique-t-il. C’est un long processus, donc on ne peut pas immédiatement compenser l’augmentation du carburant avec une augmentation de tarif.

Le modèle du transport scolaire mérite une révision, croit Yannick Goupil. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
En même temps, c’est un couteau à deux tranchants, parce que lorsqu’on augmente les tarifs, on devient beaucoup moins attractifs, puis les passagers cherchent des solutions parfois plus artisanales.
Avec trois millions de litres de carburant consommés chaque année, chaque hausse d’un sou le litre ajoute près de 30 000 dollars à la facture annuelle, souligne M. Goupil.
Pas juste le carburant
Avec la hausse du pétrole, Daniel Barrette craint que cela ne se répercute sur les autres produits dérivés, comme le bitume, l’huile, la graisse et les pneus.

L'entreprise Transport D. Barrette et fils se spécialise dans le transport d’agrégat, de machinerie lourde, dans le transport par fardier et la transformation de gravier.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Du côté des Autobus Maheux, le directeur des technologies souligne que le coût des véhicules pèse déjà lourd dans les finances de l’entreprise, surtout que ceux qui coûtaient auparavant 70 à 80 000 $ atteignent maintenant 110 à 125 000 $ chacun.


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