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Trois morts, sept cas recensés et un bateau toujours immobilisé au large du Cap-Vert : l'affaire du MV Hondius continue d'inquiéter les autorités sanitaires. Surtout, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) soupçonne désormais une transmission interhumaine de l'hantavirus entre certains passagers, un phénomène considéré comme extrêmement rare pour cette famille de virus habituellement transmise par des rongeurs infectés.
Ce que l’on sait sur les cas recensés à bord du MV Hondius
Selon les dernières données publiées par l'OMS, deux infections au hantavirus ont été confirmées biologiquement et cinq autres restent suspectes. Parmi les cas confirmés figurent une passagère néerlandaise de 69 ans décédée après son évacuation vers Johannesburg, ainsi qu'un Britannique hospitalisé en soins intensifs en Afrique du Sud. Trois décès ont été signalés au total.
Parmi les personnes nécessitant une prise en charge urgente figure également le médecin du bord. Les autorités espagnoles ont indiqué que son état était jugé grave et qu'il devait être transféré vers les Canaries à bord d'un avion médicalisé, à la demande des Pays-Bas. À ce stade, aucun détail supplémentaire n'a été communiqué sur sa contamination éventuelle au hantavirus.
Hantavirus : pourquoi les 6 cas graves et décès sur le même navire intriguent autant les chercheurs
En quelques jours, un couple de passagers britanniques a été frappé de plein fouet, suivi de quatre autres croisiéristes présentant les mêmes symptômes respiratoires sévères. Sur ce foyer mortel observé à bord du MV Hondius, un seul cas de hantavirus est confirmé à ce stade, mais cela suffit déjà à mobiliser l’OMS.... Lire la suite
Mais surtout, l'OMS estime désormais qu'une transmission interhumaine a probablement eu lieu à bord. Maria Van Kerkhove, directrice du département de préparation et de prévention des épidémies à l'OMS, explique que le variant du virus n'a pas encore été identifié. « L'hypothèse de travail actuelle est celle d'une contamination initiale sur la terre ferme suivie d'une transmission entre personnes ayant eu des contacts très rapprochés, comme des couples ou des passagers partageant une cabine. »
Une transmission entre humains de l'hantavirus, à bord du navire, est désormais envisagée par l’OMS. © Dr_Microbe, Adobe Stock
L'organisation internationale soupçonne plus précisément le virus Andes, une souche sud-américaine particulièrement surveillée car elle est, à ce jour, le seul hantavirus pour lequel une transmission limitée entre humains a déjà été documentée. Le séquençage du virus est actuellement en cours en Afrique du Sud afin d'identifier précisément le variant impliqué.
Les autorités sanitaires argentines jugent toutefois « très improbable » que la contamination initiale ait eu lieu en Terre de Feu, point de départ du navire. Selon Juan Petrina, directeur de l'épidémiologie de la province, « aucun cas de hantavirus n'y a été recensé depuis l'existence des registres sanitaires locaux ».
Un risque faible pour le public, mais une enquête élargie
Hans Kluge, directeur régional de l'OMS Europe, se veut rassurant en rappelant que les hantavirus restent des infections rares, le plus souvent liées à l'inhalation de particules contaminées par les urines ou les déjections de rongeurs, et qu'elles ne se transmettent pas facilement entre personnes. Le message est clair : ce foyer est grave, mais il ne signe pas le début d'une menace comparable aux grands virus respiratoires connus comme celui de la grippe ou de la Covid-19.
Ce virus classé prioritaire par l’OMS recommence à circuler… et inquiète les autorités sanitaires du monde entier
Deux cas de ce virus confirmés en Inde relancent l’inquiétude autour de ce pathogène mortel apparu dans les élevages porcins malaisiens à la fin des années 1990. Avec un taux de létalité pouvant atteindre 75 % et sans traitement à ce jour, ce virus imprévisible représente une urgence sanitaire majeure que l’OMS a classée parmi les menaces prioritaires.... Lire la suite
Les autorités prennent toutefois des précautions importantes. Les passagers ont été invités à rester dans leurs cabines, des opérations de désinfection sont menées, et plusieurs personnes malades doivent être évacuées. L’Espagne a accepté que le MV Hondius rejoigne les Canaries, où passagers et membres d'équipage doivent être examinés avant d'être pris en charge ou rapatriés.
Le séquençage du virus est actuellement en cours en Afrique du Sud. © miss irine, Adobe Stock
Pourquoi l’OMS recherche aussi les passagers d’un vol
Autre élément nouveau : l'OMS cherche à retrouver les passagers du vol Sainte-Hélène-Johannesburg emprunté par la passagère néerlandaise ensuite testée positive. Cette démarche ne signifie pas qu'une large propagation est attendue, mais elle répond à une logique classique de traçage des contacts lorsqu'un agent infectieux rare est identifié tardivement.
L'enquête doit maintenant répondre à deux questions clés : quelle souche de hantavirus est impliquée, et comment le virus a circulé entre les premiers malades ? C'est cette réponse qui permettra de savoir si le MV Hondius restera un épisode exceptionnel ou un cas d'école sur la gestion d'un virus rare en milieu confiné.


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