Où et quand voir La vie après toi : traverser un deuil animalier
Les quatre épisodes de la série documentaire sont en ligne sur Véro.tv et ICI Tou.tv (Nouvelle fenêtre).
Comment l’idée de cette série documentaire a-t-elle germé?

La chroniqueuse culturelle Catherine Beauchamp à l'émission La vie après toiPhoto : Radio-Canada
La chroniqueuse culturelle Catherine Beauchamp a eu l’idée de cette série documentaire après la perte de sa petite chienne Kiki. Craignant pour la sécurité de son animal devenu aveugle, la chroniqueuse, qui témoigne également dans la série, n’a eu d’autres choix que de l’euthanasier. Il lui a fallu plus d’un an pour surmonter cette épreuve et le chagrin dont elle s’accompagne, qui est, selon elle, souvent jugé par plusieurs qui ne connaissent pas ce lien spécial existant entre un être humain et son animal.
« J’avais tellement de peine, j’ai écrit sur elle et c’est devenu un projet documentaire. [...] J’aurais aimé ça jaser avec une psychologue quand c’est arrivé, parce que je n’avais pas d’outils. Je me sentais seule au monde et j’avais l’impression d’être incomprise. »
Deux ans plus tard, la parolière et productrice de télévision Ève Déziel annonce le décès de son chien Muffin, âgé de 15 ans. C’est ainsi que les deux femmes en sont venues à se parler d’une série qui permettrait de faire sentir aux gens qu’ils ne sont pas seuls avec leur peine.
« J’ai aussi fait cette série documentaire pour sensibiliser ceux qui ne comprennent pas le deuil animalier. »
Pourquoi avoir choisi Guylaine Tremblay à l’animation?
Lorsqu’elle s’est fait proposer ce projet, Guylaine Tremblay a immédiatement accepté. Grande amoureuse des animaux, elle a elle-même vécu des deuils animaliers, dont celui de sa chatte de 11 ans, Mimi.
« Je suis une grande amoureuse des animaux. J’ai vécu des deuils animaliers, et j’ai été submergée et surprise par la peine qui m’habitait. »

Guylaine Tremblay présente La vie après toi : traverser un deuil animalierPhoto : Radio-Canada
Pourtant, la comédienne, comme bien d’autres, avoue avoir été gênée d’en parler, alors que cela devrait être normal de pleurer la perte d’un être vivant qui nous était cher. Avec cette série, Guylaine Tremblay souhaite que les gens du public qui ont des animaux se sentent validés dans leur chagrin et que ceux qui n’en ont pas comprennent « leurs confrères ou consœurs qui arrivent les yeux mouillés au bureau le lendemain », pour reprendre ses mots.
Pour Ève Déziel, si le choix s’est arrêté sur Guylaine Tremblay, c’est parce qu’elle a cette capacité à parler à toutes les générations, en plus d’être l’animatrice avec le plus d’empathie sur terre, selon Catherine Beauchamp.
Quel est le concept de la série documentaire?
Selon des études, une personne sur deux partage son quotidien avec un animal de compagnie. Même si l’on a conscience, au moment de l'adoption, qu’il faudra un jour lui dire au revoir, la perte de son animal demeure l'une des épreuves les plus difficiles à traverser.
« C'est un deuil qui est sous-estimé [...] par les personnes qui ne comprennent pas à quel point c'est une peine profonde. Et je vous dirais sous-estimée par nous qui sommes surpris, étonnés de la grandeur de notre peine. On pense qu'on est prêt, mais quand notre animal décède, on a le cœur brisé »
Au fil de rencontres avec des personnalités ayant fait euthanasier leur animal, on réalise que cet être est bien plus qu'une simple boule de poils. C'est un membre à part entière de la famille qui, jour après jour, partage chaque instant de notre vie. Sans jamais faillir, il est notre confident, notre soutien inconditionnel, et il ne devrait y avoir aucune gêne à pleurer son départ.
« Ça prouve que notre cœur est vivant et grand. »
En laissant également la parole à des spécialistes du deuil animalier, dont la psychologue Annique Lavergne, Guylaine Tremblay tente de démystifier la douleur entourant la perte de son animal dans l’espoir d’offrir des pistes de solution pour mieux traverser cette épreuve et favoriser une plus grande reconnaissance sociale de ce deuil.
Qui peut-on voir dans la série documentaire?

Catherine Éthier de passage à l'émission La vie après toi pour discuter du deuil de sa chienne Stella. Photo : Radio-Canada
La série réunit plusieurs personnalités publiques, dont les humoristes Mariana Mazza et Jean-Thomas Jobin, ainsi que Sarah Gibault, artiste équestre ayant travaillé chez Cavalia.
Claude Legault et Catherine Éthier y témoignent également, évoquant le sentiment de culpabilité ressenti à l’adoption d’un nouvel animal. « Il y avait comme une culpabilité de se dire : Je le remplace... », confie notamment Claude Legault à Guylaine Tremblay dans le premier épisode.
L’animatrice va aussi à la rencontre de personnes ayant recours à des chiens d’accompagnement, comme Anne-Marie Bourcier, une femme malvoyante qui s’est isolée et qui a énormément restreint ses activités à la suite du décès de son chien d’assistance.
« Le deuil animalier, chez des personnes qui ont des chiens d'accompagnement, c'est un autre niveau, car pour ces gens-là, c'est un outil thérapeutique. »
Laisser la place aux deuils des enfants
La série aborde également ce deuil immense et mal mesuré des enfants, pour qui la perte de leur animal de compagnie représente souvent leur première expérience de la mort. Selon la journaliste Stéphanie Bérubé, autrice du livre La vie sans Boris, un chien marque profondément toute l’enfance, et pourtant, on cesse d’en parler une fois qu’il est parti.
Chez les enfants, la perception de la mort est différente de celle des adultes. N’ayant pas nécessairement les mots pour verbaliser leur peine, c’est souvent par le jeu ou l’art que les plus jeunes parviennent à exprimer leurs émotions. Ainsi, l’animatrice invite des enfants à revisiter leurs moments marquants avec leur animal, à exprimer ce qu’ils ou elles ont ressenti lors de son décès et ce qu’ils ou elles auraient aimé lui dire avant son départ.
« Je t’ai adoré et tu as complètement changé ma vie. »

Dans la série La vie après toi, Guylaine Tremblay invite les jeunes participants à revisiter les moments marquants avec leur animal de compagniePhoto : Radio-Canada
Quels sont les sujets des épisodes?
Épisode 1 – Anticiper ou vivre le deuil (Nouvelle fenêtre) : Mariana Mazza parle de sa fascination pour l’amour d’un animal et du deuil qui accompagne sa perte. Catherine Beauchamp témoigne de la perte de sa chienne Kiki, alors que la psychologue Annique Lavergne nous rappelle que ce deuil, bien réel, mérite d'être reconnu.
Épisode 2 – Une longue histoire d’amour (Nouvelle fenêtre) : Catherine Éthier s’ouvre sur le deuil de sa chienne Stella, avec qui elle a vécu pendant 15 ans. Guylaine Tremblay rencontre l’artiste équestre Sarah Gibault, pour qui le décès de son cheval Traje a aussi marqué la fin d’une carrière d’une décennie chez Cavalia. Enfin, l’humoriste Jean-Thomas Jobin témoigne de la peur qu’il a ressentie à l’idée que les gens soient mal à l’aise de voir un homme pleurer la perte de son chat.
Épisode 3 – Le deuil vu par des enfants, des personnes âgées et un vétérinaire (Nouvelle fenêtre) : La perte d’un animal étant souvent le premier deuil que vivent les enfants, la Dre Annique Lavergne nous aide à trouver les mots pour les épauler. Pour une personne âgée, l’animal encourage les sorties et l’activité physique, tout en apportant une affection nécessaire à la santé mentale. La journaliste Stéphanie Bérubé nous parle de son livre La vie sans Boris.
Épisode 4 – Le deuil d’un chien d’assistance et une chanson hommage à son animal (Nouvelle fenêtre) : Pour une personne en situation de handicap, le chien d’assistance est une nécessité au quotidien, mais son décès impose un deuil précipité à ces personnes contraintes d'en adopter un autre rapidement. Michel Rivard et Ève Déziel nous offrent une chanson écrite en hommage de leur chien, une manière à eux de lui dire merci et de trouver la paix.
Pourquoi a-t-on aimé?

Mariana Mazza en compagnie de ses deux chiens, Bobby et Lino, à l'émission La vie après toiPhoto : Radio-Canada
Un animal de compagnie, c’est un membre de sa famille à qui l’on ouvre les portes de sa maison et de son cœur. Jour après jour, notre animal est là pour nous épauler dans les meilleurs moments comme dans les pires. Sans jamais faillir, il est notre confident, notre soutien inconditionnel, et son départ n’a rien de banal.
En laissant le micro à des gens de différents horizons, Guylaine Tremblay parvient à ne laisser personne de glace devant la profondeur du chagrin qui accompagne le décès de son animal.
Cette série soulève aussi un aspect crucial du deuil animalier souvent laissé dans l’ombre : la culpabilité. La culpabilité de ne pas en avoir fait assez, d’avoir pris la décision pour son animal qui ne peut s’exprimer, ou de se demander si nous aurions dû investir davantage, une réalité qui pèse lourdement sur le propriétaire.
« J'ai des clients qui me consultent, c'est des 20 et des 30 000 $ qu'ils ont investis pour tout faire pour sauver l'animal. Mais un moment donné, on ne peut plus. »
Nous aimerions tous que ces petites bêtes vivent éternellement, mais à un moment donné, il faut se demander si l'acharnement en vaut la peine. Comme l’a si bien dit Catherine Éthier, l’euthanasie est en quelque sorte un geste d’amour. Un geste d’amour que nous aimerions certes ne pas poser, mais qui a pour but de mettre fin à leurs souffrances et de leur permettre de partir le plus doucement possible. Et ça, c’est le plus beau des cadeaux que nous pouvons faire à ces bêtes qui, sans le savoir, nous ont tout donné.
Bande-annonce de La vie après toi : traverser le deuil animal
Idée originale : Catherine Beauchamp, Ève Déziel
Réalisation : Marie Carpentier
Animation : Guylaine Tremblay
Production au contenu : Ève Déziel
Production déléguée : Pascale Veilleux
Production exécutive : Louis-Philippe Drolet, Louis Morissette, Mélanie Viau
Production : KOTV
Pour en apprendre davantage sur le deuil animalier
Catherine Éthier au micro de De l’huile sur le feu : « Le deuil, c’est de l’amour qu’on ne sait plus où mettre ».
Comment naviguer la perte de notre animal de compagnie à l'émission À échelle humaine : Le deuil animalier avec Gabrielle Provencher.


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