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Des enfants avaient déjà été oubliés dans des cars scolaires. Après un premier décès, Sandra Trochimara reconnaît des « dysfonctionnements ».
Un enfant oublié dans le bus, une absence détectée trop tard
L’enfant vivait à Sainte-Rose-de-Lima, près de Cayenne. Il était scolarisé à l’école élémentaire Jacques-Lony, à Matoury. Comme les autres matins, il devait emprunter le transport scolaire pour rejoindre son établissement.
Selon les premiers éléments rapportés par la presse locale, le garçon serait resté dans le car après la descente des autres élèves. Le véhicule a ensuite rejoint le dépôt du transporteur, avec l’enfant toujours à l’intérieur.
À l’école, son absence n’aurait pas été signalée dès le début des cours. C’est seulement au moment de la cantine qu’un membre du personnel aurait constaté qu’il manquait et prévenu sa grand-mère. Celle-ci a alors entrepris des démarches pour le retrouver.
Vers 14 h 30, le garçon est découvert mort dans le car stationné au dépôt.
La presse locale évoque une déshydratation, mais les autorités n’avaient pas officiellement établi la cause médicale exacte du décès dans les premières communications. L’enquête devra notamment déterminer les circonstances précises de sa mort.
Une badgeuse absente et des contrôles qui n’ont pas fonctionné
La Communauté d’agglomération du centre littoral (CACL), responsable de l’organisation du transport scolaire dans six communes guyanaises, a rapidement organisé une conférence de presse.
Sa présidente, Sandra Trochimara, a reconnu :
« Nous avons constaté une série de dysfonctionnements. »
Une formule administrative particulièrement froide au regard des faits.
Premier élément : le véhicule utilisé ce jour-là ne disposait pas du système habituel de badgeage des élèves. Un changement de car expliquerait cette absence d’équipement.
Le badgeage permet normalement de suivre les montées et descentes des enfants. Mais un système électronique ne remplace évidemment pas la vérification physique du véhicule.
Des accompagnateurs sont précisément chargés d’encadrer les élèves et de contrôler leur descente. Comment un enfant a-t-il pu rester à bord sans être remarqué ? L’accompagnatrice a-t-elle effectué une inspection complète ? Quelles consignes le transporteur avait-il données lors du changement de véhicule ?
Ces vérifications élémentaires figurent désormais au cœur des interrogations.
« Ce n’est pas la première fois qu’un enfant est oublié »
La déclaration la plus accablante vient d’Isabelle Patient, directrice Habitat, Aménagement et Mobilité à la CACL :
« Ce n’est pas la première fois qu’un enfant est oublié dans un car scolaire, mais c’est la première fois que cela se solde par un décès. »
Les précédents existaient donc.
Combien d’enfants avaient déjà été oubliés ? Les incidents avaient-ils fait l’objet de signalements écrits ? Des avertissements avaient-ils été adressés aux transporteurs ? Des contrôles supplémentaires avaient-ils été imposés ?
Aucun bilan précis de ces précédents n’était disponible dans les premières informations rendues publiques.
La question devient pourtant centrale : si les autorités connaissaient le risque, pourquoi les dispositifs existants n’ont-ils pas empêché qu’un enfant reste seul dans un véhicule ?
Et l’école ? Une deuxième alerte qui n’est jamais arrivée à temps
L’absence du garçon à l’école constitue une autre défaillance à examiner. Un élève attendu le matin qui ne se présente pas en classe devrait pouvoir être identifié rapidement.
La responsabilité de l’établissement reste à déterminer. Le rectorat mène ses propres investigations.
Dans les informations recueillies par France-Guyane, un directeur d’école du secteur décrit une situation préoccupante : 485 élèves, aucun secrétaire, aucun surveillant et des moyens informatiques insuffisants.
Ce témoignage ne concerne pas directement l’établissement de la victime. Il illustre néanmoins les difficultés rencontrées par certaines écoles guyanaises pour assurer un suivi rapide des absences.
La ligne suspendue, une enquête ouverte
La CACL a annoncé l’arrêt de la prestation de transport sur la ligne concernée, à titre conservatoire. Une enquête judiciaire doit établir les responsabilités éventuelles du transporteur, des personnes chargées de la surveillance et des autres intervenants.
Le maire de Matoury, Serge Smock, a confirmé le maintien de l’ouverture de l’école. Un accompagnement psychologique est prévu pour les élèves et les personnels.
Les autorités devront aussi expliquer pourquoi les précédents oublis d’enfants, publiquement reconnus, n’avaient pas conduit à des mesures suffisamment efficaces pour empêcher ce drame.


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