Des missiles Patriot contre des intercepteurs de drones ? L'Ukraine a proposé aux pays alliés des États-Unis au Moyen-Orient un échange de moyens de défense aérienne, face à la riposte iranienne.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 18:56 | mis à jour aujourd'hui à 19:19 - Temps de lecture :

Volodymyr Zelensky. Photo Sipa/Apaimages Volodymyr Zelensky. Photo Sipa/Apaimages

L'expertise ukrainienne dans la lutte contre les drones russes depuis quatre ans pourrait-elle être utile aux pays du Moyen-Orient face à l'Iran ? Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proposé ce mardi aux pays alliés des États-Unis d'échanger leurs missiles de systèmes de défense aérienne américains Patriot contre des intercepteurs de drones ukrainiens, afin de se protéger contre les attaques de drones iraniens.

Les frappes israéliennes et américaines contre l'Iran ont déclenché une riposte iranienne, – notamment à l'aide de drones de combat –, à travers la région. La Russie utilise elle massivement des drones Shahed de conception iranienne contre l'Ukraine depuis le début de son invasion de ce pays il y a quatre ans.

Des intercepteurs de drone efficaces à 70 % en Ukraine

Elle en envoie des centaines quasiment chaque nuit. Kiev, qui manque de moyens pour les abattre, a fini par développer toute une gamme d'intercepteurs bon marché, efficaces et considérés comme parmi les plus avancés au monde, pour les détruire en vol. « Le rôle clé dans la contre-action passe désormais aux drones-intercepteurs », a déclaré mardi sur les réseaux sociaux le commandant en chef des armées ukrainiennes Oleksandre Syrsky. Ceux-ci ont abattu 70% des drones russes à Kiev et dans ses banlieues en février, selon lui.

L'Ukraine est en revanche confrontée à une pénurie de très couteux missiles PAC-3 pour ses systèmes Patriot, les seuls capables d'abattre les missiles balistiques russes qui ciblent des villes et des infrastructures essentielles ukrainiennes. « La question numéro un, c'est comment protéger leur ciel. Nous vivons nous-mêmes avec cette question », a déclaré Volodymyr Zelensky lors d'un point de presse à Kiev. « Parlons des armes qui nous manquent : des missiles PAC-3. S'ils nous en donnent, nous leur donnerons des intercepteurs. C'est un échange équitable », a-t-il assuré.

Selon Kiev, ces projectiles PAC-3, dont le coût moyen s'élève à 3,5 millions d'euros par unité, s'avèrent trop coûteux et peu efficaces contre des centaines de drones Shahed dont le prix unitaire est estimé à seulement quelque dizaines de milliers d'euros. « Si les équipes commencent à travailler maintenant, nous verrons quel en sera le résultat », a ajouté Volodymyr Zelensky.

Le président ukrainien s’est entretenu mardi par téléphone avec son homologue des Émirats arabes unis, Mohamed ben Zayed, et le dirigeant qatari, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, selon la présidence ukrainienne. « Nos équipes resteront en contact afin de déterminer comment nous pouvons conjointement renforcer la protection de la population », a déclaré M. Zelensky après son entretien téléphonique avec M. Al Thani.

Le bombardement mené par l'Iran dans des pays du Golfe a touché des bases militaires, mais aussi des infrastructures civiles telles que des immeubles résidentiels, hôtels, aéroports et ports maritimes, ébranlant une région longtemps considérée comme un refuge à l’abri des conflits du Moyen-Orient.

« Flotte fantôme » : le capitaine russe interdit de quitter le pétrolier saisi par la Belgique

Le pétrolier arraisonné le week-end dernier au large de la Belgique, soupçonné d'appartenir à la « flotte fantôme » utilisée par la Russie, fait l'objet d'une saisie judiciaire et son capitaine russe est pour l'instant empêché de quitter le navire, a indiqué mardi le gouvernement belge.

Au total, 45 infractions ont été constatées par les autorités belges, dont le faux pavillon guinéen sous lequel naviguait ce pétrolier. Une caution de 10 millions d'euros a été réclamée dans l'attente de la fixation du montant de l'amende administrative et/ou pénale.

Le capitaine du pétrolier est de nationalité russe, a confirmé mardi le gouvernement belge. Lui et ses 20 membres d'équipage, en majorité d'origine indienne, sont visés par une « interdiction d'aller à terre », sur le sol belge, ce qui les oblige à rester à bord, sous la responsabilité de l'armateur et/ou propriétaire pour leurs besoins essentiels.

Articles les plus lusDéfense - Guerre - Conflit