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Par Le Figaro avec AFP
Publié le 07/09/2026 à 13h30

«L’Ukraine aurait également procédé à des essais de telles armes sur le terrain», a également déclaré Volker Türk devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève.
Passer la publicité Passer la publicitéLe Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme s'est dit lundi 7 septembre «horrifié» par des informations faisant état de l'utilisation, en Ukraine par l'armée russe, d'un drone ayant mené une frappe meurtrière de manière autonome. «Je suis horrifié par les informations selon lesquelles des drones entièrement autonomes lancés par la Fédération de Russie ont tué trois Ukrainiens le mois dernier», a déclaré Volker Türk devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève. «L'Ukraine aurait également procédé à des essais de telles armes sur le terrain», a-t-il souligné.
Le New York Times a affirmé le 24 août qu'un drone russe autonome piloté par l'intelligence artificielle (IA) aurait tué trois personnes le 6 juillet à Zaporijjia. Selon le journal, il devait frapper une station-service mais aurait finalement choisi de manière autonome sa cible précise, probablement des réservoirs de propane. Le journal britannique The Guardian a de son côté évoqué un seul mort, affirmant que cette attaque avait été perpétrée par un drone Molniya.
«Des robots tueurs»
Interrogés sur ces informations le 25 août lors d'une conférence de presse sur les drones autonomes, de hauts responsables de l'ONU et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) n'avaient pas souhaité les commenter. «Je tiens simplement à souligner que les technologies d'IA et les systèmes d'armes autonomes relèvent de questions quelque peu différentes», avait souhaité préciser aux journalistes Carolyne Mélanie Régimbal, directrice à Genève du Bureau des affaires de désarmement de l'ONU.
«L'IA est une technologie susceptible d'être intégrée dans un système d'armes autonome, mais elle ne constitue pas, en soi, une arme autonome», avait-elle estimé. La pression des organisations internationales et des ONG pour réguler les armes létales autonomes, souvent qualifiées de «robots tueurs», s'est considérablement intensifiée ces dernières années. «Je m'associe aux appels en faveur d'une interdiction urgente des armes capables de tuer sans intervention humaine», a affirmé lundi Volker Türk.
Le 25 août, les chefs de l'ONU et du CICR avaient alerté sur le risque que le développement des armes autonomes conduise très prochainement à «franchir une ligne rouge morale», en laissant à des machines la décision de tuer des êtres humains. Après plusieurs années de discussions, 128 pays ont trouvé samedi un accord à l'ONU sur un rapport définissant les armes autonomes. En novembre, les États décideront de la suite à donner et s'ils ouvrent des négociations sur un traité encadrant ces armes, une décision qui devra toutefois faire consensus. Selon Lex International, un fonds philanthropique basé à Genève, «les États-Unis, la Russie, l'Inde et Israël figurent parmi les principaux opposants» à ces négociations.


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