Un défilé militaire hors norme et 25 chefs d'État et de gouvernement réunis pour la circonstance : Emmanuel Macron entend envoyer lundi et mardi un puissant message de soutien à l'Ukraine et de « réveil stratégique » de l'Europe face à la Russie. 

La rédaction avec AFP - Hier à 18:10 | mis à jour hier à 18:15 - Temps de lecture :

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Un défilé militaire hors norme et 25 chefs d'État et de gouvernement réunis pour la circonstance : Emmanuel Macron entend envoyer lundi et mardi un puissant message de soutien à l'Ukraine et de « réveil stratégique » de l'Europe face à la Russie et à un allié américain incertain. Acte I lundi avec la « coalition des volontaires », 37 pays qui soutiennent militairement l'Ukraine et se sont engagés pour certains d'entre eux à y déployer des soldats, une fois un cessez-le-feu conclu, pour dissuader la Russie de toute nouvelle offensive. Au moins 25 chefs d'État et de gouvernement, dont l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, vont se retrouver dans l'après-midi à l'Hôtel national des Invalides, prestigieuse institution militaire au coeur de Paris, pour accroître « le soutien à l'Ukraine et la pression sur la Russie », avant un dîner à l'Elysée, a expliqué vendredi la présidence française.

Emmanuel Macron aura au préalable vanté, dans la matinée, le « réarmement » en cours de la France, avec un doublement de son budget de défense en 10 ans, lors du traditionnel discours aux Armées à la veille de la fête nationale. Des rituels qui seront aussi les derniers pour le chef de l'Etat qui, après deux quinquennats, ne pourra se représenter en 2027. La réunion de la coalition doit amplifier un « moment très fort de reconvergence et d'unité transatlantiques » mais aussi de « dynamiques plus favorables sur le terrain pour l'Ukraine », souligne l'Elysée.

Avec un objectif clé, pousser Vladimir Poutine à accepter un cessez-le-feu et relancer des négociations de paix au point mort depuis que les Etats-Unis sont empêtrés dans le règlement du conflit avec l'Iran qu'ils ont déclenché en février. Le président Donald Trump, longtemps plus à l'écoute de son homologue russe Vladimir Poutine que de Volodymyr Zelensky, s'est montré plus enclin à soutenir l'Ukraine au sommet du G7 à Evian en juin et à celui de l'Otan cette semaine à Ankara.

 Au moins 25 chefs d'Etat et de gouvernement, dont l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, vont se retrouver dans l'après-midi à l'Hôtel national des Invalides, prestigieuse institution militaire au coeur de Paris. Photo Sipa/ Ammar Abd Rabbo

 Au moins 25 chefs d'Etat et de gouvernement, dont l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, vont se retrouver dans l'après-midi à l'Hôtel national des Invalides, prestigieuse institution militaire au coeur de Paris. Photo Sipa/ Ammar Abd Rabbo

 « Crédibilité » 

L'Ukraine a aussi changé la donne face à la Russie avec des frappes quasi quotidiennes sur ses raffineries et dépôts de pétrole qui désorganisent ses approvisionnements et génèrent de sévères pénuries de carburant. L'armée russe piétine de son côté dans le Donbass (est de l'Ukraine), malgré un bilan colossal de 1.000 morts et blessés par jour selon des évaluations occidentales, même si Kiev est encore « loin d'un tournant dans la guerre », selon le commandant en chef des forces ukrainiennes, Oleksandr Syrsky.

Les dirigeants de la coalition vont notamment se pencher sur la coopération en matière de « défense antiaérienne et antibalistique », avec la production d'armements sous licence en Ukraine. La Force multinationale pour l'Ukraine, appelée à être déployée sur place une fois que les armes se seront tues, va aussi démarrer des exercices maintenant qu'elle dispose d'un « état-major opérationnel », près de Paris, avec un « impératif », afficher sa « crédibilité » et « montrer à la Russie que l'ensemble de ses acteurs est prêt à s'engager ». Ces exercices auront lieu hors d'Ukraine tant que les « conditions pour un déploiement réel ne sont pas remplies », a toutefois noté l'Elysée.

Une « Europe qui se réveille » 

Acte II mardi : 500 soldats des pays membres de la coalition ouvriront la traditionnelle parade militaire du 14-Juillet à Paris, que l'Élysée veut « massive » et « historique » avec un record de 6.800 défilants à pied et 30 % d'aéronefs et véhicules en plus que les années précédentes. Suédois, Slovaques, Britanniques, Roumains, Autrichiens, Allemands, Polonais, Australiens et Canadiens avanceront côte à côte, les Ukrainiens fermant la marche, devant une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement, dont Volodymyr Zelensky, le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.

« Ce sera vraiment un symbole fort de l'Europe qui se réveille, qui prend conscience [...] qu'il faut prendre en main son destin, comme d'ailleurs certains de nos partenaires de l'autre côté de l'Atlantique nous y incitent », pointe l'Élysée, en référence à Donald Trump. La Patrouille de France survolera les Champs-Élysées, encadrée par deux Mirage 2000B qui seront pilotés par des Français, avec des copilotes ukrainiens formés en France. Autre première, les aéronefs, de différentes nationalités, seront dotés d'armements fictifs. Les hélicoptères défileront au-dessus des chars « de façon à reproduire un petit peu ce qui se passe sur le champ de bataille ». Une soixantaine de drones, nouveau fer de lance du combat moderne, seront aussi présentés.

L'Élysée veut y voir un « signalement stratégique », « celui d'armées puissantes capables d'entrer en premier dans un conflit, de combattre, de coordonner des effets interarmées [...] et d'une France capable d'être nation-cadre dans des coalitions », notamment sur le flanc Est de l'Europe face à la Russie, souligne la présidence française.

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