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Le président ukrainien a réclamé ce vendredi à Bruxelles 70 milliards d'euros supplémentaires pour financer la guerre contre Moscou l'an prochain.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 17:21 | mis à jour aujourd'hui à 17:22 - Temps de lecture :
Bousculé par les États-Unis de Donald Trump, Volodymyr Zelensky se tourne une nouvelle fois vers ses alliés européens. En accueillant le président ukrainien ce vendredi matin au Conseil européen à Bruxelles, les dirigeants des 27 l'ont assuré de leur soutien. Sans ignorer qu'ils devraient remettre la main au portefeuille l'an prochain. « La guerre coûtera 155 milliards d'euros l'année prochaine. Et nous avons besoin d'au moins 70 milliards d'euros de plus de votre part », a ainsi affirmé Volodymyr Zelensky devant les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne. « C'est un montant réaliste. Et je vous demande de trouver ce soutien. Il nous aidera à contenir la Russie », a-t-il insisté, dans un discours qu'il a publié sur X.
« Nous allons devoir augmenter à nouveau les financements afin de pouvoir vraiment soutenir l'Ukraine durablement », avait averti dès jeudi le chancelier allemand Friedrich Merz. « Ce n'est pas le moment de retirer notre soutien à l'Ukraine. Ce n'est pas le moment d'alléger les sanctions contre la Russie », a renchéri ce vendredi le président du Conseil européen Antonio Costa, aux côtés de Volodymr Zelensky. Et, « une chose est absolument claire : nous ne lèverons aucune sanction tant que la Russie n'aura pas arrêté la guerre », a souligné de son côté la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
La difficile relation Trump-Zelensky
Pressé de questions sur sa très difficile relation avec le président américain, Volodymyr Zelensky a aussi évité toute critique directe lors du sommet européen dans la capitale belge. Il n'y a esquissé qu'un sourire, et un silence, à la question de savoir s'il était en train de servir de bouc émissaire de Donald Trump à quelques semaines d'élections de mi-mandat très mal engagées pour le républicain. « Voici ma réponse », a-t-il dit. Le président américain a qualifié de « honte » la reprise des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes. « Il est plus difficile de travailler avec Zelensky qu'avec Poutine », a encore lancé Donald Trump, qui a à plusieurs reprises demandé le départ de Volodymyr Zelensky et ne cache pas son admiration pour le président russe.
Jeudi, l'Ukraine a été frappée par un millier de drones, a affirmé le président ukrainien. « 1 000 ! Mais la partie américaine affirme qu'il est difficile de parler avec Zelensky, qu'il est moins difficile de gérer Poutine, allons bon ! », a-t-il lancé aux journalistes. Soucieux de ne pas tourner le dos à l'administration Trump, il a souligné que son équipe était « en pourparlers avec l'équipe de négociation américaine ». « Ils conviendront d'une rencontre à un niveau ou à un autre », a-t-il assuré ce vendredi devant la presse. Visiblement amer après les déclarations de Donald Trump, Volodymyr Zelensky aussi remercié ses collègues européens, « de vrais dirigeants, à nos côtés depuis le tout début de cette guerre ».
Maintenir la pression sur Poutine
Mais l'Europe en dispose-t-elle suffisamment de munitions « pour que l’Ukraine puisse tenir pendant cet hiver ? Oui, d’après les chiffres dont je dispose », a assuré le président ukrainien ce vendredi, sans plus de détail. Plusieurs pays européens, dont la Grèce, dispose de batteries de missiles Patriot, de fabrication américaine, considéré par Kiev comme les seuls capables d'intercepter les missiles balistiques russes. Volodymyr Zelensky a aussi rappelé la nécessité de maintenir la pression sur Moscou. Vladimir « Poutine écoutera les États-Unis si ceux-ci lui mettent vraiment la pression et lui font comprendre une chose très clairement : soit il choisit la paix, soit il ne reçoit plus d'argent pour sa guerre », a-t-il souligné.
Ces derniers jours, Kiev a aussi déploré ne pas avoir été averti par ses alliés d'attaques russes imminentes, faisant notamment part de restrictions dans l'utilisation des services satellitaires de l'entreprise d'Elon Musk, SpaceX, crucial pour son armée. Ces capacités de connexion n'ont pas encore été entièrement rétablies, a déclaré Volodymyr Zelensky. Cette limitation « a été une surprise très désagréable et dangereuse », a-t-il déploré.


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