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Guerre en Iran : trois mois après, Donald Trump est incapable de résoudre le problème qu’il a lui-même créé

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L'ŒIL DU HUFF US

Avant que Trump ne dénonce l’accord sur le nucléaire négocié par Obama, l’Iran n’avait pas de réserve d’uranium hautement enrichi. Il en a désormais une demi-tonne.

Elle était censée durer « quatre à cinq semaines ». Mais alors que la guerre qu’il a lancée en Iran est entrée dans son quatrième mois, Donald Trump ne semble plus si proche d’atteindre son objectif : contraindre l’Iran à abandonner son uranium hautement enrichi, un problème qu’il a lui-même créé en se retirant de l’accord nucléaire négocié par Barack Obama.

« Ils veulent vraiment conclure un accord, a répété le président américain mercredi lors d’un conseil des ministres à la Maison-Blanche. Leur marine a disparu, comme je l’ai dit mille fois, leur armée de l’air a disparu, tout a disparu, et ils négocient à bout de souffle. Mais on verra ce qui se passe. Peut-être qu’il faudra y retourner et finir le travail. »

Ces remarques intervenaient seulement quatre jours après que Trump a affirmé qu’un accord avait été « largement négocié » et que « les derniers aspects et détails de l’accord étaient actuellement en discussion et seraient annoncés prochainement ». Même si Trump comme les dirigeants iraniens sont des narrateurs peu fiables, plusieurs informations indiquaient que l’Iran accepterait uniquement des « discussions » concernant la remise de son uranium.

Quand Obama contenait l’uranium iranien

Trump affirme à plusieurs reprises que l’objectif de cette guerre, qui dure désormais depuis 90 jours et qu’il a engagée sans consulter le Congrès ni les alliés traditionnels des États-Unis, est d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. Pourtant, rien n’indique que l’Iran envisage de céder sur son stock d’uranium hautement enrichi. Ce qu’il omet de préciser, c’est que l’Iran n’a produit ce matériau qu’après que Trump a déchiré l’accord iranien conclu sous Obama.

Depuis la signature en 2015 du Plan d’action global commun (JCPOA), après deux années de négociations, Trump affirme à tort que cet accord donnait en réalité à l’Iran la permission et les moyens de fabriquer des armes nucléaires. Il a répété cette affirmation mercredi : « C’était la voie permettant à l’Iran d’obtenir très rapidement une arme nucléaire. Il y a des années déjà, ils auraient eu une arme nucléaire. »

En réalité, l’accord d’Obama limitait strictement la capacité de l’Iran à enrichir de l’uranium et instaurait un système intrusif d’inspections internationales.

Les dirigeants iraniens, désireux d’obtenir l’allègement des sanctions prévu en échange, respectaient l’interdiction d’enrichissement — ce que l’administration Trump elle-même avait librement reconnu lors de son premier mandat. Malgré cela, Trump a abandonné l’accord en 2018. « Le département d’État et la communauté du renseignement avaient confirmé à plusieurs reprises que l’Iran respectait les termes du JCPOA lorsque Trump s’en est retiré unilatéralement », a déclaré Ned Price, ancien officier de la CIA et responsable du département d’État sous la présidence de Joe Biden.

Depuis son retrait du JCPOA, Trump affirme que l’Iran veut conclure un « accord » avec lui. Pendant sa campagne de réélection de 2020, il répétait que l’Iran le voulait désespérément mais attendait le début de son second mandat. Puis, alors qu’il tentait de reconquérir la Maison-Blanche après l’échec de sa tentative de coup de force du 6 janvier 2021, il affirmait qu’il conclurait rapidement un accord avec l’Iran une fois revenu au pouvoir.

Des frappes et de l’inflation

Au lieu de cela, Trump a attaqué l’Iran à deux reprises : d’abord en juin 2025, puis le 28 février, les deux fois alors que des négociations supposément productives étaient en cours.

Aujourd’hui, trois mois après le début d’une guerre qui a endommagé les économies mondiale et américaine, provoqué une hausse des prix du pétrole et du gaz, alimenté l’inflation, et causé la mort de 13 Américains et d’au moins 1500 Iraniens, Trump continue d’affirmer que l’Iran veut désespérément « un accord », tandis que ses dirigeants semblent temporiser et faire traîner les choses.

Robert Kagan, ancien haut responsable du département d’État sous Ronald Reagan et aujourd’hui analyste en politique étrangère à la Brookings Institution, estime que les affirmations répétées et mensongères de Trump selon lesquelles un accord serait proche servent uniquement à masquer la réalité de la guerre, notant que l’Iran a affronté les forces américaines lundi.

« Le fait que les Iraniens se soient sentis suffisamment enhardis pour viser des navires américains montre qu’ils ne craignent pas une reprise de la guerre, parce qu’ils savent que Trump n’a pas de bonnes options militaires et qu’il veut s’en sortir, a-t-il déclaré. La guerre était terminée en mars. Les États-Unis ont perdu. Tout ce qui s’est passé depuis vise à dissimuler cette réalité. »

Selon lui, la pire conséquence de la guerre sera le nouveau contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Hormuz et sur un cinquième du trafic pétrolier mondial.

L’Iran gagne du temps

« L’Iran était dissuadé de fermer le détroit par la peur qu’une telle action provoque une attaque susceptible de menacer l’existence même du régime, reprend Robert Kagan. Désormais, ils ont prouvé qu’ils pouvaient survivre à une campagne de bombardements prolongée tout en infligeant des dégâts inacceptables à la région, notamment par le contrôle du détroit. Après avoir poussé l’Iran à démontrer cela, nous vivons maintenant dans ce monde et il ne peut y avoir de retour au statu quo. »

Quant à l’uranium enrichi, l’Iran pourrait également l’emporter sur ce point, selon John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de Trump durant son premier mandat et défenseur de longue date d’une attaque contre l’Iran afin de provoquer un changement de régime. « L’Iran joue la montre. Trump cherche toujours désespérément un moyen de revendiquer une victoire. Mais pour le moment on ne parle pas de véritable accord, seulement une prolongation du cessez-le-feu et l’ouverture du détroit, a-t-il déclaré. L’Iran gagne en repoussant la question nucléaire à plus tard. »

Note : Cet article est une traduction réalisée par la rédaction du HuffPost France, à partir d’un article paru en mai 2026 sur le HuffPost USL’article original est à lire ici.

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