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Au quatrième jour de l’offensive israélo-américaine contre la République islamique, le président s’est adressé ce mardi soir aux Français, alors que l’embrasement régional se poursuit, de Téhéran à Ryad en passant par les Émirats et Bahreïn.
À son tour. Dans la lignée des prises de parole solennelles du président américain, Donald Trump, et du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou - les deux dirigeants à l’origine d’une offensive coordonnée contre l’Iran depuis samedi, au cours de laquelle l’ayatollah Ali Khamenei a été tué -, Emmanuel Macron s’est exprimé ce mardi soir à la télévision, lors d’une allocution d’une dizaine de minutes. Sa parole était attendue. À l’heure où le Moyen-Orient s’embrase, de Téhéran à Beyrouth jusqu’à Chypre, la République islamique multipliant ses frappes contre des sites militaires liés aux États-Unis dans le Golfe, le président s’était jusque-là contenté d’indiquer que la France allait rehausser sa «posture» de défense compte tenu du risque «d’embrasement à nos frontières».
Objectif : protéger les ressortissants français présents dans la douzaine de pays concernés par le conflit et sécuriser les emprises militaires tricolores dans la région. Il faut dire que la menace s’est matérialisée à Abou Dhabi, lorsqu’une attaque de drones iraniens contre une base navale a endommagé un hangar voisin d’une installation accueillant des forces françaises, sans faire de blessés. Une autre installation a également subi des frappes limitées, causant des dégâts matériels.
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L’occasion pour le chef de l’État de réendosser un costume qu’il affectionne, celui de chef des armées, garant de l’engagement des forces armées à l’étranger. L’occasion, aussi, de rassurer une opinion gagnée par l’inquiétude face à l’ouverture d’un nouveau conflit aux ramifications tentaculaires, d’autant plus troublée par ses premières déclarations. Samedi soir, en ouverture du premier Conseil de défense, Emmanuel Macron s’était montré passablement agacé que la France n’ait «ni été informée ni prévenue» de l’opération. Le Figaro vous résume ce qu’il faut retenir de l’allocution du président de la République.
«L’Histoire ne pleure jamais les bourreaux de leur peuple» : Macron réagit à la mort de Khamenei
Trois jours après la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei - à la tête du régime des mollahs depuis 1989 - information jusqu’ici seulement commentée par la porte-parole du gouvernement, Emmanuel Macron a finalement corrigé le tir ce mardi soir. Dans le sillage des déclarations de Maud Bregeon, affirmant dimanche lors du «Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat» que la France ne pouvait que «se satisfaire» de la chute d’un «dictateur sanguinaire», le président a dit que «l’Histoire ne pleure jamais les bourreaux de leur peuple. Et aucun ne sera regretté.»
Car s’il estime que les frappes des États-Unis et d’Israël ont «été conduites en dehors du droit international» - «ce que nous ne pouvons pas approuver» - il rejette néanmoins la responsabilité «première» sur l’Iran. «C’est lui qui a développé un programme nucléaire dangereux et des capacités balistiques inédites, qui a armé et financé des groupes terroristes dans les pays voisins, le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen, les milices chiites en Irak, et qui a soutenu le Hamas et a toujours affirmé son objectif de détruire l’État d’Israël. C’est la République islamique d’Iran qui a une nouvelle fois, en janvier dernier, donné l’ordre de tirer sur son propre peuple», a-t-il chargé.
Il n’empêche. Eu égard à l’extension de la guerre au Liban, d’où «le Hezbollah a commis la faute majeure de frapper Israël et de mettre les Libanais en danger», Emmanuel Macron a mis en garde l’État hébreu contre «une opération terrestre». Une «escalade dangereuse et une erreur stratégique», a averti, appelant «Israël à respecter le territoire libanais et son intégrité». Dans ce contexte, la France, aux côtés de «l’Allemagne et du Royaume-Uni», a «clairement dit qu’un arrêt au plus vite des frappes est souhaitable, et qu’une paix durable dans la région ne se fera que par la reprise de négociations diplomatiques», a lancé Emmanuel Macron. Lequel «forme le vœu pour le peuple iranien qu’il puisse lui-même librement décider de son destin.»
Porte-avions Charles de Gaulle, frégate Languedoc... Le dispositif français de défense renforcé
De quelle façon la France va-t-elle intervenir sur le plan militaire, alors que Paris, Londres et Berlin se disent prêts à des «actions défensives» afin de «neutraliser à la source» les capacités de Téhéran ? Plus tôt ce mardi, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a fait savoir que des avions Rafale stationnés aux Émirats arabes unis avaient procédé à des «opérations de sécurisation du ciel» au-dessus des bases françaises au Moyen-Orient. À 20 heures, Emmanuel Macron a confirmé cet élément, en y ajoutant l’activation «de systèmes de défense anti-aérienne». La France a en effet abattu des drones «en légitime défense dès les premières heures» du conflit, a-t-il précisé.
Certains alliés de la France étant pris pour cible par l’Iran, le chef de l’État a également annoncé l’envoi de la frégate Languedoc et de moyens anti-aériens à Chypre. Même décision pour le porte-avions Charles de Gaulle, dont il a ordonné le déploiement vers la Méditerranée.
Rapatriements : deux vols arriveront dès ce soir à Paris
Parallèlement, la France se prépare à affréter des vols pour évacuer ses ressortissants «les plus vulnérables» parmi les 400.000 Français présents dans les pays du Moyen-Orient touchés par le conflit. «Deux premiers vols (arriveront) à Paris dès ce soir», a indiqué Emmanuel Macron, avec à l’esprit «l’angoisse, l’impatience qui existent» à cet égard. «Les équipes sont pleinement mobilisées, dans les pays concernés comme à Paris, pour organiser les retours dans les meilleures conditions», a-t-il voulu rassurer.
Quid des répercussions sécuritaires en France ?
Les services de renseignement redoutant des actions terroristes téléguidées par Téhéran contre des opposants, des mesures de protection policière ont été décidées en début de semaine pour des personnalités et des associations opposées à la République islamique d’Iran présentes sur le territoire national. De même, «le gouvernement a renforcé le dispositif de protection militaire Sentinelle et la vigilance autour des lieux et des personnes les plus exposés», a ajouté le président.


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