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Le 1er février 2025, il y a bientôt un an, le président américain Donald Trump signait un décret imposant des tarifs douaniers de 25 % sur les produits canadiens.
Écoutez, ça a été un choc, lance Anthony Poitras, président de Total Innovation, une entreprise de produits d’entretien ménager écoresponsables. L’homme d’affaires porte aussi le chapeau de président du conseil d’administration d’Innov et Export PME, un organisme à but non lucratif rimouskois qui vient en soutien aux entreprises exportatrices du Bas-Saint-Laurent.
La région dénombre 120 entreprises exportatrices, selon Innov et Export PME.
En un an, ces entreprises ont été spectatrices de nombreux revirements de l’administration Trump.
Depuis ce premier décret signé le 1er février, il y a eu une escalade de négociations, d’exemptions, de reports, de contre-tarifs, etc. De quoi y perdre son latin, mais les entreprises font preuve de résilience, selon Innov et Export PME.
Elles travaillent à diversifier leurs marchés, notamment vers l’Ouest canadien. Un marché qui n’était pas d’emblée pour les entreprises bas-laurentiennes qui se tournaient traditionnellement plus vers le Nouveau-Brunswick, l’Ontario et les États-Unis pour exporter leurs produits.
Ça devient une très belle opportunité, explique M. Poitras.
Les marchés de l’Ouest canadien offrent plus de stabilité que celui des États-Unis, et ce, malgré des frais de transport plus onéreux vers cette destination. On opère avec beaucoup moins de risques, ce qui vient contrecarrer les coûts de transports, dénote-t-il.
M. Poitras peut lui-même en témoigner. Son entreprise, qui exporte des produits conformes à l'ACEUM, donc qui ne sont pas taxés de frais de douanes, a été confrontée à des difficultés à la frontière canado-américaine. Une cargaison de produits de l'entreprise a été retenue pendant trois semaines, alors qu’elle respectait toutes les modalités administratives relatives à l’exportation, selon lui.
C’est là que les tarifs douaniers nous font mal, on ne sait pas ce qui va se passer demain matin, mais quand on fait affaire au Canada, on sait ce qui va se passer.

L'entreprise Total Innovation fabrique les produits «Pure», dont les ventes ont explosé de 30 % depuis l'engouement des Canadiens pour des produits locaux, en raison des tarifs de l'administration Trump imposés au Canada.
Photo : Radio-Canada
L’élan nationaliste Fait au Canada, en réponse aux tarifs américains, a aussi propulsé les ventes de 30 % au pays de la PME qui emploie 55 personnes à Saint-Alexandre-de-Kamouraska.
Un effet modéré sur l’économie, mais la guerre commerciale n’est pas encore terminée
L’économie bas-laurentienne s’en tire mieux qu’anticipé, selon l’économiste sénior chez Desjardins, Maëlle Boulais-Préseault.
Les entreprises les plus touchées par les droits de douane imposés par la Maison-Blanche sont celles qui œuvrent, notamment dans la foresterie, les métaux et les fabricants d’armoires et des meubles.
Dans les dernières semaines, des entreprises comme le groupe forestier Groupe Lebel et le fabricant d’armoires Miralis, par exemple, ont dû ralentir leur production en 2026, en raison des effets des tarifs douaniers sur leur chiffre d’affaires.
Les difficultés liées à la guerre commerciale ne sont pas encore du passé pour les entreprises, souligne Mme Boulais-Préseault : La question déterminante pour l’année, ça va être la révision de l’accord Canada—États-Unis—Mexique.
L’issue des négociations de cet accord sera déterminante pour les entreprises quant à savoir si elles peuvent continuer leurs plans d’investissement, leurs plans d’embauches, mentionne-t-elle.
Un nouvel ACEUM espéré en 2026
L’entreprise AMT Moulage, de Saint-Cyprien, dans les Basques, qui fabrique des pièces d’automobiles en aluminium, suit de très près la renégociation de l’ACEUM.
Pour l’instant, l’entreprise ne subit pas d’impact direct de la guerre tarifaire.

Le fabricant de pièces automobiles, Moulage AMT, de Saint-Cyprien, tire son épingle du jeu, mais craint que l'incertitude économique plombe les investissements dans l'industrie automobile. L'entreprise tente de diversifier ses marchés et ses activités, en raison la guerre commerciale livrée par la Maison-Blanche.
Photo : Radio-Canada
Moulage AMT est exemptée des tarifs américains, mais le secteur de l’automobile est très sensible à l’incertitude économique suscitée par les soubresauts tarifaires de l’administration Trump. Ce qui pourrait se refléter sur le carnet de commandes de l’usine de Saint-Cyprien.
Indépendamment de ce qui se passe maintenant, il y a un climat d’incertitude générale sur le futur des relations commerciales à l’international, affirme le directeur général de l’entreprise, Frédéric Jean.
Moulage AMT, tout comme les autres entreprises exportatrices bas-laurentiennes, mise sur la diversification de ses marchés d’exportation, mais aussi sur la diversification de ses activités. Elle investit dans sa division récréative, qui offre des produits aux fabricants de motoneiges et de motoquads, pour continuer à faire rouler son usine, malgré l’ombrage suscitée par la guerre commerciale.


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