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Guerre au Moyen-Orient : le pari risqué de Donald Trump

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Publié le 02/03/2026 21:55

Temps de lecture : 3min - vidéo : 2min

Donald Trump n’exclut plus l’envoi de troupes au sol et assume une guerre qui pourrait durer. Une décision qui divise jusque dans la sphère MAGA, ravive le traumatisme irakien et place le président face à un pari politique risqué à l’approche des élections.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

L’option est sur la table et fait les gros titres. Donald Trump n’exclut plus d’envoyer des troupes au sol si nécessaire et prévoit une guerre sur la durée. Lors d’une conférence de presse, le président des États-Unis déclare : "Au départ, nous avions prévu quatre à cinq semaines, mais nous avons les capacités nécessaires pour aller bien au-delà. Nous le ferons. La presse dit que le président veut agir très rapidement, car après cela, il va se lasser. Je ne vais pas me lasser."

Pourtant, la mort de quatre soldats américains et les images d’avions de chasse en chute libre font beaucoup parler aux États-Unis, y compris dans la sphère MAGA, le soutien historique de Trump. Sur une chaîne trumpiste, les interlocuteurs se succèdent. Certains restent derrière leur président, comme Hans von Spakovsky, de l’organisation Advancing American Freedom, think tank conservateur, qui affirme : "On pourrait avoir une guerre nucléaire avec un holocauste au Moyen-Orient. Ce gouvernement essaie d’empêcher ça. Je ne vois pas comment les gens peuvent être contre."

Mais beaucoup s’insurgent, à l’image d’Erik Prince, homme d’affaires conservateur : "Je ne suis pas content de ce qui se passe. Ce n’est pas dans les intérêts américains." Un sentiment partagé par Curt Mills, directeur de The American Conservative Magazine : "C’était le candidat le plus anti guerre en 2016, comme en 2020. C’est une trahison publique de sa base."

En effet, lors de sa campagne, Donald Trump avait promis l’inverse à maintes reprises. En novembre 2016, il déclarait : "Je ne commence pas des guerres, je les arrête."

Nous avons contacté plusieurs électeurs de Donald Trump. Ils se disent dans l’incompréhension face à cette guerre. "Ce n’est plus rendre sa grandeur à l’Amérique, c’est rendre sa grandeur à Israël", dénonce Fredy Burgo. Pour David Pasquino, cela ravive de mauvais souvenirs : "J’ai servi en Irak, j’ai perdu des amis quand j’étais déployé là-bas. Je ne veux pas que quiconque, et notamment mon fils qui est militaire, vive la même chose."

Le traumatisme de l’Irak et des près de 4 500 soldats tués est ravivé. Lors d’une conférence de presse ce 2 mars, Peter Hegseth, ministre américain de la Défense, a voulu rassurer à tout prix : "Ce n’est pas l’Irak, ce ne sera pas sans fin. Notre génération saura mieux faire, et ce président aussi."

À la veille de la guerre, seuls 27 % des Américains soutenaient une intervention en Iran. À huit mois des élections de mi-mandat, Donald Trump a fait un pari politique risqué.


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