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La base britannique d’Akrotiri au sud de l’île a été touchée dans la nuit de dimanche à lundi par un drone de type Shahed, de fabrication iranienne, lancé par le Hezbollah.
Passer la publicité Passer la publicitéDernier bastion européen aux portes du Moyen Orient, Chypre est confrontée directement sur son sol aux répercussions du conflit en Iran. La base britannique d’Akrotiri au sud de l’île a été touchée dans la nuit de dimanche à lundi par un drone de type Shahed, de fabrication iranienne, lancé par le Hezbollah. La frappe a eu lieu quelques heures après la décision de Londres d’autoriser Washington à utiliser ses bases contre l’Iran. Deux autres drones se dirigeant vers l’île ont été interceptés lundi, provoquant l’évacuation de l’aéroport de Paphos et des environs.
Selon Euractiv , un haut commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien a menacé lundi d’une intensification des frappes de missiles sur Chypre, en réaction au renforcement de la présence militaire américaine sur l’île.
La crainte du réveil de cellules terroristes indépendantes
Depuis la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, tué dans l’opération américano-israélienne samedi dernier, les dirigeants iraniens semblent complètement désorganisés. Le désordre qui règne dans leurs rangs rend difficile d’évaluer leurs prochaines frappes, a déclaré lundi le ministre grec des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis.
« Si les Iraniens atteignent un point de désespoir, ils pourraient recourir à un terrorisme chaotique, dans lequel des cellules indépendantes, sans contact direct avec Téhéran, recevraient pour instruction d’agir librement », a déclaré à Euractiv une source régionale des services de renseignement. Plus de 10.000 Iraniens pro-régime résident sur le territoire occupé par la Turquie depuis 1974, selon les informations recueillies par Euractiv. La présence de milliers d’Israéliens sur l’île complique encore davantage la situation en matière de sécurité. «Le risque d’une attaque terroriste est élevé» a confirmé à Euractiv un haut responsable du gouvernement chypriote.
Le gouvernement chypriote travaille ainsi à renforcer le dispositif de sécurité le long de la ligne verte surveillée par l’ONU, qui divise l’île depuis 1964 entre le sud contrôlé par le gouvernement et le nord occupé par la Turquie. Les autorités se méfient aussi du Hamas, soutenu par la Turquie, qui disposerait de structures de représentation et de réseaux étudiants dans la partie septentrionale de l’île.
L’UE renforce le dispositif de défense autour de Chypre
Bruxelles s’inquiète d’une éventuelle propagation de la menace terroriste sur le territoire de l’Union Européenne. Lors du Collège de sécurité qui s’est tenu lundi, la Commission européenne a décidé de maintenir «une vigilance accrue et une coopération étroite avec Europol», l’agence européenne pour la coopération policière.
La Grèce a activé sa doctrine de défense unifiée, selon laquelle une attaque contre Chypre est considérée comme une attaque contre la Grèce. Elle a aussi envoyé deux frégates et quatre avions F-16. Le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, la France et les Pays-Bas vont également envoyer dans les prochains jours des moyens navals pour renforcer la sécurité de Chypre. «L’aide de la France a été finalisée et concerne une frégate équipée de systèmes antimissiles et antidrones» a déclaré le porte-parole du gouvernement chypriote, Konstantinos Letymbiotis.
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Le député européen chypriote de centre-droit Loucas Fourlas a appelé à une réponse européenne coordonnée. «Lorsque le territoire européen est directement touché, l’Union européenne ne peut se permettre des réactions fragmentées». L’Union européenne devrait discuter du déclenchement ou non de la cause de défense mutuelle en cas d’agression de Chypre, dans le cadre de son article 42.7. Cette clause prévoit qu’«au cas où un État membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir».


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