Après le détroit d’Ormuz, l’Iran pourrait accentuer la pression sur le commerce mondial en menaçant un autre passage stratégique : Bab el-Mandeb. Contrôlé en partie par les Houthis au Yémen, ce détroit vital pour le pétrole et le gaz fait craindre un nouveau choc économique et logistique.
Plus d’un mois après le début de la guerre, Téhéran continue de faire de la résistance. L’Iran utilise toujours la fermeture du détroit d’Ormuz pour faire pression sur les Occidentaux. Et le régime islamique pourrait passer à l’étape supérieure en bloquant un autre détroit tout aussi stratégique : celui de Bab el-Mandeb.
Car ce passage stratégique est directement à portée de tir des Houthis, groupe rebelle du Yémen qui est entré en guerre ce week-end contre Israël.
Environ 15 % du commerce maritime mondial
Coincé entre le Yémen et Djibouti, le détroit de Bab el-Mandeb voit passer chaque année environ 15 % du commerce maritime mondial. À chaque regain de tension dans la région, les Houthis, alliés de Téhéran, n'hésitent pas à bloquer ce passage stratégique en menant des frappes similaires à celles de l’Iran dans le détroit d’Ormuz.
La récente entrée en guerre des Houthis contre Israël fait donc craindre un scénario catastrophe pour l’économie mondiale, comme l’explique David Rigoulet-Roze, géopolitologue et rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques.
"Le détroit de Bab el-Mandeb est fondamental, presque plus que celui d’Ormuz. Car il permet de relier l’océan Indien à la Méditerranée. Donc, si vous le fermez comme l’Iran ferme actuellement Ormuz, les transporteurs doivent alors passer par le cap de Bonne-Espérance, au sud de l’Afrique", précise le spécialiste.
10 jours de navigation supplémentaire
Selon ce dernier, "cela représente environ 10 jours de navigation supplémentaire, et donc parfois plusieurs centaines de milliers, sinon millions, de dollars de frais en plus par cargaison transportée". "Donc on a non seulement une perturbation des flux maritimes, mais aussi potentiellement des chaînes logistiques", ajoute-t-il.
Car en plus du pétrole, une grande partie des importations européennes de gaz passe aussi par Bab el-Mandeb. En 2023, après le 7 octobre, les Houthis avaient déjà montré leur capacité de nuisance en frappant durement le détroit.
Des attaques qui ont un lourd impact économique : depuis deux ans, le nombre de bateaux qui passent chaque jour par Bab el-Mandeb a déjà été divisé par deux.


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