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Les violences ayant fait huit morts parmi les policiers, le président guatémaltèque a décrété l’état de siège pour 30 jours afin de rétablir l’ordre public.
Passer la publicité Passer la publicitéLe président guatémaltèque Bernardo Arévalo a décrété le 18 janvier l’état de siège sur l’ensemble du territoire national pour une durée de 30 jours, à la suite d’une série d’attaques attribuées à des gangs criminels, qui ont coûté la vie à huit policiers et provoqué des mutineries dans plusieurs établissements pénitentiaires. Selon l’exécutif, cette mesure vise à renforcer la capacité de l’État à rétablir l’ordre public face à une escalade de violences coordonnées.
Les événements ont débuté le 17 janvier par des mutineries simultanées dans trois prisons, où des membres des gangs Barrio 18 et Mara Salvatrucha ont pris en otage 46 personnes, pour la plupart des gardiens, afin d’exiger le transfert de leurs chefs vers des établissements aux régimes de détention réputés souples. Ayant décidé de déplacer des meneurs de ces organisations vers une prison de haute sécurité, les autorités ont suscité l’ire des mutins. Dans un communiqué, la police nationale civile a déploré «la mort de huit de ses agents dans l’exercice de leurs fonctions», quand le ministre de l’Intérieur, Marco Antonio Villeda, a dénoncé des policiers «lâchement attaqués».
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Bernardo Arévalo a annoncé, dans une allocution télévisée, avoir décidé de décréter l’état de siège pour «garantir la protection et la sécurité des Guatémaltèques». Adoptée par le Conseil des ministres, cette mesure suspend de façon temporaire certaines garanties constitutionnelles, en particulier les droits de réunion et de manifestation, et autorise les arrestations et interrogatoires sans mandat judiciaire. Selon le Diario de Centro América, le décret s’appuie sur la loi sur l’ordre public, qui prévoit le recours à des pouvoirs extraordinaires en cas «d’activités terroristes, séditieuses ou rebelles» menaçant l’ordre constitutionnel. Le président a en outre affirmé que les forces de sécurité avaient repris le contrôle des trois prisons concernées. Il a précisé que les opérations menées par la police et l’armée avaient permis la libération de l’ensemble des otages «sans une seule victime», il a déclaré que «le contrôle total de l’État a été rétabli.»
Au-delà de la réponse sécuritaire immédiate, Edgar Ortiz insiste sur le caractère temporaire de l’état de siège. « Il ne peut s’agir que d’une mesure exceptionnelle », affirme-t-il, appelant à de larges réformes.
Mesures extraordinaires
Sur le plan juridique, l’avocat constitutionnaliste Edgar Ortiz souligne que le décret «permet à l’État d’utiliser des mesures extraordinaires et de restreindre certains droits afin de rétablir l’ordre», tout en rappelant les risques inhérents à ce type de dispositif. «Il y a toujours un risque pour nos libertés lorsque des restrictions sont imposées aux droits constitutionnels», explique-t-il, estimant malgré tout que le texte actuel encadre de façon relative les pouvoirs conférés à l’exécutif et limite leur durée.
Pour Edgar Ortiz, la crise actuelle met en lumière, d’autre part, les faiblesses structurelles du système pénitentiaire guatémaltèque. Jugeant inévitable une réaction violente des gangs lorsque l’État a cherché à reprendre la main, il observe que «pendant des années, les détenus ont exercé un contrôle effectif sur les prisons». Il évoque des établissements en mal de financement, un personnel aux faibles rémunérations et des capacités institutionnelles limitées, estimant que cette séquence devrait ouvrir la voie à des réformes de fond.
Au-delà de la réponse sécuritaire immédiate, le constitutionnaliste insiste sur le caractère temporaire de l’état de siège. «Il ne peut s’agir que d’une mesure exceptionnelle», affirme-t-il, appelant à de larges réformes, en premier lieu dans le secteur judiciaire, qu’il compte parmi l’un des principaux foyers d’impunité du pays. Selon les chiffres officiels, le taux d’homicides au Guatemala atteignait 16,1 pour 100.000 habitants l’an dernier, ce qui excède le double de la moyenne mondiale. L’état de siège s’apparente dans ce contexte à un test majeur pour le gouvernement Arévalo, confronté à la nécessité de rétablir la sécurité tout en préservant l’État de droit.


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