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Depuis sa réélection à la présidence des États-Unis, Donald Trump lorgne sur le Groenland. Or, depuis le début du mois de janvier 2026, la pression s'est accentuée. Combiné aux multiples frappes militaires américaines menées à travers le monde (en Iran en juin 2025, au Nigeria le 25 décembre, en Syrie le 19 décembre puis le 10 janvier), l'enlèvement de Nicolás Maduro au Venezuela montre que le président des États-Unis ne plaisante pas. Face à cette menace, les Européens hésitent sur la conduite à tenir. Et si le football était, provisoirement, notre meilleure arme diplomatique?
Du 11 juin au 19 juillet 2026, la 23e Coupe du monde de football sera organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. La finale doit se dérouler au MetLife Stadium, dans la banlieue de New York, devant les caméras du monde entier. Peut-on imaginer qu'elle se déroule tranquillement si, quelques semaines auparavant, Donald Trump donne l'ordre à ses troupes de prendre position dans le territoire groenlandais? Peut-on imaginer nos chefs d'État tout sourire à la cérémonie d'ouverture, aux côtés de l'agresseur triomphant?
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Menace symbolique pour enfant capricieux
Surréaliste? C'est pourtant ce qui risque de se passer. À moins que les diplomates européens (et ceux d'autres pays?) se disent qu'il y a là une carte à jouer.
D'abord, parce que Donald Trump a souvent des comportements enfantins et qu'il ne supporterait pas qu'on lui brise son jouet: remettre le trophée doré le 19 juillet devant des milliards de téléspectateurs. Ce moment, cette image, il les veut. Disons-lui qu'ils ne sont pas acquis. Une Coupe du monde tronquée, avec l'absence de plusieurs grandes nations (européennes) du football –Allemagne, Angleterre, Belgique, Espagne, France, Italie peut-être, Pays-Bas, etc.– serait humiliante pour lui, comme pour la FIFA.
Ensuite, parce que la Fédération internationale de football lui a décerné de manière aussi opaque que grotesque son premier «prix de la paix», le 5 décembre 2025 à Washington, lors du tirage au sort du prochain Mondial.
À cette occasion, Gianni Infantino, le président de la FIFA, a loué un «dirigeant qui se soucie du bien-être des peuples». La proximité des deux dirigeants est connue. Donald Trump aura d'autant plus à cœur de contribuer à la réussite d'un événement qu'il en a obtenu une récompense certes absurde, mais à laquelle il tient.
Enfin, parce que ça ne coûte rien. Boycotter une Coupe du monde est facile, gratuit. Il suffit de dire aux joueurs et aux supporters de rester chez eux et de ne pas cramer du kérosène pour s'époumoner à l'autre bout du monde.
Canada et Mexique, nos alliés objectifs?
Mais, objectera-t-on, cette Coupe du monde est aussi organisée par le Canada et le Mexique. Faut-il punir ces deux pays d'avoir un voisin désagréable? La réponse est simple. Regarder une mappemonde permet de visualiser le traquenard que représenterait pour le Canada la conquête du Groenland par les États-Unis: le pays à la feuille d'érable serait tout simplement enserré par l'Oncle Sam, qui menace d'ailleurs de l'annexer.
Le Mexique est quant à lui qualifié par Donald Trump de «narco-État» et menacé de frappes au sol. Il n'est donc pas exclu que ces deux États voient d'un bon œil la pression diplomatique du boycott, même si celui-ci va à l'encontre (d'une petite partie) de leurs intérêts économiques.
Cerise sur le gâteau: un boycott serait l'occasion de mettre la pression sur la FIFA, organisation quasiment souveraine et incontrôlable, minée par plusieurs affaires de corruption.
Plaidoyer pour une finale États-Unis - Danemark truquée
Il reste environ quatre mois et demi avant le coup d'envoi de la Coupe du monde, le 11 juin à Mexico. Quatre mois et demi durant lesquels l'arme du boycott pourrait être évoquée publiquement. Au Royaume-Uni ou en Allemagne, des voix s'élèvent en ce sens. En parallèle au déploiement de troupes et d'exercices militaires, l'Europe pèserait sur les négociations pour amener Donald Trump à renoncer à son dessein impérialiste. Obtenir sa neutralité et des garanties de sécurité pour le Groenland (oui, on en est là).
Avec ces garanties de sécurité, le sport reprendrait ses droits. Dans un scénario plus envisageable au quai d'Orsay qu'au sein de la rédaction de L'Équipe, on rêverait alors d'une finale entre le Danemark (pas encore qualifié) et les États-Unis. Une clause secrète permettrait aux États-Unis de l'emporter. La FIFA n'est pas à une magouille près et ça nous éviterait la guerre.





























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